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L’arbre de la renaissance : nouveau symbole de l’ingénierie durable à Polytechnique Montréal

1 mai 2024 - Source : NOUVELLES

Au Hall Lassonde, l’éphémère s’érige en monument permanent. Un arbre sculptural, créé à partir de déchets plastiques, y a pris racine. Déjouant la culture du jetable, les matériaux qui le façonnent ont échappé à une finalité prématurée.

L’œuvre a élu domicile fixe au premier étage du pavillon Claudette-MacKay-Lassonde, après avoir trôné au cœur de l’exposition Zér0, présentée par Espace pour la vie à la Biosphère. Cette exposition temporaire, initiée par les professeures Virginie Francoeur et Sophie Bernard, mettait en lumière des données de recherche sur le zéro déchet, à travers un parcours expérientiel et réflexif. Ainsi, l’arbre de 16 pieds de hauteur est le résultat d’une rencontre inédite entre l’art du studio Ascètes et la science de Polytechnique Montréal.

Installée au Hall Lassonde, l’œuvre s’inspire des résultats d’une étude pancanadienne sur les freins et leviers entourant l’adoption du zéro déchet, dirigée par Polytechnique et Équiterre.


Fabriqué du tronc aux feuilles à partir de rejets plastiques, il constitue un vif rappel : « nos déchets viennent aussi des éléments de la nature et ils méritent d’être traités avec respect », font valoir les artistes créateurs Alexis Vaillancourt, Olivier Bonnard et Olivier Heaps-Drolet.

Récit de nouvelles vies

Le cycle de réutilisation, amorcé par l'œuvre, se perpétue. Après la clôture récente de l’exposition Zér0, l’arbre se voit lui-même revalorisé, grâce à son adoption polytechnicienne.

Le souhait d’assurer sa pérennité dans l’enceinte universitaire, prolongeant ainsi son impact artistique et écologique, s’est concrétisé grâce au soutien des donatrices et donateurs de la Fondation et Alumni et du leadership de la Direction de la recherche et de l’innovation (DRI).

Une œuvre incarnant le renouveau, qui embrasse à son tour une nouvelle vie, voilà une métaphore inspirante pour la relève en ingénierie. En se posant à Polytechnique, l’arbre trouve un nouveau souffle et un nouveau public. Rotatif, ce public se renouvellera au rythme des cohortes étudiantes.

Génie et éco-responsabilité

Saisissant physiquement. Imposant symboliquement. Cet arbre sculptural monumental est porteur d’une réflexion sur la responsabilité environnementale des ingénieurs et des ingénieures. En illustrant la beauté de la réinvention, il promeut la valeur de l'adaptabilité et matérialise une preuve de concept : il est possible – et souhaitable – de redéfinir des trajectoires.

Bref, nul doute qu’en présence d’une création qui offre aux rebuts un nouveau début, l’éco-conscience grandit. L’importance de considérer l'ensemble du cycle de vie d'un projet et d’intégrer les principes de circularité y est mise en relief. Il y a là un appel à l’émotion et à la raison; un encouragement à penser de manière créative et innovante, en explorant des solutions non conventionnelles pour résoudre des problèmes.

« Piger à l’infini dans un bassin fini de ressources est un calcul vain et non viable. Réanimer des matériaux considérés obsolètes représente néanmoins plus qu’une contrainte mathématique, c’est un impératif moral. Nous travaillons d’ailleurs activement sur un projet phare en ce sens », note le directeur associé aux innovations et aux impacts de Polytechnique Montréal, Olivier Grenier.
 

Centre d'innovation sur les technologies propres

L'idée d'accueillir l'arbre découle directement du projet ambitieux de Polytechnique Montréal de créer un Centre d'innovation en technologies propres. Ce projet, actuellement au stade de planification, vise à relever des défis environnementaux, notamment à travers la réutilisation de la matière et la valorisation de résidus en fin de vie, dont les polymères. Plusieurs équipes de recherche, rassemblant environ 125 personnes, sont appelées à évoluer au sein de cet espace collaboratif de pointe, projeté dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

 

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