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Permettre à tous les talents de s'exprimer

30 ans après le 6 décembre 1989

Par Catherine Florès
30 octobre 2019 - Source : Magazine Poly  | VersionPDFdisponible (Automne 2019)
30 octobre 2019 - Source : Magazine Poly
VersionPDFdisponible (Automne 2019)
Professeure Annie Ross

À l'heure où sont écrites ces lignes, une plaque rutilante trône sur le bureau de la Pre Annie Ross. Cet objet qui fait la fierté de toute la communauté polytechnicienne atteste de l'obtention de la certification Parité, récemment décernée à Polytechnique par l’organisme La gouvernance au féminin. C’est la première fois qu’une université canadienne obtient cette certification.

Volonté communautaire

L’obtention de la Certification Parité de niveau bronze résulte d’un exercice volontaire et poussé d’introspection et de réflexion, rapporte la Pre Ross, directrice associée à la formation et à la recherche et co-présidente du comité sur l’équité, la diversité et l’inclusion.

« Le processus de certification représentait avant tout l’occasion d’évaluer nos efforts pour assurer une représentation féminine équitable à tous les niveaux hiérarchiques de
Polytechnique », mentionne la Pre Ross, qui ne manque pas de souligner l’excellent travail des équipes du Service des ressources humaines et du Bureau du développement durable qui ont monté ce dossier.

À l’heure actuelle, le taux de représentation féminine atteint au moins 14 % dans le corps professoral de Polytechnique et 43 % au sein des autres catégories de personnel. « Nous sommes conscients qu’il reste du travail à mener collectivement pour réduire les écarts constatés au sein de certaines catégories professionnelles de même que dans la structure verticale », rapporte Mme Ross, qui évoque la préparation d’un plan d’action pour propulser le leadership féminin à Polytechnique.

Rappelant que l’amélioration de la représentation des femmes est l’un des axes du Plan stratégique de l’établissement, elle se réjouit de constater l’implication constructive de toute la communauté.  « Polytechnique se distingue déjà par sa proportion de femmes dans les cohortes étudiantes, qui, dépassant 28 %, se situe parmi les plus élevées au Canada pour les établissements de génie. Mais nous voulons lui faire dépasser 30 % au cours des prochaines années. Très réceptive et inspirante, la communauté étudiante se montre proactive et pleine d’idées ! »

Un potentiel à faire fructifier

Ce changement de culture qui s’opère dans une université entièrement vouée aux sciences, à la technologie, à l’ingénierie et aux mathématiques, domaines à prédominance masculine, dépasse les seuls enjeux de parité. Il faut aussi valoriser tous les talents. « Polytechnique a explicitement pris l’engagement de soutenir et de promouvoir les valeurs d’équité, de diversité et d’inclusion », rappelle la Pre Ross. « Nous avons cette volonté collective d’accueillir la diversité et de faire fructifier le potentiel dont elle est porteuse. Notre l’objectif in fine, c’est que tous les talents puissent s’exprimer. Notre défi, c’est de déployer également une diversité de moyens, car il n’existe pas d’approche unique pour favoriser l’inclusion. »

Faire changer les représentations

La diversité produit des modèles inspirants d’ingénieurs et d’ingénieures, ce qui aide à démystifier la profession qui en a bien besoin, croit Annie Ross, elle-même ingénieure en mécanique.

Selon elle, les ingénieures et ingénieurs possèdent deux superpouvoirs : l’ubiquité et l’invisibilité. « Ils sont partout dans la conception de nos réseaux téléphoniques, de nos outils informatiques, des instruments qui nous soignent, etc., mais on ne les voit pas ! Ils demeurent dans l’ombre de ces technologies qui font progresser la société. Cette invisibilité nuit à la perception et à l’attractivité de la profession. »

La Pre Ross souligne que la situation est par ailleurs souvent identique dans le cas du personnel de soutien, qui pourtant réalise un travail indispensable, et notamment à Polytechnique, qui lui en est très reconnaissante. « C’est pourquoi il est important de mettre en lumière des hommes et des femmes de tous horizons et travaillant dans divers milieux, conclut-elle. De cette façon, on peut parvenir à changer les représentations et faire saisir l’impact de leur travail sur la vie quotidienne des gens. »

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