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   Volume 2, numéro 2   17 novembre 2003
 
Perspective sous format PDF

Deux ouvrages des Presses internationales Polytechnique en nomination pour le prix Roberval 2003

Robert L. Papineau reçoit un doctorat honoris causa de l'Université de Sherbrooke

Louise Jolicoeur, présidente de l'ASGEU

Prix des meilleurs thèses et mémoires

Dîner annuel du président de Polytechnique

Un monde de projets permet d'amasser
218 millions $ - Une première dans les annales philanthropiques francophones


Pierre Bolduc, Médaillé d'argent du Gouverneur général du Canada

 
25 janvier 2004 - Journée portes ouvertes

 
Robert L. Papineau reçoit un doctorat honoris causa de l'Université de Sherbrooke

10 novembre 2003  -  Afin de souligner la qualité de la carrière professionnelle et le caractère éminent des réalisations de Robert L. Papineau, directeur général de l'École Polytechnique, l'Université de Sherbrooke lui a décerné le 25 octobre dernier un doctorat honoris causa à l'occasion de sa collation des grades.



Éloge prononcé par Richard J. Marceau, doyen de la Faculté d’ingénierie de l’Université de Sherbrooke


Monsieur le Recteur,
Distingués invités,
Chers collègues,
Chers parents et amis,
Chères étudiantes,
Chers étudiants,

Natif de Granby, Robert Papineau a 15 ans lorsqu'il commence à travailler, de nuit la plupart du temps, pour payer ses études. Heureusement, il est doué et n'a pas besoin d'étudier pour réussir brillamment.

La dure réalité le rattrape cependant lorsqu'il entreprend des études de génie à l'Université de Sherbrooke. Il découvre avec stupéfaction qu'il y a plein de "petits brillants" dans sa classe et il vient bien près de "pocher" sa première année. Sachez, chères étudiantes et chers étudiants, qu'en cette époque moyenâgeuse, la note de passage était de 60 %.

Toujours est-il qu'il se met au travail et est même président de sa promotion au moment de l'obtention de son diplôme. Fort de cette lancée, notre jeune ingénieur poursuit une maîtrise qu'il obtient l'année suivante et accepte immédiatement un poste de professeur-adjoint à l'Université de Sherbrooke. On est en 1967. Il enseigne pendant trois ans et travaille à l'élaboration d'un programme de génie industriel, entre autres.

Grâce à un congé de perfectionnement, il s'inscrit à l'Université de Floride pour un doctorat en "Industrial and Systems Engineering", mais au retour de son congé après deux ans, une surprise l'attend. Des fonctionnaires de Québec ont décidé que le génie industriel se donnerait à Trois-Rivières et non pas à Sherbrooke. Changement de cap donc, son doctorat lui servira à Trois-Rivières et il y démarre le nouveau programme en 1974.

Il gravit très rapidement les échelons de la hiérarchie universitaire. Directeur du département d'ingénierie en 1976, il devient vice-doyen des Sciences pures, appliquées et de la santé en 1982, puis doyen des études de premier cycle en 1985. À ce titre, il est appelé à gérer plus de 50 programmes dans des disciplines très diverses.

Parallèlement à ses activités principales, il conçoit un programme de génie mécanique manufacturier  et fonde un laboratoire de productique, tout en publiant plusieurs articles, communications scientifiques et rapports de recherche. Au début des années 80, il profite d'une année sabbatique pour créer GESCONEX, une entreprise de consultants en génie industriel et des opérations qui obtient des mandats de Sidbec-Dosco, Alcan, Bombardier, plusieurs municipalités, des centres hospitaliers, etc. Il conserve cette entreprise pendant cinq ans.

C'est en 1986, que l'École de technologie supérieure (ETS) lui propose le poste de directeur de l'enseignement et de la recherche et deux ans plus tard, il en devient le directeur général.

Sous sa gouverne, l'ETS connaît une croissance spectaculaire. D'une école décernant des baccalauréats en technologie il en fait une grande école d'ingénieur des plus dynamiques et fréquentées au Canada. Le nombre d'étudiants, le corps professoral, le budget d'opérations, tout est multiplié par cinq ou a peu près. On emménage au centre-ville de Montréal dans un édifice rénové au coût de 41 millions de dollars et qui fait l’envie des autres campus, on structure les activités de recherches, on inaugure deux résidences d'étudiants et j'en passe. Très généreux de sa personne comme de son temps, son optimisme est inébranlable et sa patience n'a pas de limite, ou presque… Des mauvaises langues prétendent que certains fonctionnaires l'auraient testé jusqu'au point de rupture !

Toutes ces réalisations ne passent pas inaperçues et lorsque l'École Polytechnique de Montréal, l’école de génie francophone la plus ancienne du Québec, se cherche un directeur général en 2001, c'est à lui qu'on fait appel. Il est prêt à relever le défi, même s'il sait que ce ne sera pas facile a priori, de se faire accepter. Au début, il est perçu par certains comme un étranger, peu familier avec la culture de l'institution. Fidèle à lui-même, il applique la méthode Papineau : évolution plutôt que révolution. Or, après dix-huit mois seulement, on constate qu'il a bien réussi son intégration à Polytechnique, et surtout que l'institution est en voie d'assimiler la culture de son directeur général!

Évidemment, l'on n'occupe pas des postes aussi prestigieux sans être sollicité de toutes parts. Pour Robert Papineau, l'engagement social est une valeur fondamentale et c'est ainsi qu'on le retrouve, à diverses périodes, aux conseils d'administration de l'Hôpital Sainte-Justine, du Collège Édouard-Montpetit, de la Société de développement Angus, au cabinet de la campagne Centraide, et plusieurs autres encore. De nombreuses distinctions honorifiques ont marqué sa carrière, en génie et ailleurs mais, je me contenterai de souligner uniquement son entrée à l'Académie canadienne de génie en 2000.

La question toute naturelle qui nous vient à l'esprit est : un tel niveau d'activités et de réalisations est-il conciliable avec une vie de famille et des loisirs? Eh bien oui!

C'est un passionné de golf dont le handicap est un secret bien gardé, mais surtout un maniaque de Formule 1, de Formule Indi, d'autos rapides anciennes ou récentes et de tout ce qui touche la performance automobile. Son plus grand regret, paraît-il, serait de n'avoir jamais pu piloter la voiture de formule SAE des étudiants de l'ETS lors des compétitions nord-américaines annuelles. Il se défoule donc, pendant ses moments de loisirs, sur une puissante moto BMW.

Quant à sa vie de famille, autant sa conjointe que ses deux filles le décrivent comme un père de famille exemplaire. Sa conjointe de 37 ans ne semble pas lui connaître de défaut.

Cependant, l'une de ses filles, que je n'identifierai pas parce qu'elle est diplômée de notre Faculté, l'accuse d'avoir fait de ses enfants des femmes fortes, fonceuses, en bref des « têtes à Papineau »!

Monsieur le recteur, il y a plus de 50 ans, des professeurs de l’École Polytechnique, aux côtés des Frères du Sacré-cœur, de nombreux ingénieurs de la firme Tecknika et d’autres ingénieurs bénévoles ont contribué à former les premières cohortes de la Faculté de génie. Or aujourd’hui, le directeur de l’École Polytechnique est un diplômé de ces premières cohortes. Nous sommes donc témoins, non seulement de la grande réussite d’un des nôtres, M. Robert Papineau, mais également de la spectaculaire ascension de l’Université de Sherbrooke dans le monde! C'est pourquoi je vous demande de bien vouloir décerner à Robert Papineau le titre de docteur honoris causa en génie de l'Université de Sherbrooke.


Le 25 octobre 2003



Cet article est diffusé par le Service des communications de l'École Polytechnique de Montréal.


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