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Profil d'entrepreneur - Hexa Foods : Saisir l’occasion et le moment présent

28 octobre 2016 - Source : NOUVELLES

Pour concrétiser son projet d’affaires, l’entrepreneur technologique Paul Shenouda a bénéficié des ressources offertes à Polytechnique Montréal, tout en poursuivant des études supérieures.

En matière d’entrepreneuriat, deux voies s’offrent à l’étudiant qui désire se lancer en affaires à partir d’une idée : soit il y pense à temps perdu, soit il fonce lorsqu’une occasion se présente.

À constater son parcours d’entrepreneur, Paul Shenouda, le vice-président à l’innovation de la société montréalaise Hexa Foods, a suivi résolument la deuxième voie. L’entreprise, qu’il a cofondée en 2015 avec les frères Philippe et Mathieu Poirier, commercialise des gâteries pour chiens à base de farine de grillons sous la marque BugBites. Les trois entrepreneurs n’ont pas tardé à obtenir du succès, leurs produits étant offerts présentement dans une centaine de points de vente au Canada et par le biais de leur site Internet. Récemment, l’entreprise a obtenu 0,3 M$ de la part d’Anges Québec lors d’une ronde de financement.

Passionné par l’entrepreneuriat, Paul Shenouda attribue son intérêt pour la création d’une entreprise à son passage à Polytechnique Montréal, où il a étudié au baccalauréat en génie mécanique de 2010 à 2014. En 2013, dans le cadre d’un des cours de l’orientation thématique en innovation technologique, il a fait un premier pas en suivant le cours Entrepreneuriat technologique du Département des mathématiques et du génie industriel.

« Ce cours fut mon tout premier contact avec l'entrepreneuriat. Ce fut pour moi l'étincelle en quelque sorte », indique Paul Shenouda.

Également, la rencontre de Philippe Poirier, un ami proche du secondaire qui a étudié à HEC Montréal, a contribué à attiser son attrait pour l’entrepreneuriat, lors de rencontres pour discuter d’idées innovantes. En 2014, un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, où il était question de la contribution des insectes pour l’apport de protéines alimentaires, a retenu leur attention. Le déclic est survenu lorsqu’ils ont envisagé la filière des aliments pour les animaux.

« Il nous semblait encore tôt à ce moment de faire manger des insectes aux personnes en Amérique du Nord et en Europe, mais il y avait certainement une conscience d’écoresponsabilité, indique Paul Shenouda. À défaut de ne pas en manger, on se disait que les gens peuvent accepter que leur chien le fasse, en sachant que c’est naturel et qu’il y a un impact positif sur le système alimentaire global. »

« Aussi, il n’y avait pas encore de leader dans ce domaine, mais il était certain qu’un grand joueur allait s’y intéresser tôt ou tard. Tant qu’à attendre, mieux vaut le faire soi-même! Nous nous sommes dits " OK, on va avec cette idée! " », ajoute-t-il.

De la suite dans les études

Alors qu’il étudiait au baccalauréat en génie mécanique, Paul Shenouda a travaillé à temps partiel sur son projet entrepreneurial. Or, alors qu’il s’apprêtait à terminer ses études, il a reçu un courriel qui a changé la donne.

« On y annonçait le cours Montage de projet technologique qui était offert aux études supérieures par Isabelle Deschamps, du Département des mathématiques et du génie industriel, explique M. Shenouda. C’était un tout nouveau cours intensif de six semaines qui était accessible aux personnes désirant lancer une entreprise technologique. On y traitait du démarrage d’entreprise, du plan de travail, du plan d’affaires… Je n’ai pas hésité et je m’y suis inscrit. »

Après avoir complété ce cours, Paul Shenouda s’est inscrit au diplôme d’études supérieures spécialisées en génie industriel, option gestion de la technologie et de l’innovation à Polytechnique… puis est allé un cran plus loin.

« J’ai choisi de poursuivre à la maîtrise, que j’ai terminée en environ un an avec le cumul des crédits, relate-t-il. Ce fut très rapide, mais ce fut un gros " plus ". En fait, c’est ce programme qui a contribué le plus fortement à mon parcours d’entrepreneur. Il est souvent ignoré, pourtant il est très pertinent. »

Également, Paul Shenouda a fréquenté les ateliers du Centre d'entrepreneuriat de Poly-UdeM, où il a obtenu un soutien important pour le développement de son entreprise. Il souligne à quel point les étudiants de Polytechnique Montréal ont accès à de nombreuses ressources d’apprentissage et d’aide en entrepreneuriat technologique.

« En rétrospective, je réalise que j'ai profité au maximum de toutes les occasions à Polytechnique, ce qui a aidé à bâtir ma confiance entrepreneuriale. Si un étudiant a de la curiosité et une volonté d'apprendre, il y a plusieurs ressources dont il peut profiter - le plus on en fait, mieux c’est! », estime-t-il.

De passion et de raison

Certes, le parcours de l’idée jusqu’aux affaires ne s’est pas déroulé sans embûche. Durant ses études à la maîtrise, Paul Shenouda a acheté des grillons vivants qu’il a réfrigérés, puis tenté de moudre. En qualifiant le résultat « d’affreux » en riant, il dit avoir appris de cette expérience, en soulignant qu’il est primordial que l’entrepreneur technologique ait confiance en ses moyens.

« Souvent l’ingénieur est très analytique, ce qui peut le paralyser dans l’attente de la situation parfaite, remarque-t-il. Mais l’entrepreneur, bien qu’il n’ait pas tout en main, se doit de commencer de façon tranquille son projet s'il lui tient à cœur et le passionne. »

Cela dit, Paul Shenouda souligne que la raison et l’analyse sont des éléments essentiels à la réussite d’un projet d’affaires. « Dans un contexte d’entreprise en démarrage, on veut tellement que ça fonctionne! On ressent beaucoup d’émotions et dans le feu de l’action on pense avoir une bonne idée, mais il faut prendre du recul et avoir un esprit critique. Il faut avoir une bonne connaissance de soi-même. »

Aussi, l’entrepreneur technologique souligne la nécessité d’avoir une grande tolérance envers l’ambiguïté. « Dans un environnement de technologie ou d’innovation radicale, il est impossible de prédire les changements dans le marché. Il faut se tenir au fait des évolutions. Si on n’a pas cette tolérance, on va fléchir. Mais une fois que notre stratégie est faite, il ne faut pas hésiter deux secondes. »

Redonner au suivant

Enfin, Paul Shenouda n’hésite pas à partager sa passion pour l’entrepreneuriat avec autrui. Notamment, il a été invité à discuter du sujet avec des étudiants des niveaux secondaire et universitaire au cours des derniers mois. 

D’ailleurs, c’est à l’occasion d’une allocution qu’il a prononcée à l’invitation du Centre d’entrepreneuriat Poly-UdeM qu’il a rencontré Jean-Philippe Bisson, un étudiant de Polytechnique dont le projet d’entreprise est fondé également sur l’alimentation et l’utilisation de farine de grillons. De fil en aiguille, Paul Shenouda a été sollicité pour superviser un stage en entrepreneuriat de l’étudiant. Cette implication dans le parcours d’affaires de Jean-Philippe Bisson suscite l’enthousiasme de l’entrepreneur technologique.

« C’est le fun de pouvoir redonner et de contribuer à aider un étudiant entrepreneur. Alors que nous sommes pratiquement dans le même domaine, c’est stimulant de superviser Jean-Philippe, indique-t-il. Ce que j’ai ressenti chez lui est une passion profonde pour l’entrepreneuriat et la volonté sincère d’avoir un impact positif sur l’environnement, deux attributs que j'apprécie beaucoup chez lui. Je n’ai aucun doute qu’il a tout ce qu’il faut pour bâtir une entreprise d’impact. »

Paul Shenouda

 

En savoir plus
Centre d'entrepreneuriat Poly-UdeM
Page de site Soutien à l'entrepreneuriat
Site Internet de BugBites

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