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  Numéro 44 , octobre 2006
 
sommaire
Mot du directeur
Mesures de compression budgétaire
Austérité, quand tu nous guettes
Perspectives de travail 2006-2007
Pirate malgré vous?
Poly a du style : suivez le guide (prise 2)!
Des craques dans le béton aux sacs à main !
Entrevue avec Joël Bédard
Entrevue avec François Busque
Histoire d'une petite boîte
Poussée de croissance au PEB
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Échos de la boîte à suggestions
La Bibliothèque c'est aussi...
Entrevue avec Joël Bédard

Faites connaissance avec notre premier artiste-photographe ayant exposé quelques photos au printemps 2006 à la Bibliothèque.

Entrevue réalisée le 18 mai 2006.

Le 14 mars dernier avait lieu, en présence du directeur général de l'École, M. Robert L. Papineau, l'inauguration de la collection culturelle et de l'aire d'exposition de la Bibliothèque.

Ce jour-là, dans l'espace spécialement aménagé au huitième étage pour accueillir les oeuvres de la communauté polytechnicienne, trônaient, parmi les livres, des images lumineuses empreintes d'exotisme. Représentant tantôt des émotions humaines, tantôt une faune inhabituelle et colorée, ces photos venaient nous rappeler, en ces derniers jours de grisaille hivernale, que même si le soleil brille sur le continent africain, des millions de personnes y vivent encore dans l'indigence. Croqués sur le vif par Joël Bédard, qui vient de terminer sa deuxième année de baccalauréat en génie mécanique, ces instants, immortalisés lors d'un voyage organisé par le Comité international projet outre-mer (CIPO), en ont intéressé et intrigué plus d'un.

Pour en savoir plus sur les motivations du photographe et son intérêt pour cet art, j'ai eu le plaisir de m'entretenir avec lui. Compte rendu d'une rencontre charmante avec un étudiant motivé et inspirant.

GGV : De mars à mai dernier, vous avez inauguré l'aire d'exposition de la Bibliothèque avec une sélection de photos immortalisant des moments vécus au cours d'un voyage effectué au Malawi à l'été 2005. Qu'est-ce que ce voyage représente pour vous?

JB : En fait, je dirais que cette expérience m'a permis d'allier plusieurs intérêts. D'abord, j'ai toujours aimé aider les autres. Avant de me lancer dans cette aventure, je m'étais déjà impliqué dans des projets communautaires à caractère environnemental. Aussi, comme j'adore voyager, l'occasion d'aller construire un centre de dépistage du sida au Malawi était pour moi tout indiquée, car elle me permettait à la fois de me réaliser sur le plan personnel et de mettre en application certaines connaissances acquises dans les cours de projet à Poly, comme la gestion, les méthodes de construction et la communication, par exemple.

GGV : Concrètement, comment vos journées se déroulaient-elles là-bas?

JB : Pour mener à bien ce projet, nous étions huit étudiants de Poly provenant de divers domaines du génie. Chaque personne était responsable d'une partie du développement du centre. Par exemple, moi, j'étais en charge de la charpenterie et de l'organisation des divertissements. Le jour, on travaillait, de concert avec le contremaître local et le groupe d'ouvriers malawites, à la planification et à la construction de l'édifice. Par contre, le soir et les fins de semaine, nous en profitions pour faire diverses activités, comme jouer au soccer, aller à l'église, visiter les orphelins dans les villages, faire de la distribution alimentaire et, bien sûr, explorer le pays. Pendant nos temps libres, nous sommes, entre autres, allés au lac Malawi. Nous avons également fait de la randonnée en montagne et des safaris. C'était à la fois dépaysant et enrichissant.

GGV : Qu'avez-vous trouvé le plus difficile?

JB : Je pense que c'est la solitude. Là-bas, chaque étudiant de Poly vivait dans une famille différente. La majorité vivait dans le village, mais moi, j'étais un peu en retrait, dans une maison située au pied d'une montagne. En plus, dans ma famille «adoptive», il n'y avait pas de mère, seulement un père peu bavard avec ses fils. Comme je suis assez sociable de nature, j'ai trouvé cela difficile. Par contre, j'ai profité de ces moments de tranquillité pour faire un peu d'introspection, pour me concentrer sur mes buts dans la vie et faire le point sur mon orientation à Poly. En participant à la construction de ce centre, je me suis rendu compte que le travail d'équipe et la gestion de projets rejoignent vraiment mes intérêts.

GGV : Si je comprends bien, ce fut une expérience à la fois formatrice, pratique, humanitaire et artistique.

JB : C'est vrai. Durant ce voyage, j'ai pu mettre en application des notions apprises dans mes cours, j'ai fait de la mécanique automobile avec un des mes «frères» et j'ai profité de nos moments de loisir pour prendre des photos.

GGV : À ce propos, comment est né votre intérêt pour la photographie?

JB :      Il est né d'une frustration (Rires). Il y a deux ans, j'étais en Gaspésie avec un de mes amis et nous sommes arrivés face à face avec un lynx. Il était à dix mètres, tout au plus. À ce moment, j'aurais vraiment aimé avoir un appareil photo qui m'aurait permis de saisir l'instant de façon immédiate, comme un réflex argentique, par exemple. Avec les appareils photo numériques, l'instantanéité n'est pas une option, car il y a toujours un délai entre le moment où l'on appuie sur le déclencheur et celui où l'image est immortalisée. Suite à cet événement, j'ai voulu en savoir plus sur la photographie et j'ai décidé d'aller faire un tour du côté de Polyphoto.

GGV : Et vous avez tellement aimé l'expérience que vous en êtes devenu le directeur…

JB : (Rires) C'est vrai que ça m'a plu. L'ambiance qui règne au sein de ce comité est très agréable, très ouverte. N'importe quel membre de la communauté polytechnicienne peut s'inscrire aux cours qui y sont offerts. En ce qui me concerne, Polyphoto m'a permis de rencontrer des personnes intéressantes et stimulantes qui m'ont fourni des outils et donné de nombreux conseils pour parfaire mes connaissances techniques.

GGV : Diriez-vous que la photographie et le génie sont des disciplines opposées ou complémentaires?

JB : Complémentaires, sans contredit. En fait, tout comme le génie, la photographie fait appel à l'imagination, mais contrairement à d'autres formes d'art, la photo comporte un aspect très technique qui rejoint à la fois l'optique, l'électronique, la mécanique et la chimie. Personnellement, je suis passionné par les sciences depuis que je suis tout petit, mais les arts prennent aussi beaucoup de place dans ma vie. Dans mes loisirs, je fais de la photo, mais je joue également de la guitare et de l'harmonica. Je dirais donc que la photographie me permet d'exprimer ma passion artistique au moyen d'un art qui comporte une dimension technique.

GGV : En terminant, que voudriez-vous que les gens retiennent de ce témoignage visuel?

JB : J'aimerais que les photos que j'ai prises au Malawi donnent aux gens l'envie de s'impliquer, que ce soit dans l'entraide internationale, dans la vie étudiante ou, plus globalement, dans la société. Dans la vie, il ne faut pas hésiter à s'impliquer. Les échanges culturels tels que celui auquel j'ai eu la chance de participer permettent d'appliquer nos apprentissages tout en embellissant notre vie au contact de l'autre.

GGV : Joël Bédard, merci.

JB : Ça m'a fait plaisir.

Geneviève Gamache-Vaillancourt

photo de Joël Bédard © Joël Bédard

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Cet article est diffusé par la Bibliothèque de l'École Polytechnique de Montréal.

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