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Olivier Gendreau, la vocation d’enseigner

Portraits de professeurs

Par Catherine Florès
16 septembre 2020 - Source : Magazine Poly  | VersionPDFdisponible (Automne 2020)
16 septembre 2020 - Source : Magazine Poly
VersionPDFdisponible (Automne 2020)
Olivier Gendreau, maître d’enseignement en génie logiciel

    Olivier Gendreau, maître d’enseignement en génie logiciel, Prix d’excellence en enseignement 2020


En quête de renouvellement permanent

« Enseigner, c’est toujours différent. Si on donne le même cours, on peut toujours y ajouter de nouveaux éléments », affirme Olivier Gendreau, maître d’enseignement en génie logiciel.

Est-ce de son père, professeur retraité de HEC Montréal, qu’il tient sa vocation? « Sa profession a pu avoir une influence, mais personne n’a tracé ma voie à ma place », affirme M. Gendreau. Celui-ci a entrepris ses études de baccalauréat en génie informatique à Polytechnique en 1999, suivies d’une maîtrise en génie logiciel à l’ÉTS, où ses dispositions pour l’enseignement se sont pleinement révélées. « Je faisais du tutorat depuis la fin du secondaire et j’appréciais déjà de soutenir des étudiants dans leurs apprentissages. Mais les présentations hebdomadaires que je devais faire à la maîtrise m’ont appris à surmonter peu à peu mon trac de parler devant un public. J’ai découvert en même temps le plaisir de pouvoir capter mon auditoire. »

Avec l’objectif d’enseigner à l’université, il est revenu à Polytechnique après l’obtention de sa maîtrise en 2005, afin d’entreprendre ses études doctorales sous la direction du Pr Pierre Robillard, pour lui un modèle de pédagogie. Celui-ci l’a nommé chargé de laboratoire. C’est ainsi qu’il a découvert les projets intégrateurs, alors une nouveauté au baccalauréat. « J’ai tout de suite adhéré à ce concept d’encadrement sur mesure. D’une équipe d’étudiants à l’autre, il faut adapter ses conseils et savoir rebrasser la matière. » Adepte de la pédagogie active, il compare son rôle auprès de ses étudiants à celui d’un entraîneur sportif qui pousse sans cesse les athlètes à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Gagner la compétition de l’attention

Selon lui, parvenir à saisir et à conserver l’attention des étudiants toute la durée d’un cours représente aujourd’hui le principal défi des enseignants. « Les étudiants sont de plus en plus intolérants à l’ennui. Un cours est parfois pour eux un stimulus parmi tous les autres qui sollicitent en permanence leur attention », constate-t-il.

Comment s’y prend-il, lui qui depuis 2013 a été six fois lauréat du prix Méritas du meilleur maître d’enseignement en génie logiciel décerné par l’Association étudiante de Polytechnique? « La méthode qui réussit le mieux avec mes étudiants consiste à intégrer à mes cours des histoires ou des anecdotes qui permettent de contextualiser leur contenu, en utilisant des références que les étudiants connaissent. Je n’hésite pas à utiliser l’humour pour piquer leur attention. »

Cette année, il a adapté son approche à l’enseignement à distance : « J’invite les étudiants à clavarder en direct avec tout le groupe pendant que je donne mon cours en ligne. Cela crée une connexion supplémentaire, en contrepoint de l’aspect désincarné de cet enseignement par écran interposé. » La situation actuelle est propice à l’expérimentation pédagogique, pense-t-il. Il se réjouit toutefois que Polytechnique se soit assurée de conserver des cours en présentiel. « Ces rencontres en classe représentent un point de ralliement pour nos étudiants, surtout pour ceux qui souffrent de l’isolement. »

Le jeu, c’est sérieux

Responsable du programme de baccalauréat en génie logiciel depuis trois ans, Olivier Gendreau encadre en outre les activités étudiantes liées aux jeux vidéo, telles que la participation à la compétition universitaire du salon international Laval Virtual, en France, le concours universitaire Ubisoft et la société technique Poly Games.

Il a également participé, avec ses collègues les professeurs Gilles Pesant et Pierre Langlois, à la création de l’option Intelligence artificielle (IA) en divertissement numérique interactif offerte à la maîtrise professionnelle en génie informatique. « L’intelligence artificielle transforme l’industrie du jeu vidéo, notamment parce qu’elle permet d’automatiser certaines étapes de production qui sont autrement très coûteuses. Elle améliore aussi l’expérience du joueur, en atteignant un niveau supérieur de réalisme comportemental pour les personnages. D’où le besoin grandissant de l’industrie en spécialistes de l’IA. »

De façon générale, le secteur vidéo-ludique, qui générera au moins 200 milliards de dollars de revenus en 2023 selon certains analystes, ouvre grand ses portes à une main-d’oeuvre qualifiée, autonome, flexible et capable de résoudre des problèmes d’une complexité croissante. En somme, le portrait type des futurs diplômés de son département, considère M. Gendreau.

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