
Le Magazine de Polytechnique Montréal
Stage entrepreneurial
Dossier - Entrepreneuriat technologique
Félix Bourassa-Moreau, finissant au baccalauréat en génie mécanique
Atteindre le sommet, pour Félix Bourassa-Moreau, n’est pas qu’une métaphore. Passionné d’escalade depuis l’âge de 11 ans, il y a trouvé l’inspiration pour créer un nouveau produit.
« Avoir une bonne prise est essentiel en escalade, c’est important de renforcer ses doigts. Comme je ne trouvais rien sur le marché pour l’entraînement spécifique des mains, j’ai commencé à réfléchir à un système. »
Il a commencé à travailler à son projet au cours d’un échange étudiant à Munich, en Allemagne, où l’escalade est un sport assez populaire. « J’ai eu beaucoup d’échanges avec des grimpeurs ainsi qu’avec des chercheurs en physiologie du sport, ce qui m’a permis de valider l’intérêt de mon projet et de cerner les différents aspects à prendre en compte. À mon retour à Montréal, j’avais un prototype déjà fonctionnel et j’étais décidé à voir si je pouvais aller plus loin. »
Le système conçu par Félix mesure avec précision la force de traction des doigts de l’utilisateur et met en oeuvre un programme d’entraînement personnalisé associé à une application Web. L’équipement, peu volumineux et relativement peu coûteux, permet un usage domestique.
Découvrant les ressources offertes par le Centre d’entrepreneuriat, l’étudiant décide de consacrer un stage au développement de son projet. « J’avais déjà fait les deux stages obligatoires de mon cursus, mais je voulais pouvoir consacrer le temps nécessaire à la mise en marché de mon produit, et le stage entrepreneurial me paraissait la solution idéale. »
Grâce à ce stage, il découvre les arcanes de l’élaboration d’un plan d’affaires, des prévisions financières, du plan marketing, etc. «J’ai pris conscience que ces aspects sont aussi, voire plus importants, que le produit lui-même. Jusque-là, naïvement, je croyais qu’avec mon prototype déjà bien avancé, j’avais fait le plus gros du travail ! »
Félix a eu également recours à un autre trésor de Polytechnique : le FabLab, dont il est lui-même un des animateurs. « Pour le prototypage, c’est génial. On peut y réaliser un prototype fonctionnel d’aspect proche de celui d’un produit manufacturé. »
Le projet est actuellement en phase de tests. Plusieurs grimpeurs, dont le frère de Félix, champion canadien d’escalade, essaient l’équipement. Félix, qui envisage le recours à une plateforme de financement participatif d’ici quelques mois, aborde sereinement le verdict du marché. « La popularité de l’escalade, qui deviendra discipline olympique en 2020, ne cesse de croître au Canada comme ailleurs. On comptait dans le monde 25 millions de grimpeurs en 2013, et 35 millions en 2015. Mon produit est assez unique et répond à un vrai besoin, mais si le succès n’est finalement pas au rendez-vous, je ne verrai pas cela comme un échec personnel, car j’aurai beaucoup appris de cette expérience. Si cela marche, en revanche, j’ai déjà plein d’idées pour une gamme de produits ! »
Félix Bourassa-Moreau