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Chitopack : quand des étudiantes s’emballent pour leur projet de doctorat

Dossier - Entrepreneuriat technologique

Par Catherine Florès
10 décembre 2016 - Source : Magazine Poly  | VersionPDFdisponible (Décembre 2016)
10 décembre 2016 - Source : Magazine Poly
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Mounia Arkoun et Nury Ardila, programme Technopreneur

Travailler dans un cadre rigide avec des horaires fixes ? Très peu pour Mounia Arkoun et Nury Ardila. À la fin de leur doctorat, les deux jeunes femmes savent à la porte de quelle entreprise elles vont aller frapper : la leur.

Elles ont fait le pari de commercialiser leur projet de doctorat, un emballage alimentaire actif, développé sous la direction des Prs Abdelah Ajji et Marie-Claude Heuzey. « Notre produit, Chito­Pack, permet de prolonger la durée de vie des aliments en freinant le dévelop­pement bactérien qui peut causer des in­toxications alimentaires. Il est fabriqué à partir du chitosane. C’est un matériau 100 % naturel, biodégradable et non toxique, issu de sous-produits de l’in­dustrie de la pêche », précise Mounia.

Un emballage plus sécuritaire, sans risque pour l’environnement et valori­sant les rebuts de la pêche, cela semble à priori le produit idéal. « Nous avions un prototype fonctionnel, mais il nous fal­lait étudier tout l’aspect de production et de mise en marché, rapporte Nury. Pour tester notre projet, nous l’avons présenté au concours Génies en affaires de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS). Il a fallu établir un plan d’affaires et réaliser une étude de mar­ché, certes sommaires, mais cela nous a aidé à structurer nos idées. Nous avons remporté le prix Coup de coeur du jury et le Prix du public. »

Encouragées par ce résultat, les deux étudiantes se sont ensuite engagées dans le programme Technopreneur du Centre d’entrepreneuriat. « Ce programme étalé sur huit mois nous permet d’explorer des marchés et de prendre le temps de bien définir chaque étape du développement, explique Mounia. Avant, une de nos craintes était de devoir monter une usine de production, car nous n’avions pas les reins assez solides pour cela. Or, le mentorat et les ateliers offerts nous ont ouvert les yeux sur divers aspects liés à la production et au financement. Nous avons notamment découvert la diver­sité des options, que ce soit les anges financiers, le sociofinancement ou les partenariats industriels. »

Le modèle d’affaires du projet est ac­tuellement en phase de validation. Par ailleurs, une demande de dépôt de bre­vet est envisagée par Univalor. « Sans l’accompagnement de l’équipe du Centre, nous n’aurions pu faire toutes ces démarches », souligne Nury.

Qu’est-ce qui les définit en tant qu’en­trepreneuses ? « Une absolue ténaci­té », répondent les deux jeunes femmes. « Nous savons faire face à l’insécurité. Nous aurions pu opter pour un emploi bien rémunéré, mais nous avons fait une croix sur des revenus stables dans un premier temps. Notre vision est plus à long terme. Notre objectif est de révo­lutionner le monde de l’emballage », témoigne Mounia.

Débordantes d’énergie, elles mènent allègrement de front les études, l’entre­prise et la vie de famille, toutes deux étant mères de jeunes enfants. Rien ne semble pouvoir diminuer leur en­thousiasme, même pas la possibilité d’essuyer un échec. « Nous n’écoutons jamais les oiseaux de mauvais augure », s’esclaffe Mounia. « Et si la commerciali­sation de notre produit s’avérait un flop, pour nous, cette expérience d’entrepre­neuriat ne serait pas un réel échec, tant l’apprentissage aura été exceptionnel. D’ailleurs, si notre projet ne marche pas, nous avons déjà d’autres idées à explorer ! »


Nury Ardila et Mounia Arkoun  

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