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  Numéro 45 , février 2007
 
sommaire
Mot du directeur
Des ingénieurs humanistes, ça existe!
La Bibliothèque au fil du temps
Une entrevue avec Thomas Desseaux
Qui est-il?
Colombo cuisiné
La face cachée de Google Scholar
Perdus dans l'espace!
L'icône qu'on clique
On sonde le terrain
Attirés par la lumière?
chroniques
Nouvelles
Échos de la boîte à suggestions
La Bibliothèque c'est aussi...
Perdus dans l'espace!

Comment se retrouver dans l'espace virtuel de l'information. La Bibliothèque réfléchit à la question.

En dix ans, la bibliothèque virtuelle est devenue pour nous une réalité, comme le montre le fort pourcentage de nos dépenses d'acquisitions consacré cette année à la documentation électronique, soit 64 %.

Mais en même temps, « notre » bibliothèque virtuelle en arrache devant l'ampleur de « la » bibliothèque virtuelle, la vraie et presque infinie formée par l'ensemble des ressources disponibles dans le cyberespace, et le désordre qui y règne.

Imaginez un peu! Il y a les ressources que nous payons ou auxquelles nous nous abonnons qui sont repérables grâce à notre catalogue. Il y a certaines ressources gratuites, repérables grâce à notre site Web. Il y a, enfin et surtout, ces myriades d'autres ressources que nous connaissons à peine et qui, éparpillées sur le Web comme les étoiles dans l'univers, ne sont accessibles que par des moteurs de recherche comme Google.

Gaston LagaffeRapports techniques, sites Web, tutoriels, blogues, critiques de livres ou d'articles, événements, illustrations ou images, dépôts institutionnels, etc., toutes ces ressources et bien d'autres échappent à notre catalogue et à ses formidables possibilités d'organisation.

Bref, notre bibliothèque virtuelle mérite à peine le nom de « bibliothèque » et ressemble presque à celle, ci-contre, de notre ami Gaston Lagaffe.

De leur côté, les usagers ont raison d'apprécier la désarmante simplicité des Amazon, Google et autres iTunes. Mais il n'en demeure pas moins que ceux-ci favorisent la facilité d'utilisation au détriment de la qualité de l'information. Pour notre part, nous croyons que de laisser aller les choses dans leur état actuel aura nécessairement des répercussions sur la qualité des travaux réalisés à Polytechnique.

logoNotre défi pour les prochaines années consiste donc à repenser nos systèmes documentaires, en particulier le catalogue et nos façons de l'alimenter.

Certaines bibliothèques ont déjà un pas de fait en ce sens. La bibliothèque de la North Carolina State University par exemple a développé une toute nouvelle interface pour son catalogue. Celle-ci offre la simplicité de Google, c'est-à-dire une simple boîte de recherche, tout en exploitant la valeur qu'ajoute la bibliothèque dans ce processus.

L'University of California présente de son côté le modèle le plus accompli de bibliothèque virtuelle, connue sous le vocable California Digital Library. Son énoncé de mission est très ambitieux. 1

Interpellées par cette mouvance, d'autres bibliothèques repensent globalement leurs approches, notamment l'University of California, l'Indiana University et la Library of Congress. Des rapports publiés au cours des derniers mois ont obtenu un large écho dans la profession.

D'autres initiatives parallèles attirent également notre attention. Difficile en effet d'ignorer des joueurs de l'importance de Google et de Microsoft. Leurs rejetons, Google Scholar et Academic Live, visent la communauté universitaire. Il s'agit de moteurs répertoriant des publications de recherche des principaux éditeurs.

Pour nous, toute cette effervescence est à la fois stimulante et inquiétante. Stimulante parce que des outils et des logiciels permettant un assemblage cohérent de parcelles d'information présentement éparpillées sur la toile commencent à être disponibles. Notre désir de créer un environnement de recherche performant et convivial peut enfin passer du rêve à la réalité. Inquiétante en raison de notre taille : aurons-nous les moyens de « suivre la parade »?

Compte tenu de ces deux aspects, nous avons d'abord choisi de développer un modèle réaliste de ce que pourrait être la bibliothèque virtuelle de l'École Polytechnique de Montréal. Un premier groupe y travaille depuis l'automne. Quatre personnes accompagnent le directeur dans ce défi, à savoir Luc Foucault, André Maltais, Minh-Thu Nguyen et Francine Trudeau. N'hésitez pas à nous faire part de vos idées à ce propos.

Vous aurez compris qu'il s'agit d'un projet majeur dont les incidences se feront sentir à moyen et à long termes. Inutile, voire dangereux, de se précipiter sur la première solution technologique, d'autant plus que la problématique déborde largement de ce cadre. « Lentement mais sûrement », voilà un projet où la sagesse de cette maxime prend tout son sens.

Histoire à suivre.

Richard Dumont et André Maltais

1 «Harnessing technology and innovation, and leveraging the intellectual and cultural resources of the UC, the CDL supports the assembly and creative use of the world's scholarship and knowledge for the UC libraries and the communities they serve.»
Issn

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