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La paix au bord du fleuve

Grand dossier - Bâtir sa vie en région quand on vient de l'international

Par Catherine Florès
2 novembre 2022 - Source : Magazine Poly  | VersionPDFdisponible (Automne 2022)
2 novembre 2022 - Source : Magazine Poly
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Maxence Lenoir et Jade Lamontagne, diplômés de Polytechnique
Maxence Lenoir et Jade Lamontagne

 

Maxence Lenoir a découvert le Québec alors qu’il était en stage au cégep du Vieux-Montréal, en 2009. Souhaitant poursuivre ses études en génie et se plaisant à Montréal, cet étudiant français s’est réjoui d’être accepté à Polytechnique en génie électrique cette même année. Ouvert, sportif (il pratique la randonnée et l’escalade) et impliqué (il a notamment occupé plusieurs postes à l’Association des étudiants de Polytechnique, dont celui de président, et a également présidé la Confédération pour le rayonnement étudiant en ingénierie du Québec), il s’est rapidement constitué un cercle d’amis. L’apparente facilité de son intégration lui a toutefois demandé des efforts, souligne-t-il. « Immigrer requiert un gros travail sur soi. Le choc culturel, le choc des valeurs, l’éloignement de nos proches, tout cela fait passer nos émotions par des montagnes russes. »

En 2015, son diplôme d’ingénieur en poche, il hésite : s’établir au Québec, se diriger vers une carrière à l’international, ou retourner en France où il pourrait reprendre la ferme familiale? « Pour me laisser le temps de la décision, j’ai demandé un permis de travail post-diplôme, qui m’autorisait trois années de plus au Québec. Pendant ce temps, j’ai obtenu un emploi de chargé de projets dans une entreprise d’équipements pour les arts de la scène, un domaine qui m’a toujours attiré, puis d’ingénieur junior en électricité dans une firme de génie conseil en bâtiment. Et j’ai demandé ma résidence permanente, finalement. »

En 2018, l’emploi de ses rêves lui est proposé par le Cirque du Soleil : un poste de responsable de l’électrification des chapiteaux. « J’avais à réaliser la connexion du chapiteau au réseau local d’électricité pour éviter au Cirque d’utiliser des groupes électrogènes. Outre ses défis techniques intéressants, ma fonction avait un impact en termes de réduction de l’empreinte carbone. De plus, elle me faisait voyager dans le monde entier. »

La pandémie sonne le glas de son travail au Cirque du Soleil. Comme beaucoup de personnes durant cette période, Maxence Lenoir et sa conjointe, Jade Lamontagne, elle aussi diplômée de Polytechnique, réfléchissent à leurs aspirations. Tous deux originaires de régions rurales, lui de la Bourgogne, elle de Valleyfield, ils souhaitent se reconnecter à la nature et prennent la décision de quitter Montréal. « Nous avons participé au programme Place aux jeunes en région, qui propose des séjours exploratoires dans diverses régions du Québec. C’est dans le Bas-Saint-Laurent que nous nous sommes vus vivre : nous nous sommes installés à Rivière-du-Loup. »

Dans cette ville dynamique en matière d’emplois, les deux diplômés ont trouvé sans difficulté des postes en ingénierie chez Premier Tech. Depuis la fin de la pandémie, Maxence Lenoir a retrouvé un emploi au Cirque du Soleil. Fidèle à ses habitudes, le Néo-Loupérivois s’implique dans la vie locale. Il est membre du comité consultatif d’urbanisme de la ville et participe à l’entretien d’un jardin communautaire. Pour faciliter sa greffe dans son nouveau milieu de vie, il sait également gérer les différences culturelles qu’il observe entre son ancien cercle montréalais et les gens de la région. « Le rapport à l’auto, par exemple, n’est pas du tout le même. Mais en apprenant à communiquer de façon franche et ouverte, on surmonte ces différences », constate-t-il.

Maxence et Jade sont maintenant propriétaires à Rivière-du-Loup, où ils se sentent bien intégrés. « Nous profitons à fond des activités de plein air dans le cadre magnifique de la région, dont les couchers de soleil sont parmi les plus beaux au monde, selon National Geographic, rappelons-le, déclare Maxence. Nous avons une belle vie. »

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