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  Numéro 41 , avril 2004
 
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Une page de notre histoire vient de se tourner

Hommage à René Clément qui égaya le quotidien de ses collègues de la Bibliothèque pendant 30 ans.

René Clément

Dans l'histoire de toute institution, les édifices qui sont érigés n'acquièrent leur sens qu'en fonction des êtres qui les animent, qui y travaillent. Alors qu'un nouveau pavillon abritant la Bibliothèque verra bientôt le jour, retournons en arrière. Il y a 46 ans, en juillet 1958, l'École Polytechnique quittait ses locaux de la rue Saint-Denis pour emménager sur le campus de l'Université de Montréal.

L'arrivée de René Clément à l'École correspond justement à cette étape importante de notre institution. Il a été embauché à titre de manœuvre aux Services des immeubles. Il occupera par la suite un poste d'appariteur au Département de génie électrique. C'est en 1965 qu'il entre au service de la Bibliothèque en tant que technicien en documentation.

Au fil des ans, connu et apprécié de tous, il a su par son entregent, sa détermination, sa verve proverbiale, son altruisme, son grand sens de l'humour, enfin ses nombreuses autres qualités, se faire une place au sein de la « grande famille » polytechnicienne. Justement il était le cadet d'une famille de 16 enfants, ce qui, nous confiait-il, lui conférait, d'après sa grand-mère, un don! L'histoire ne dit pas de quel don il s'agissait, mais je soupçonne que ce dernier a fait de lui un être exceptionnel.

Ses qualités humaines, son écoute, sa disponibilité, son désir d'améliorer les conditions de travail de ses confrères et consoeurs expliquent peut-être qu'il fut l'un des pionniers de la syndicalisation des employés de l'École. En effet, il fut élu 1er directeur du S.E.B.E.P. en 1973 puis de 1974 à 1977, 2e président de l'histoire du syndicat des employés de bureau de l'École.

Titanic et Tennis

L'École et plus particulièrement la Bibliothèque sera le théâtre d'une belle histoire de coeur pour René. Non seulement, il était très heureux d'y travailler et d'y côtoyer des gens qu'il appréciait beaucoup, mais en plus c'est là qu'il y rencontra l'amour de sa vie, sa conjointe Louise Prud'homme. Décidément, René voulait en faire une affaire de famille puisque déjà son frère Claude y travaillait et cela, depuis de nombreuses années, tandis que sa nièce Nathalie se joignait au rang des employées de l'École un peu plus tard, sûrement pour assurer la relève des Clément.

René avait plusieurs passions, entre autres : le Titanic , le vin, la bonne bouffe et la dernière et non la moindre le Tennis, avec un T majuscule svp! C'était sa religion, son dada, une de ses raisons de vivre (à la blague il nous disait souvent qu'il aimerait mourir sur un court de tennis).

D'après son médecin traitant, c'est sûrement cette passion qui lui a sauvé la vie lorsqu'il fut terrassé par des anévrismes multiples en 1984. Plongé dans un profond coma, les médecins lui donnaient un ou deux jours à vivre. Grâce à sa grande forme physique, sa détermination, son courage et par-dessus tout, son amour de la vie, il s'en est sorti indemne. Nous avions tous hâte de le revoir au travail et surtout de tester sa mémoire phénoménale. En effet, il connaissait sur le bout de ses doigts la collection des nombreuses cartes ainsi que tous les titres de la collection des périodiques du 3e étage de la Bibliothèque et ce, même par les couleurs des reliures! Petit à petit, notre René nous est revenu en grande forme. Il recommença à pratiquer son sport préféré, à raconter ses blagues dont il riait avant même de les avoir dites et ses récits plus rocambolesques les uns que les autres.

Songeait-il déjà à sa retraite ou était-il simplement prévoyant? Toujours est-il que René s'est présenté à titre de membre du comité d'administration du régime des rentes de l'École (représentant non enseignant) et fut élu de 1982 à 1990. Avait-il acquis la réputation d'un vieux sage puisqu'il fut fréquemment sollicité comme membre du comité consultatif pour la nomination du directeur et celui du principal de l'École à titre de représentant du personnel non enseignant?

Au travail, Canada!

En 1988 après 30 ans de loyaux services, les employés de la Bibliothèque lui organisent une fête à la salle de réunion de l'administration au 2e étage. Nous nous sommes bien payés sa tête, car c'est la sienne qui se retrouva en lieu et place de celle d'un ancien directeur de l'École sur une photo encadrée. Ce fut une grande réussite et une surprise inoubliable pour lui.

Quelque temps plus tard, sa conjointe Louise a été emportée par un terrible cancer. Ce fut une grande tragédie dans la vie de René. Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir vécu de grands drames ou d'être le doyen des employés de la Bibliothèque, mais René avait la santé des gens à coeur. Il distribuait des conseils à droite et à gauche sur les bienfaits d'une saine alimentation, surveillant sans cesse le taux de cholestérol et de gras saturés dans l'assiette de ses voisins et voisines de table à la cafétéria. Dès qu'un ou une collègue se plaignait d'un malaise, il répliquait « J'ai pas hâte d'avoir ton âge », ce qui faisait sourire et oublier les tracas à coup sûr! De plus, il était un grand motivateur. À la fin des pauses, il rassemblait les troupes en scandant « Au travail, Canada »!

Les années passèrent rapidement et, finalement, René décida de profiter d'un programme de préretraite offert par l'École. C'est à l'été de 1995, après 37 ans de service que René a quitté la Bibliothèque. Ses multiples champs d'intérêts ont bien meublé ses journées d'une retraite bien méritée. Il partageait son temps entre le tennis, l'organisation de tournois (de tennis évidemment), de nombreux voyages à travers l'Europe et consacrait du temps à sa soeur aînée Thérèse (visites chez le médecin, magasinage, sorties au resto, etc.).

Nous pourrions dire qu'il fut de ceux qui contribuèrent à faire vivre les murs de la Bibliothèque et de l'École (son nom apparaît d'ailleurs sur une des plaques murales du 2e étage à titre de contributeur à la campagne famille). Il ne fut pas seulement le témoin de son évolution mais aussi l'un des acteurs les plus dynamiques de celles-ci.  

Une page de notre histoire vient tout juste de se tourner. Le 14 janvier dernier, ce petit homme — mais ô combien passionné —est mort foudroyé par un arrêt cardiaque… sur un court de tennis.

Salut René!

 

Francine Trudeau

 

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Cet article est diffusé par la Bibliothèque de l'École Polytechnique de Montréal.

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