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Détection du virus SARS-CoV-2 dans la salive: démarrage de l’étude clinique

11 novembre 2020 - Source : NOUVELLES

L’équipe multidisciplinaire menée par le professeur Frédéric Leblond de Polytechnique Montréal et Dre Dominique Trudel du CHUM passe à la deuxième étape de son projet de développement d’un outil diagnostique pour déceler les porteurs de COVID-19 à partir d’échantillons de salive. Le groupe testera au cours des prochains mois plus de 1 000 échantillons pour y déceler la « signature Raman » de la COVID-19.

Frédéric Leblond et Dre Dominique Trudel. (Photo : CHUM)

Frédéric Leblond, professeur titulaire en génie physique à Polytechnique Montréal, et Dre Dominique Trudel, pathologiste au CHUM, tous deux chercheurs au CRCHUM. (Photo : CHUM)


En collaboration avec Dre Dominique Trudel, pathologiste au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), le chercheur entame ces jours-ci la phase II d’un projet au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) qui est susceptible de mener à la création d’un outil portatif de détection de la COVID-19. Si tout va comme prévu, cet outil sera en mesure de détecter la maladie chez un individu en environ 2 minutes, et ce, sans avoir recours à des réactifs biochimiques. Cette phase du projet de recherche bénéficie de l’appui financier de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), de l’Institut TransMedTech et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).

Le groupe de recherche de Frédéric Leblond et Dre Dominique Trudel collabore depuis la semaine dernière avec un centre hospitalier responsable de collecter des échantillons de salive de patients venus subir un test de dépistage de la COVID-19. L’opération rassemblera à terme 1 000 à 1 500 échantillons provenant d’individus positifs ou négatifs à la COVID-19. Ces échantillons seront tour à tour séchés sur des lamelles, puis passés au microscope sous la lumière d’un laser. Une caméra permettra ensuite d’analyser l’échantillon par spectroscopie Raman.

« On fait le pari qu’on sera capable de détecter le virus et/ou les conséquences systémiques de la COVID-19 dans la salive », explique Frédéric Leblond. « On mettra l’apprentissage machine à profit pour en être bien certain. »

Depuis l’annonce du démarrage de ce projet en mai dernier, le groupe a développé une série de protocoles ayant trait au prélèvement et à la manipulation des échantillons, fort de l’appui financier de l’Institut TransMedTech, de l’Institut de valorisation des données (IVADO) et du CRSNG.

En collaboration avec le professeur Ludvik Martinu, la professeure Jolanta-Ewa Sapieha et le professeur Michel Meunier, du Département de génie physique, le groupe a aussi amorcé le développement de surfaces et de nanoparticules permettant d’analyser les échantillons avec un minimum de « bruit de fond » et d’explorer de nouvelles voies permettant d’augmenter la spécificité des signaux afin de détecter l’infection associée à la COVID-19.

Des retombées à long terme

Peu importe l’issue de ce projet, des retombées médicales sont à prévoir à moyen et long terme.

Comme annoncé récemment, l’équipe vient d’obtenir un appui financier de près de 550 000 dollars de la Fondation canadienne de l’innovation (FCI) et du gouvernement du Québec pour la création d’un laboratoire d’analyse des biofluides par spectroscopie Raman.

Les microscopes, lasers et caméras hautement sensibles ainsi que les autres instruments de laboratoire acquis dans le cadre de ce financement serviront d’abord à la phase II du projet COVID-19, puis seront mis à profit pour développer de nouveaux outils diagnostics basés sur l’analyse de biofluides, comme le sang et l’urine, par spectroscopie Raman.

Frédéric Leblond donne en exemple un projet auquel il est lié en collaboration avec des chercheurs de l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal (le Neuro) et du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, qui a pour objectif de comparer des échantillons de sang pris avant et après une chirurgie au cerveau afin de connaître l’état de rémission d’un patient atteint d’un cancer au cerveau. « Si ça fonctionne, cette approche permettrait de remplacer le besoin d’utiliser l’imagerie médicale avec ces patients », explique-t-il.

D’autres projets impliquant des chercheurs du CRCHUM sont en cours, assure le professeur Leblond.

Les principes de l’imagerie par spectroscopie Raman

Notre œil perçoit les objets parce qu’il détecte les rayons lumineux diffusés par ceux-ci. L’approche par spectroscopie Raman utilisée par le professeur Frédéric Leblond agit de la même façon, à une différence près : elle discerne les rayons lumineux dont la longueur d’onde a changé en frappant un objet.

Chaque substance modifie de cette façon la lumière qui est projetée sur elle, générant une véritable « signature moléculaire » propre à la substance éclairée. L’équipe de Polytechnique Montréal et du CRCHUM fait le pari que la salive des individus atteints de la COVID-19 offre une signature distincte de celle de patients sains, que ce soit par la présence de particules virales ou celle de molécules fabriquées par l’organisme en réponse à l’attaque virale.


En savoir plus

Fiche d’expertise du professeur Frédéric Leblond
Site du Département de génie physique
Site du Centre de recherche du CHUM (CRCHUM)
Site de l’Institut TransMedTech
Site de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI)
Site du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG)

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