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Sophia Roy, huitième récipiendaire de l'ordre de la rose blanche

5 décembre 2022 - Source : NOUVELLES

Pouvoir agir contre la crise écologique : c’est la motivation qui a orienté vers les études de génie Sophia Roy, qui reçoit aujourd’hui la bourse de 30 000 dollars de l’Ordre de la rose blanche. Cette distinction lui a été décernée en présence de la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, à l’issue d’une émouvante cérémonie dédiée au souvenir des victimes des événements du 6 décembre 1989.

Sophia Roy, huitième récipiendaire de l'Ordre de la rose blanche. (Photo : Caroline Perron)
Sophia Roy, huitième récipiendaire de l'Ordre de la rose blanche. (Photo : Caroline Perron)


La récipiendaire, diplômée d’un baccalauréat en génie chimique de l’Université McGill, entreprend ses études doctorales de génie chimique en parcours accéléré à Polytechnique Montréal, où elle étudie les méthodes pour décarboner l’acier. La bourse qu’elle obtient est décernée annuellement par la direction de Polytechnique à une étudiante canadienne en génie qui désire poursuivre ses études aux cycles supérieurs dans ce domaine, au Canada ou ailleurs dans le monde.

« Je me sens extrêmement honorée et reconnaissante de recevoir la bourse de l’Ordre de la rose blanche », confie Sophia Roy. « Cette distinction m’encourage à continuer à donner le meilleur de moi-même en tant que femme scientifique et à faire ma part pour combattre les préjugés, afin de lever les obstacles que rencontrent encore de nombreuses jeunes femmes qui souhaiteraient s’engager dans la voie du génie et des sciences. »

« Les jeunes femmes distinguées par l’Ordre de la rose blanche se démarquent autant par la force de leur engagement envers la société que par leurs brillants résultats académiques. Sophia Roy ne fait pas exception », déclare Maud Cohen, directrice générale de Polytechnique Montréal. « Ses premiers pas en recherche ont déjà eu un écho dans le monde scientifique, et son implication auprès de sa communauté étudiante comme auprès de jeunes élèves représente une source d’inspiration pour toutes les futures ingénieures. Je la félicite chaleureusement et je m’attends à la voir devenir une leader du monde de demain. »

Résoudre les défis environnementaux causés par l’activité humaine

Il n’existe guère de trajectoire scientifique qui ne cache un modèle ou une source d’inspiration. Sophia Roy mentionne l’influence de la célèbre primatologue Jane Goodall, grande figure du combat pour la protection de la biodiversité, dans l’éclosion précoce de sa vocation. Depuis, la vision de la science à laquelle elle a voulu se consacrer est demeurée intacte : la recherche appliquée au service des défis environnementaux découlant de l’activité humaine. « Pour moi, le domaine qui allait me permettre d’avoir le plus grand impact, c’était le génie », déclare-t-elle.

Elle ne manque pas de se faire remarquer au cours de ses études de baccalauréat à l’Université McGill. D’une part, par ses résultats exceptionnels, qui lui valent de recevoir la Médaille du lieutenant-gouverneur du Québec et de terminer avec une moyenne quasi parfaite. D’autre part, par ses premiers pas en recherche, consacrés aux matériaux protéiques biodégradables, avec l’objectif de réduire l’empreinte écologique de la fabrication de panneaux solaires. L’article de synthèse qu’elle publie pour favoriser une standardisation des pratiques dans le domaine est l’un des plus téléchargés du Canadian Journal of Chemical Engineering en 2020.

Toujours habitée par sa vision d’action concrète pour l’environnement, elle réalise un stage au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques en 2021. Elle y élabore un calculateur permettant de convertir en nombre de voitures le tonnage des émissions de CO2 d’un projet de gaz naturel liquéfié du gouvernement du Québec. Son outil aura un écho jusqu’au ministre, qui s’en servira pour expliquer à la population pourquoi il n’ira pas de l’avant avec ce projet générant trop de gaz à effet de serre.

Sophia Roy possède une conscience vive de ce qu’elle doit aux femmes qui ont pavé la voie à leurs successeures dans le domaine du génie, à commencer par sa mère. Celle-ci entreprenait des études à Polytechnique un an après le féminicide et a toujours encouragé sa fille à foncer comme elle, sans jamais laisser la peur ni le découragement la faire dévier de sa trajectoire.

Sophia a elle-même organisé des rencontres et des activités de réseautage, notamment à titre d’élue dans sa communauté universitaire, et a de plus agi comme mentore auprès des nouvelles étudiantes au baccalauréat, afin d’ouvrir à son tour des portes aux nouvelles générations. Pendant la pandémie, elle a également donné bénévolement des ateliers scientifiques virtuels à des élèves du primaire.

Pour garder l’équilibre, elle sait se réserver des moments loin des écrans, s’adonnant à la peinture, à la danse, et aimant aussi se ressourcer dans la nature.
 

De gauche à droite : Maud Cohen; Pascale Déry; Sophia Roy; Nathalie Provost; Michèle Prévost. (Photo : Denis Bernier)
De gauche à droite : Maud Cohen, directrice générale de Polytechnique Montréal; Pascale Déry, ministre de l'Enseignement supérieur; Sophia Roy, huitième récipiendaire de l’Ordre de la rose blanche; Nathalie Provost, survivante du 6 décembre 1989 et comarraine de l'Ordre de la rose blanche; Michèle Prévost, professeure titulaire au Département des génies civil, géologique et des mines et présidente du jury de l'Ordre de la rose blanche. (Photo : Denis Bernier)


Valoriser l'excellence des femmes en génie

Les roses blanches constituent le symbole des activités de commémoration de la tragédie du 6 décembre 1989, au cours de laquelle 14 jeunes femmes ont perdu la vie et plusieurs autres personnes ont été blessées. Créé en 2014, l’Ordre de la rose blanche vise à rendre hommage aux victimes ainsi qu’aux personnes blessées, aux familles, au corps professoral, au personnel, aux étudiants et aux étudiantes qui se sont retrouvés au cœur du drame.

Nathalie Provost, blessée lors des événements du 6 décembre, et Michèle Thibodeau-DeGuire, première femme diplômée en génie civil de Polytechnique en 1963, sont les marraines de la bourse. Michèle Prévost, professeure titulaire et membre du conseil d’administration de Polytechnique, présidait cette année le comité de sélection de l’Ordre de la rose blanche.

« En maintenant vivant le souvenir des femmes exceptionnelles qu’étaient mes compagnes de classe, l’Ordre de la rose blanche accomplit une œuvre de mémoire et de transmission de valeurs porteuses d’avenir », témoigne Nathalie Provost. « L’exemple de Sophia, qui incarne ces valeurs et se réalise comme femme dans l’univers du génie et comme citoyenne, est le meilleur argument en faveur de la promotion des femmes au sein des sciences. Il encourage les jeunes femmes tentées par le génie à s’autoriser tous les rêves et à se donner le pouvoir de les réaliser. »

« Prendre la mesure du talent et du leadership féminin en génie dont témoignent les lauréates du concours de l’Ordre de la rose blanche me réjouit au plus haut point. La présence des femmes dans les sciences et dans le génie est hautement profitable à notre société, et de tels modèles positifs participent à la renforcer », souligne Michèle Thibodeau-DeGuire.

« Je suis heureuse de constater chez la nouvelle génération représentée par Sophia les qualités cardinales des scientifiques, soit l’excellence, la curiosité, la ténacité et le goût de faire partager son savoir, mais aussi la conscience très aiguë de sa responsabilité dans la société et la volonté d’agir pour porter le changement concret dont dépend l’avenir de notre planète », déclare Michèle Prévost, présidente du jury. « Depuis 150 ans, Polytechnique contribue à l’essor du Québec en formant des ingénieures et des ingénieurs rigoureux et innovateurs, soutenant son développement technologique et social. Le choix de Sophia cette année montre que Polytechnique Montréal appliquera tout son génie pour identifier des solutions durables qui répondront à court terme aux enjeux environnementaux urgents, au bénéfice de notre société et de la planète. »

Le jury, mis sur pied par Polytechnique Montréal, est composé des doyens et doyennes des facultés de génie de l’Université de Calgary, de l’Université Dalhousie, de l’Université McGill, de l’Université Queen’s, de l’Université de la Saskatchewan, de l’Université de Sherbrooke et de l’Université de Toronto. Les critères d’évaluation de la bourse de l’Ordre de la rose blanche reposent sur le dossier universitaire (30 %), les réalisations techniques (35 %) et les réalisations non techniques (35 %).

En savoir plus

Site de l'Ordre de la rose blanche

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