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Un effet bœuf sur l'empreinte carbone : Polytechnique Montréal retire la viande bovine de ses menus

27 janvier 2026 - Source : NOUVELLES

L'Association des services alimentaires de Polytechnique (ASAP) a tranché : adieu le bœuf. Une première en Amérique du Nord pour une université. Objectif : la carboneutralité d'ici 2050. Oser repenser, jusque dans l'assiette.

Amélie Tanguay et Patrick Cigana, de Polytechnique Montréal, et Benoît Beauséjour-Savard et Katherine Vézina, de l'Association des services alimentaires de Polytechnique Montréal. (Photo : Caroline Perron et Avril Franco.)
De gauche à droite : Amélie Tanguay, directrice par intérim du Service Talents, culture, environnement et société de Polytechnique Montréal; Patrick Cigana, directeur du Bureau du développement durable et sociétal de Polytechnique Montréal; Benoît Beauséjour-Savard, directeur général de l'Association des services alimentaires de Polytechnique (ASAP); Katherine Vézina, présidente du conseil d'administration de l'ASAP. (Photo : Caroline Perron et Avril Franco.)


Depuis la rentrée d’automne 2025, l'ASAP a rayé le bœuf de la carte de tous ses comptoirs. De nouvelles options à plus faible empreinte carbone tiennent désormais la vedette sur ses menus.

Cette décision, prise après consultation de la communauté polytechnicienne, n'a rien d'anecdotique. Elle s'inscrit dans une stratégie de développement durable assumée.

Le bœuf, géant carbone des assiettes

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. L'empreinte carbone du bœuf atteint jusqu'à dix fois celle de la volaille. En cause : le méthane émis par les bovins lors de la digestion.

« On estime que le simple fait de retirer le bœuf des menus va permettre de réduire de 50 % l'empreinte carbone des services alimentaires, et de diminuer de 1 % les émissions de l'ensemble des activités de Polytechnique. C'est énorme!, a commenté Patrick Cigana, directeur du Bureau du développement durable et sociétal (BDDS) de Polytechnique Montréal. C'est définitivement une action qui s'inscrit dans notre démarche de carboneutralité. »

« Après avoir affiché l'empreinte carbone de nos plats, il est devenu évident que le retrait du bœuf était la chose à faire pour rendre les choix aux menus plus durables », souligne Benoît Beauséjour-Savard, directeur général de l'ASAP.

Plus de choix, moins d'émissions

Loin de réduire l'offre, l'opération enrichit les menus. La cafétéria mise désormais sur les protéines végétales et les viandes à faible impact comme le poisson et la volaille.

« Transformer les habitudes alimentaires tout en conservant le plaisir de manger, c'est un défi stimulant! Notre équipe a développé des recettes mettant en valeur une diversité de protéines, notamment d'origine végétale, et des ingrédients locaux », ajoute M. Beauséjour-Savard.

Concrètement? Le burger de bœuf cède la place à un burger de poulet grillé. La poutine smoked meat devient poutine bacon. Le sous-marin se transforme en pita poulet shish taouk. L'offre végétarienne continue de s'étoffer.

Chef de file nord-américain

Avec ce coup d'audace, Polytechnique Montréal prend une longueur d'avance. Quelques universités européennes ont déjà sauté le pas – Cambridge, Oxford, Lausanne. Mais aucune institution nord-américaine n'était allée aussi loin. Jusqu'ici.

Au Québec, l'alimentation représente 25 % de l'empreinte carbone individuelle. « Le secteur de l'alimentation est responsable d'une portion significative de notre empreinte carbone personnelle. Dans nos efforts pour lutter contre les changements climatiques, modifier notre alimentation est bien souvent le geste individuel le plus porteur que l'on puisse poser », rappelle Patrick Cigana.

Ainsi, les institutions peuvent jouer un rôle clé, non seulement par la recherche et l'innovation, mais aussi dans leurs pratiques du quotidien.

« Lorsque Polytechnique Montréal s'est engagée en 2019 à atteindre la carboneutralité d'ici 2050, on savait que c'était un objectif ambitieux. Pour y arriver, il faudra faire des choix courageux et poser plusieurs gestes d'envergure. La transformation de notre alimentation en fait partie. Si en plus ça peut se faire dans le plaisir de la découverte, c'est merveilleux », conclut M. Cigana.


Pour toute question, suggestion ou commentaire, n’hésitez pas à écrire à l’équipe du Bureau du développement durable et sociétal de Polytechnique Montréal : durable@polymtl.ca.


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Site du Bureau du développement durable et sociétal de Polytechnique Montréal

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