L'IA telle que nous la connaissons a jusqu’ici vécu dans le monde numérique. Aujourd'hui, une nouvelle étape s'amorce : celle où l'IA agit directement sur le monde physique.
Cette action dans le monde réel change tout. L'IA doit maintenant composer avec la gravité, les vibrations d'un pont, les turbulences d'un avion, ou le poids d'une décision sur la vie d'une personne. Elle doit donc prouver qu'elle est fiable, qu'elle s'intègre bien aux systèmes en place, qu'elle est sécuritaire, qu'elle ne consomme pas trop d'énergie, et que ses usages sont bien encadrés.
Une réponse collective à une question d'ingénierie
Pour Polytechnique Montréal, cette question est avant tout une question d'ingénierie, et c'est précisément là que notre université de génie joue un rôle distinctif. Elle aborde l’IA comme un système complet, à concevoir, à intégrer, à valider, à déployer.
De là est née Une IA pour le réel : une initiative qui appelle tout un écosystème, réunissant les chercheuses, chercheurs, équipes et projets de Polytechnique, mais aussi les entreprises, les gouvernements, les partenaires industriels, les étudiantes et étudiants, et les ingénieures et ingénieurs qui, chacun à sa façon, font entrer l'IA dans le monde réel.
Faire entrer l'intelligence artificielle dans le monde réel demande trois révolutions indissociables.
L'IA ne se contente plus de comprendre ou de représenter le monde : elle agit sur lui. Elle entre dans les robots, les drones, les véhicules autonomes, les infrastructures intelligentes, les systèmes énergétiques, les procédés industriels et les environnements de soins. Cet axe porte sur la capacité de ces systèmes à percevoir leur environnement, à prendre des décisions, à s'adapter et à agir de manière fiable et sécuritaire.
L'IA n'assiste plus seulement les ingénieures et les ingénieurs dans leurs tâches : elle leur donne de nouveaux moyens de concevoir, de simuler, d'explorer et d'innover. Elle transforme les méthodes du génie et ouvre de nouvelles possibilités : explorer un plus grand nombre de solutions, accélérer les cycles de conception, ou imaginer des matériaux, des systèmes et des procédés auparavant difficiles à envisager.
Plus l'IA agit, conçoit et se déploie, plus ses besoins en calcul augmentent. Il devient nécessaire de repenser la manière dont elle calcule, ainsi que les infrastructures matérielles et technologiques sur lesquelles elle repose. Cet axe porte sur le développement d'approches de calcul plus performantes et plus efficaces, et sur notre capacité à maîtriser les infrastructures essentielles à son développement.
L'IA de demain reposera sur tout un écosystème : les algorithmes, les systèmes physiques, les infrastructures de calcul, les données, les talents et la gouvernance.
Nos engagements en découlent.
Repousser l’état de l’art et développer de nouveaux systèmes, méthodes et architectures.
Tester, évaluer, sécuriser et renforcer la robustesse des systèmes d'IA.
Accompagner l’intégration de l'IA, son passage à l’échelle et son adoption dans les organisations.
Développer les compétences, la culture et la littératie nécessaires.