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Réflexions sur l'inclusion

30 ans après le 6 décembre 1989

Par Catherine Florès
17 octobre 2019 - Source : Magazine Poly  | VersionPDFdisponible (Automne 2019)
17 octobre 2019 - Source : Magazine Poly
VersionPDFdisponible (Automne 2019)
Stéphane Dauphin-Pierre, diplômé

« Je conserve un souvenir marquant des événements du 6 décembre 1989, même si je n’avais que six ans quand ils se sont produits. À l’époque, mon père faisait son doctorat à Polytechnique et nous parlait beaucoup de son travail, de ses collègues et de ses professeurs. Polytechnique m’était donc très familière, elle faisait partie de mon environnement. je me souviens avoir été perturbé par les images du drame à la télévision », se rappelle Stéphane Dauphin-Pierre, récemment diplômé d’un doctorat en génie industriel – spécialisation gestion de la technologie et de l’innovation – et chargé de cours en stratégies technologiques à Polytechnique.

M. Dauphin-Pierre s’intéresse depuis toujours aux questions relatives aux droits humains, mais ses préoccupations envers la place des femmes dans la société ont grandi depuis qu’il est père d’une petite Victoria, aujourd’hui âgée de trois ans. « Nous nous efforçons, sa mère et moi, de l’élever de façon à ce qu’elle ne se sente jamais limitée par le fait d’être une fille. Nous lui montrons qu’aucune tâche ni activité ne sont genrées. Je rêve pour elle d’une société qui offrira aux femmes les mêmes accès à l’emploi, les mêmes possibilités de déployer son potentiel et le même niveau de sécurité qu’aux hommes. Je souhaite qu’elle n’ait jamais à souffrir de préjugés et qu’elle puisse être elle-même. »
   
« De nombreux progrès ont été réalisés depuis trente ans sur le plan de l’équité, c’est évident. Cependant, il faut être attentif, tout n’est pas gagné, estime-t-il. Il y a encore aujourd’hui des individus opposés aux femmes qui conquièrent des domaines traditionnellement perçus comme étant masculins. Mais surtout, il y a du travail à faire dans les organisations pour que les femmes aient les mêmes possibilités que les hommes.
 
Je crois en la bonne volonté des entreprises, mais certains freins à lever sont souvent inconscients. Le monde professionnel fonctionne beaucoup selon des règles instituées par les hommes. Par exemple, les cercles décisionnels demeurent encore souvent des boys’clubs. Plutôt que d’attendre que les femmes se plient à ces règles, les organisations auraient tout intérêt à repenser leur fonctionnement pour mieux intégrer leurs ressources féminines. La première chose à faire est d’écouter le point de vue des femmes et d’échanger avec un esprit d’ouverture. »
 
En tant que spécialiste de la gestion de l’innovation, M. Dauphin-Pierre souligne que l’inclusion favorise l’innovation dans les organisations. « Si l’équipe qui conçoit un produit ou un service est trop homogène, il y a un grand risque que le résultat ne s’adresse qu’à un segment trop limité du marché. L’inclusion doit d’ailleurs s’étendre aux minorités. Le principe de l’innovation se nourrit de la diversité ! »

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