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Heureux comme un ingénieur québécois en Chine

Profil de diplômé

Par Catherine Florès
17 février 2018 - Source : Magazine Poly  | VersionPDFdisponible (Hiver 2018)
17 février 2018 - Source : Magazine Poly
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Carl Breau

Réussir en Chine… un rêve pour beaucoup d’entrepreneurs occidentaux, une réalité pour Carl Breau, titulaire d’une maîtrise en génie mécanique de Polytechnique depuis 1991, aujourd’hui dirigeant-fondateur de la société Saimen, établie à Shanghai.

Dans ses bagages d’expatrié : expérience en gestion et connaissance du mandarin

C’est à partir de 2009 que Carl Breau commence à envisager sérieusement de partir en Chine et à étudier le mandarin. « Mon épouse est chinoise, alors j’avais déjà acquis une certaine sensibilité à la culture de son pays », témoigne-t-il. 

En 2012, il se lance, d’abord en recherchant sur le marché chinois des équipements pour des entreprises étrangères, dans des domaines très techniques : aéronautique, équipements médicaux, transports électriques, etc. « J’avais déjà fait mes armes à la fois sur le plan technique et en gestion dans mes précédents emplois  de responsable des opérations dans différentes entreprises. Cette maîtrise des opérations est très importante quand on veut associer des technologies chinoises à des technologies occidentales », affirme M. Breau.

Ensuite, il fonde Saimen en 2014 avec un partenaire chinois. L’entreprise continue les activités de recherche d’équipements, tout en développant des services pour des entreprises occidentales désireuses d’entrer sur le marché chinois. « Ces clients sont dans les secteurs des technologies, de l’éducation et du divertissement, dont le Cirque du Soleil. Nous prenons beaucoup d’aspects en charge pour eux : gestion de leur chaîne d’approvisionnement, traduction des documents, démarches concernant la réglementation, solutions techniques, etc. Je mets tous les jours à profit mes études en génie et l’adaptabilité acquise à Polytechnique ! » 

La Chine n’est pas un « Far East » 

Saimen est passée de 3 à 40 employés depuis 2014 et elle s’apprête à tripler son chiffre d’affaires dès ce début d’année. « Le marché est incroyablement dynamique et tout bouge très vite ici. Les Chinois sont très attirés par la nouveauté. Ils ont beaucoup de projets, de grands rêves, étant persuadés que le meilleur est à venir. » 

Cependant, le pays n’est pas pour les impulsifs, met en garde M. Breau. « Je recommande de prendre le temps de bien faire les choses et de peaufiner sa stratégie d’affaires. L’approche "cowboy" ne passe pas ici. Le système administratif est étonnamment complexe et obtenir les autorisations pour ses activités nécessite une longue démarche. » Selon lui, un entrepreneur occidental trop pressé risque aussi de se casser les dents sur le mur de la culture. « Comprendre la culture chinoise est indispensable. En Chine, les relations interpersonnelles jouent un rôle prépondérant dans tous les domaines. Il faut prendre le temps de les nouer et se montrer très à l’écoute de ses interlocuteurs, explique-t-il. Nous, Québécois, avons à cet égard un atout avec notre culture très ouverte sur le monde. » 

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