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Par Catherine Florès
7 décembre 2023 - Source : Magazine Poly  | VersionPDFdisponible (Automne 2023)
7 décembre 2023 - Source : Magazine Poly
VersionPDFdisponible (Automne 2023)

Comprendre. Comprendre les autres, leurs enjeux, tel est le moteur de Camille Nepveu, Po 2020 en génie mécanique. Son crédo : s’impliquer tout en impliquant les communautés dans les changements qu’elle promeut, en mettant en pratique les principes du développement durable qui lui sont chers.
 

Camille Nepveu, animatrice de Folie Technique, avec jeunes Autochones
Camille Nepveu (au centre), animatrice de Folie Technique, entourée des jeunes campeurs autochtones.


Étudiante « multi-impliquée »

« J’ai découvert les applications du développement durable en mécanique du bâtiment à l’occasion de mon projet intégrateur IV. Pour moi, ce fut un déclic. J’ai décidé de lui vouer ma future carrière. Parallèlement, c’est à partir de 2016 que j’ai développé mon intérêt pour l’engagement social, lorsque je suis devenue bénévole puis administratrice de l’organisme de lutte contre les violences à caractère sexuel Sans oui, c’est non. Je suis heureuse d’avoir contribué à l’évolution des mentalités dans la communauté universitaire. »

Elle a également été responsable de la promotion des activités de PolyOrbite, la société technique vouée à la conception de nanosatellites, et vice-présidente aux affaires externes de l’Association étudiante de Polytechnique. Elle a aussi animé avec enthousiasme des ateliers à la journée Les filles et les sciences.

Durant la pandémie, son engagement social n’a pas faibli. Pendant huit mois, elle a participé à la confection et à la livraison de paniers de dépannage alimentaire pour le centre communautaire d’alimentation Le Dépôt.

« S’engager procure un sentiment d’accomplissement que je n’ai jamais trouvé ailleurs. On peut constater directement autour de soi l’effet multiplicateur d’un changement positif. C’est quelque chose que je retiens de Polytechnique, où les initiatives étudiantes abondent et où l’équipe du Service aux étudiants a le cœur sur la main. »

Rencontre marquante avec de jeunes Autochtones

Après deux années à travailler comme conceptrice en mécanique du bâtiment, Camille Nepveu a ressenti l’envie de retourner à l’université. Elle est actuellement en Études autochtones à l’UQAM. Elle entamera une maîtrise en génie de l’environnement à Concordia à l’hiver 2024.

L’été dernier, Folie Technique, l’organisme d’animation scientifique de Polytechnique, l’a sollicitée pour une mission hors du commun : se joindre à une équipe d’animateurs en partance pour le Grand Nord québécois pour offrir des activités scientifiques à de jeunes Eeyous (Cris) et Inuits. Une occasion exceptionnelle d’approfondir ses connaissances des enjeux autochtones tout en transmettant sa passion pour les sciences. C’est donc  dans les paysages grandioses de Kuujjuarapik, au bord de la baie d’Hudson, qu’elle a fait connaissance avec des communautés accueillantes et des jeunes très investis.

« Nos interventions étaient menées en partenariat avec la jeune entreprise Aleo VR, qui avait fourni des casques de réalité virtuelle et du matériel pour faire de la programmation. Aleo VR avait pris soin d’introduire des éléments culturels inuits dans ces activités. Nous avons aussi initié les jeunes aux principes scientifiques par des activités ludiques comme le lancement de fusées, la conception de parachutes, la fabrication de slime, la technique de photographie au cyanotype, la réalisation de circuits électriques et la robotique.

« Notre objectif était de montrer à ces jeunes en quoi consiste la démarche scientifique et que celle-ci est à leur portée. Il suffit d’être curieux, de ne pas craindre de se tromper, et d’essayer de comprendre pourquoi quelque chose ne fonctionne pas. Et aussi, que la science, c’est le fun! Les participants étaient âgés de 6 à 13 ans. Nous devions composer au début avec l’attitude un peu blasée typique des ados. Mais leur masque d’indifférence est vite tombé durant les ateliers; tous ont retrouvé leur capacité d’émerveillement. »

Certaines techniques d’animation employées avec succès à Montréal ne fonctionnaient pas du tout là-bas, a-t-elle pu constater. « Les jeunes n’embarquaient pas dans les jeux de compétition, par exemple, alors qu’ils ont beaucoup apprécié les ateliers coopératifs. »

Camille, qui poursuit son implication auprès de Folie Technique, espère que ce projet dans le Grand Nord sera récurrent. Cette rencontre avec des communautés du Nord peut enrichir les échanges de savoirs entre allochtones et Autochtones et aider à faire converger science et perspectives autochtones, croit-elle. « Ce projet illustre l’effet transformateur de la sensibilité et de la sécurisation culturelle alliées au génie, deux domaines qu’on ne devrait jamais séparer. »
 

Jeunes campeurs de Folie Technique dans le Grand Nord

 

En bref
 

  • Camille Nepveu, jeune diplômée en génie mécanique, est motivée par la compréhension des enjeux sociaux et environnementaux, intégrant les principes du développement durable dans ses actions.

  • Elle a vécu une expérience marquante avec le camp scientifique Folie Technique, en partant animer des activités scientifiques aux jeunes Autochtones dans le Grand Nord québécois.

  • Selon elle, de tels projets permettent enrichir les échanges de savoirs entre communautés autochtones et allochtones. Elle souligne l'importance de la convergence entre la sensibilité culturelle, la sécurité culturelle et le génie, illustrant l'effet transformateur de cette combinaison.

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