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La double vie des étudiants athlètes

La relève en vedette

Par Catherine Florès
18 septembre 2020 - Source : Magazine Poly  | VersionPDFdisponible (Automne 2020)
18 septembre 2020 - Source : Magazine Poly
VersionPDFdisponible (Automne 2020)

L’un nage, l’autre joue au rugby. Vincent Laperle et Ngalula Fuamba évoquent leur quotidien rythmé par les cours et les heures d’entraînement. Bien que la crise de la COVID-19 perturbe actuellement leurs projets, leur détermination à s’accomplir dans leur discipline comme dans leurs études demeure intacte.

Vincent Laperle, étudiant en génie aérospatial, équipe de natation des Carabins

Vincent Laperle

Vincent Laperle a commencé à se passionner pour la natation vers l’âge de trois ans quand ses parents lui ont fait prendre ses premières leçons. Il n’a cessé de se perfectionner dans ce sport durant toute son enfance, avant de se joindre à un club pour faire de la compétition, encouragé par ses entraîneurs.

« Ma pratique sportive a en partie déterminé mon choix pour Polytechnique, car y entrer me permettait à la fois d’étudier en génie aérospatial comme je le souhaitais, et de rejoindre l’équipe des Carabins que j’admirais beaucoup », explique l’étudiant devenu capitaine de son équipe de natation.

« Durant la première année de mon baccalauréat, j’ai mis un peu de temps à trouver mes marques. Il m’a fallu acquérir un solide sens de l’organisation pour concilier les cours, les devoirs et les projets à Polytechnique avec ma vingtaine d’heures d’entraînement hebdomadaire, sans compter les compétitions. Mais une fois la bonne routine mise en place, ça va, sans compter que nous nous soutenons beaucoup entre Carabins. Évidemment, il faut faire des choix, nous n’allons pas à chaque party qui se présente ! »

La discipline que s’impose Vincent profite à ses performances sportives. L’année dernière, il a cumulé les honneurs chez les Carabins, comme recrue de l’année, recrue de l’année en sport individuel, athlète de l’année en natation masculine et membre de la première équipe d’étoiles.

Se préparer pour les compétitions apprend à se remettre en question, à recevoir la critique, à répondre à ses exigences personnelles et à celles des entraîneurs, et à savoir se fixer des limites, estime-t-il. « Le sport de compétition peut facilement prendre toute la place, c’est particulièrement difficile à gérer en période d’examens, d’où l’importance de maintenir un équilibre. » C’est pour cette raison, et par conviction, qu’il s’est joint à Polysphère, le comité étudiant de développement durable de Polytechnique. « Je me suis mis aussi à l’escalade, pour me changer un peu du milieu aquatique », ajoute-t-il.

Aujourd’hui en troisième année de génie aérospatial, il envisage de faire une maîtrise-doctorat après son baccalauréat, la recherche en biomimétisme l’intéressant particulièrement. « Mais j’évite de me projeter trop loin dans le futur, car un rien suffit à tout changer », observe-t-il.

Il rêve toutefois de participer aux championnats mondiaux universitaires. Un rêve mis momentanément en suspens par la pandémie. « Lorsque nous avons dû arrêter les entraînements, j’ai pris cela au début comme des vacances. J’étais heureux cet été de pouvoir reprendre l’entraînement. Aujourd’hui, il me tarde de retrouver mon équipe, mais j’apprends à être patient. » 

En attendant, Vincent plonge encore, mais dans la lecture : « Je me suis donné le projet de lire les 100 plus grands ouvrages de la littérature française. »

Vincent Laperle, nageur

 

Ngalula Fuamba, étudiante en génie industriel, équipe de rugby du Canada

Ngalula Fuamba

Ngalula Fuamba a trouvé toute jeune le moyen de canaliser son énergie débordante avec les sports d’équipe sur gazon. Après avoir joué au flag-football puis au football américain, elle a eu un coup de coeur pour le rugby à 19 ans. « C’est un sport de cohésion, où règne un vrai esprit de famille. On s’y traite avec amitié et respect, même entre membres d’équipes adverses », décrit cette brillante membre des Carabins, entrée dans l’équipe de Rugby Canada en 2017.

Fille d’un ingénieur, elle s’est toujours sentie attirée par la résolution de problèmes logistiques, d’où son choix pour le programme de génie industriel, dont elle entame la quatrième année. Elle envisage de faire ensuite une maîtrise en analyse de données ou en logistique, toujours à Polytechnique.

Ngalula se trouve actuellement à Rennes, en France, où l’ont conduite sa passion pour le ballon ovale et… la pandémie. « En 2019, je suis partie étudier pour un an à Toulouse et me suis jointe au club du Stade Toulousain Équipes Féminines, avec l’objectif de découvrir un style de jeu différent et de profiter d’une saison sportive universitaire plus longue qu’au Québec. Mais en mars dernier, les frontières se refermaient rapidement un peu partout. Craignant d’être bloquée longtemps loin de ma famille, j’ai décidé de rentrer chez moi. Cependant, demeurer à Montréal signifiait faire une croix sur les matches pour une durée indéterminée. Comme l’enseignement à Polytechnique était passé en ligne, je pouvais le suivre de partout, alors pourquoi ne pas tenter un retour en France où il était encore possible de jouer ? J’ai obtenu un transfert de licence à Rennes, où je demeure depuis la mi-août. »

Installée en colocation avec six sportives québécoises, Ngalula estime ne pas souffrir de l’isolement. Elle vit stoïquement la situation. « Sur le plan des études, je me suis habituée à suivre mes cours à distance. Cela exige certains accommodements et beaucoup plus de concentration, mais grâce au sport, j’ai appris à travailler mon mental. Toutefois, je trouve que les projets d’équipe sont plus ardus à réaliser de cette façon. »

« Concernant le rugby, c’est évidemment une déception de devoir renoncer aux grands championnats internationaux. La pandémie porte un coup dur au rugby féminin qui souffre déjà d’un déficit de visibilité. Cependant, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, il faut l’accepter. Je ralentis pour un temps ma quête de performances, tout en gardant en tête mon plus grand rêve : me rendre en Coupe du monde. »

Ngalula Fuamba, joueuse de rugby

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