Les résultats présentés proviennent d'une démarche scientifique basée sur un protocole rigoureux impliquant la prise de mesures
de densité de puissance de rayonnement électromagnétique radiofréquence effectuées au cours de l'été 2012 au sein de
23 demeures et 34 lieux publics répartis dans plusieurs régions du Québec. Des mesures ont aussi été prises sur des
compteurs intelligents de nouvelle génération d'Hydro-Québec de même que sur divers appareils domestiques (four à micro-ondes,
moniteur pour bébé, routeur sans fil, etc.) qui produisent des ondes radiofréquences. Toutes les données ont été recueillies
avec l'aide d'équipements scientifiques haut de gamme bien adaptés à ce type de mesures, et calibrés par un organisme
gouvernemental certifié.
« Avec la publication de ces résultats, Protégez-Vous et Polytechnique souhaitent contribuer de façon objective et scientifique au débat entourant les champs électromagnétiques radiofréquences. Ce faisant, nous espérons aider nos lecteurs à voir plus clair dans cette épineuse question et à se forger leur propre opinion », précise Clémence Lamarche, chargée de projets sénior – tests et évaluation, à Protégez-Vous.
Lancée en mai 2012 par Polytechnique Montréal, la brigade électro-urbaine a participé activement à l'étude. Regroupant six étudiants et dirigée par Thomas Gervais, chargé d'enseignement à Polytechnique et vulgarisateur scientifique, la brigade s'est intéressée au cours de l'été 2012 à la caractérisation spectrale des appareils commerciaux de détection des ondes ainsi qu'à la caractérisation de toutes les sources d'ondes que l'on retrouve dans l'environnement familial. Les étudiants se sont également penchés sur la caractérisation spectrale des ondes dans l'environnement urbain. « Notre objectif était de profiter de l'expertise en science et en génie de Polytechnique pour rencontrer des gens curieux ou préoccupés par l'exposition aux ondes et répondre à leurs questions non pas par des mots, mais par des mesures. Nous avons voulu donner la chance aux citoyens de comprendre comment ces mesures se font et ce qu'elles donnent dans leur domicile » souligne Thomas Gervais.

Les membres de la brigade électro-urbaine de Polytechnique Montréal. En haut de gauche à
droite : Béatrice Boudreault, Wendy-Julie Madore, Thomas Gervais, Esther Valtina Pouegue Kemgang. En bas de
gauche à droite : François Bergeron, Francis Bulota, Jérome Poulin.
Principales conclusions de l'étude
Toutes les mesures relevées sont très en
deçà des normes canadiennes et internationales. En effet, la mesure ambiante la plus élevée recueillie dans les domiciles est
de 0,001 W/m2 (2 000 fois plus faible que la norme canadienne) et la moyenne des mesures ambiantes maximales
prises dans les maisons est de 0,0002 W/m2 (10 000 fois plus faible que la norme canadienne). Voici
quelques-unes des conclusions :
Les appareils conçus pour « protéger » des ondes radiofréquences
Protégez-Vous, accompagné
d'experts provenant de trois universités différentes, a aussi évalué la performance de huit appareils conçus pour
« protéger » des ondes radiofréquences, dont un sac de couchage, un bonnet de protection, une peinture, des sphères
de polypropylène, une pochette de protection pour iPhone, un pendentif et un adaptateur USB qui se branche dans un routeur ou
un ordinateur.
Conclusion : Si certains atténuent légèrement les ondes, d'autres relèvent de l'ésotérisme ou de l'arnaque pure et simple.
À propos des champs électromagnétiques radiofréquences
Les ondes
radiofréquences correspondent à une certaine plage de fréquence du spectre électromagnétique compris entre 3 kHz (3000 Hz) et
300 GHz (3 x 1011Hz). Une foule d'appareils courants comme le four à micro-ondes, le routeur wi-fi et le cellulaire
fonctionnent avec des ondes radiofréquences. Plusieurs systèmes de communication utilisent également ces ondes; c'est le cas
des communications militaires ou de services d'urgence.
L'exposition aux champs électromagnétiques provient de plusieurs sources. Que ce soit en milieu résidentiel, en milieu de travail ou lors de la fréquentation de lieux publics, l'intensité de ces champs variera en fonction du type de source émettrice et selon la distance à laquelle l'individu se situe par rapport à cette source.