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Michèle Thibodeau-DeGuire, précurseure et rassembleuse

Point de vue

Par Catherine Florès
27 mars 2020 - Source : Magazine Poly  | VersionPDFdisponible (Printemps 2020)
Michèle Thibodeau-DeGuire

Lorsqu’on évoque Michèle Thibodeau-DeGuire, c’est le mot « précurseure » qui vient naturellement à l’esprit. Telle une pionnière, elle a toujours montré une indépendance d’esprit et une volonté de tracer sa voie, même dans des territoires jusqu’alors inexplorés par les femmes. Elle fut ainsi la première femme diplômée d’un baccalauréat en génie civil de Polytechnique (en 1963), ainsi que la première femme à occuper un poste de déléguée du Québec à l'étranger (de 1982 à 1984). Elle a été la promotrice de nouvelles campagnes caritatives au Québec en tant que présidente et directrice générale de Centraide du Grand Montréal (de 1991 à 2012). Et elle a été également la première femme à présider le conseil d’administration de Polytechnique (de 2012 jusqu’à cette année). Aujourd’hui présidente honoraire de Polytechnique, elle continue à river ses yeux sur l’avenir de son université.

Une période de rencontres extraordinaires

Lorsque Michèle Thibodeau-DeGuire a accepté la présidence du conseil d’administration de Polytechnique, il y a huit ans, il s’agissait pour elle d’un nouveau retour à son alma mater. Elle avait, en effet, présidé en 1977 l'Association des diplômés de Polytechnique (ADP, devenue plus tard la Fondation et Alumni de Polytechnique Montréal) et, en 1985, occupé les fonctions d’adjointe du président de Polytechnique, puis de directrice des relations publiques l’année suivante.

Ses fonctions de présidente lui ont toutefois permis de mieux mesurer l’impact de Polytechnique en tant qu’établissement de recherche. « Cela a été pour moi une période de rencontres extraordinaires qui m’ont nourrie, témoigne-t-elle. J’ai eu l’occasion de faire connaissance avec nos professeurs, toujours heureux de m’expliquer leurs projets. J’ai visité leurs laboratoires avec grand intérêt, émerveillée par les idées novatrices qui s’y développent. »

Elle ajoute que le courant est également bien passé entre elle et la communauté étudiante. « Les nombreux étudiants et étudiantes que j’ai rencontrés m’ont également impressionnée par leurs projets et leur aisance à les vulgariser. Je pense, entre autres, aux membres des sociétés techniques. » Elle décrit avec enthousiasme les engins conçus par ces sociétés, plus ingénieux les uns que les autres. « Je n’oublierai jamais le jour où je me suis glissée dans le cockpit de l’auto solaire! Mais avant tout, je garderai le souvenir de très belles rencontres humaines. »

Très à l’écoute des étudiants, elle leur a parlé en retour des fruits de sa propre expérience. « Je leur ai, par exemple, expliqué comment solliciter des dons de mécènes pour leurs projets. » Savoir mobiliser les gens autour d’une cause, ne pas se mettre en position de se faire dire non, sont des aptitudes qu’elle avait acquises durant la campagne de financement qu’elle avait menée pour Polytechnique dans les années 80, et qu’elle a aiguisées ensuite à Centraide.

Durant sa présidence, elle a été maintes fois sollicitée à s’exprimer sur la place des femmes en génie. Pour elle, cette place est évidente et elle soutient les initiatives de Polytechnique pour encourager les femmes à étudier et à faire carrière en génie, comme la Semaine de la rose blanche et l’Ordre de la rose blanche. « Il faut tout autant veiller à intéresser les hommes au génie, souligne-t-elle. Je rappelle souvent que pour trouver des solutions aux problèmes si complexes de notre monde, on a besoin de tous les cerveaux. »

À la frontière de demain

Au cours des huit années de son mandat de présidente, Mme Thibodeau-DeGuire s’est attachée à faire part aux membres du conseil d’administration de ses découvertes sur les innovations développées à Polytechnique. « Les membres du conseil proviennent de milieux différents, il me paraît important de les sensibiliser à l’impact de nos innovations. Celles-ci me font dire qu’à Polytechnique, on est à la frontière de demain. Il faut que cela se sache! »

Elle se réjouit du nouvel élan pris récemment par Polytechnique, qui s’échappe, selon elle, de l’inertie des milieux universitaires grâce au dynamisme de ses équipes et de sa direction et des orientations souhaitées par le conseil d’administration. Elle-même a usé de son influence pour contribuer à attirer à Polytechnique des agents du changement, notamment son successeur, Pierre Lassonde. « Je suis très fière qu’il me succède, il représente un atout extraordinaire pour Polytechnique. Je suis convaincue qu’il formera un excellent duo avec le directeur général Philippe Tanguy pour sensibiliser des leaders et des influenceurs à ce qui se réalise dans notre université. »

Le 150e anniversaire de l’établissement en 2023 sera propice à mettre en valeur les réalisations de la communauté polytechnicienne. « J’avais participé à l’organisation des célébrations du 100e en 1973, j’avoue que cela me fait un petit choc que le 150e soit déjà si proche! », commente Mme Thibodeau-DeGuire. Dorénavant présidente honoraire, celle-ci continue à mettre son entregent au service de Polytechnique. « J’aime rassembler les gens et surtout, j’adore les voir allier leurs potentiels et réaliser ensemble des choses extraordinaires. »

Son vœu pour cet anniversaire marquant ? « Je souhaite que les gens tombent en amour avec Polytechnique! Qu’ils voient notre université comme un lieu où se forgent des solutions pour de grands enjeux de la société, et qu’ils captent la passion et le rêve de ceux qui font des choses, c’est-à-dire nos professeurs, nos étudiants et nos diplômés. »

 

 

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