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Maud Cohen, première femme directrice générale de Polytechnique Montréal

22 juin 2022 - Source : NOUVELLES

Gestionnaire accomplie et férue de sciences, l’ingénieure Maud Cohen, Po 1996, ing., FIC, MBA, ASC, est nommée directrice générale de Polytechnique Montréal. Elle en deviendra officiellement la 16e tête dirigeante, le 10 août 2022, dans le cadre d’un premier mandat de quatre ans. À l’aube de son 150e anniversaire, l’université d’ingénierie voit ainsi une première femme saisir les rênes de son développement.

Maud Cohen, directrice générale nommée de Polytechnique Montréal.

 

Suivant une recommandation unanime du conseil d’administration de Polytechnique, le Conseil des ministres a entériné par décret cette importante nomination, à l’occasion de la séance du 22 juin 2022. La candidature de madame Cohen avait au préalable fait l’objet d’une recommandation du Comité de consultation pour la nomination à la direction générale.

Un parcours d’influence

Ingénieure (Polytechnique Montréal– 1996), détentrice d’un MBA (HEC Montréal – 2004) et administratrice de société certifiée (Collège des administrateurs de sociétés de l’Université Laval – 2012), la nouvelle directrice de Polytechnique affiche un parcours étincelant dans les domaines de l’éthique et de la saine gestion d’organisations ayant un fort rôle sociétal.

Jusqu’en mars dernier et depuis 2014, Maud Cohen était présidente et directrice générale de la Fondation CHU Sainte-Justine. Auparavant, elle a assumé la présidence de l’Ordre des ingénieurs du Québec (2009 à 2012) ainsi que celle du conseil exécutif national de la Coalition Avenir Québec (2013-2014). Sa carrière a aussi été marquée par son passage comme directrice chez Systèmes Invensys Canada, puis chez Groupe CGI, où elle a piloté des projets d’envergure en Europe et aux États-Unis. Dans la dernière année, elle a mis son expérience en gouvernance scientifique à profit, à titre de responsable du comité d’experts indépendants sur l’intégration architecturale et urbaine du REM de l’Est de Montréal.

En parallèle, elle s’implique depuis plusieurs années au sein de divers conseils d’administration. Loto-Québec, Gestion FÉRIQUE et Aéroports de Montréal figurent au nombre des entités ayant bénéficié de son expertise.

Celle qui se taillait déjà en 2010 une place au rang des « 100 femmes leaders de l’avenir » s’apprête maintenant à prendre la gouverne de son alma mater. Attribuée par la revue Entreprendre, cette reconnaissance s’inscrit parmi la longue liste des honneurs à son actif.


Maud Cohen et Poly : d’hier à aujourd’hui

C’est 26 ans après sa diplomation en génie industriel que Maud Cohen retourne à « Poly » avec l’ambition qui caractérise sa profession : créer de la valeur.

« Polytechnique est déjà sur une trajectoire brillante. Grâce à son apport, le Québec peut s’enorgueillir d’être une nation novatrice et audacieuse. Pour que l’établissement demeure influent sur le plan intellectuel, économique et social, les améliorations au sein de ses opérations doivent êtres continues. Il y a des solutions porteuses de sens et d’impact à développer, surtout au chapitre de la transition socioécologique. Je suis convaincue que nous sommes à une croisée des chemins. C’est ainsi qu’avec confiance, ouverture, proactivité et affirmation, notre communauté qui a tant accompli dans le passé doit maintenant réfléchir à son avenir », a fait valoir la principale intéressée.

Il faut dire que l’envie de Maud Cohen de faire une différence ne date pas d’hier. Elle évoluait déjà dans les sphères décisionnelles étudiantes de Polytechnique pendant son cheminement académique. Ses pairs pouvaient compter sur elle pour défendre leurs intérêts, alors qu’elle endossait le rôle de vice-présidente de l’Association étudiante de Polytechnique (AEP). Tout au long de ses études, ils et elles la retrouveront également au sein du comité du Programme d’intégration des nouveaux étudiants de Polytechnique (PINEP) ainsi que derrière le micro de la radio étudiante. Elle participera en outre aux Jeux de génie du Québec et à la Compétition canadienne d’ingénierie. Puis, elle plongera dans les débats oratoires, là où elle développe ses premières armes de communicatrice aux côtés notamment de sa collègue de cohorte, Dominique Anglade.

Aujourd’hui mère de famille, administratrice de sociétés et gestionnaire aguerrie, elle aborde son nouveau mandat à la barre de Polytechnique avec fébrilité. Forte d’une vaste expérience de travail dans le domaine scientifique et du financement de la recherche, ainsi que de compétences affutées en gestion philanthropique, nul doute qu’elle y sera à sa place.

L’énergique rassembleuse

S’adonnant à l’entraînement à la boxe, Maud Cohen a l’esprit d’une guerrière et l’élan de bravoure que l’on reconnaît aux dirigeantes et dirigeants influents. En prime, ses gants sont assurément tissés de velours. En discutant avec elle, on découvre une leader positive et intègre, qui, par son approche collaborative, installe tout naturellement une assise solide à l’engagement.

L’agilité la suit, tant dans le sport que dans sa philosophie de travail. C’est en effet par conviction qu’elle adopte l’agilité dans son modus operandi. Il suffit de prendre connaissance de sa feuille de route pour constater son habileté à mobiliser des équipes et à les convaincre de se défaire d’anciens réflexes, en se questionnant en continu sur le besoin.

Pour clore l’analogie avec le monde de la boxe, mentionnons que la puissance de sa force de frappe est reconnue. Sous son égide, la Fondation CHU Sainte-Justine a vu ses revenus de dons croître de plus de 30 % en cinq ans, atteignant un total de plus de 250 M$ dans le cadre de la grande campagne Plus mieux guérir qui culmine en 2018. Puis, l’effet « Cohen » se manifeste encore en pleine pandémie, en dépit des bouleversements majeurs que subissent les activités de levée de fonds. Elle y gère la crise alors que l’organisation voit ses revenus projetés diminuer de 40 %. La Fondation parviendra ultimement à remplacer plus de 100 % des pertes de revenus projetées et terminera même l’exercice avec des revenus brut et net dépassant ceux des années précédentes.

Femme de vouloir et femme de pouvoir, elle met K.O. les préjugés entourant le leadership au féminin dans le milieu des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), s’ils existent encore. Elle veut faire évoluer la société et a choisi Polytechnique pour y arriver. À son tour, Polytechnique l’a choisie.

« Le conseil d’administration est d’avis que Maud Cohen possède les qualités et les habiletés personnelles ainsi que les compétences professionnelles requises pour assumer avec brio la fonction de directrice générale de Polytechnique. Elle sera en mesure de rallier la communauté autour d’une vision rassembleuse et prometteuse qui permettra à Polytechnique de poursuivre sa quête d’excellence en enseignement et en recherche. Elle contribuera notamment à la mise en place de stratégies institutionnelles innovantes à l’égard d’enjeux sociétaux comme le développement durable et l’équité, la diversité et l’inclusion, lesquels se sont avérés être des préoccupations très importantes pour notre communauté », a déclaré Pierre Lassonde, président du conseil d’administration de Polytechnique Montréal.

Il ajoute : « Nous remercions le directeur général par intérim, le professeur Gilles Savard, pour son travail remarquable depuis le début de son mandat le 1er octobre 2021. Nous souhaitons le meilleur des succès à madame Cohen. Son succès sera notre succès! »

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