|
|
1 Introduction
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Tableau 1 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Polytechnique - EEETP - Réf. : RECU (GDEU) | |||||||||
| Cycles d'études | EEETP: Effectif étudiant équivalent à temps plein | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1988-89 | 1990-91 | 1992-93 | 1994-95 | 1996-97 | 1998-99 | 2000-01 | 2002-03 | |
| 1er cycle | 3 599,0 | 3 643,2 | 3 639,7 | 3 136,2 | 2 855,8 | 3 176,0 | 3 543,1 | 3 509,9 |
| 2e cycle | 389,5 | 395,4 | 533,3 | 504,2 | 426,8 | 434,3 | 448,3 | 723,1 |
| 3e cycle | 174,0 | 188,6 | 237,4 | 283,3 | 227,4 | 152,9 | 144,7 | 200,8 |
| Tous les cycles | 4 162,5 | 4 227,2 | 4 410,5 | 3 923,8 | 3 510,0 | 3 763,2 | 4 136,1 | 4 433,8 |
| Évolution des EEETP en % - (Réf.: 1998-89 = 100%) | ||||||||
| 1er cycle | 100,0% | 101,2% | 101,1% | 87,1% | 79,3% | 88,2% | 98,4% | 97,5% |
| 2e cycle | 100,0% | 101,5% | 136,9% | 129,4% | 109,6% | 111,5% | 115,1% | 185,6% |
| 3e cycle | 100,0% | 108,4% | 136,4% | 162,8% | 130,7% | 87,9% | 83,2% | 115,4% |
| Tous les cycles | 100,0% | 101,6% | 106,0% | 94,3% | 84,3% | 90,4% | 99,4% | 106,5% |
| EEETP en % par cycle - (Réf.: tous les cycles = 100%) | ||||||||
| 1er cycle | 86,5% | 86,2% | 82,5% | 79,9% | 81,4% | 84,4% | 85,7% | 79,2% |
| 2e cycle | 9,4% | 9,4% | 12,1% | 12,9% | 12,2% | 11,5% | 10,8% | 16,3% |
| 3e cycle | 4,2% | 4,5% | 5,4% | 7,2% | 6,5% | 4,1% | 3,5% | 4,5% |
| Tous les cycles | 100,0% | 100,0% | 100,0% | 100,0% | 100,0% | 100,0% | 100,0% | 100,0% |
Plusieurs raisons peuvent expliquer l'amplitude des cycles des clientèles étudiantes à Polytechnique : les cycles économiques, le marché de l'emploi, une institution à vocation spécialisée (toutes les disciplines spécialisées de l'institution dans le secteur du génie), la variation du nombre de professeurs et finalement l'évolution de l'enveloppe annuelle globale (réduction - augmentation) du MEQ pour subventionner le fonctionnement des universités.
Malgré que l'École offre une formation dans 11 disciplines, il est très difficile d'atténuer les fortes variations cycliques. Certaines disciplines comme le génie civil ou le génie informatique ont connu très récemment des diminutions importantes de clientèles. L'École doit donc s'adapter et composer avec les mouvements de la clientèle qui sont difficiles à prévoir.
En dépit de fortes variations du nombre d'étudiants au 3e cycle, le pourcentage de 7,2 % des étudiants au 3e cycle constitue une valeur maximale pour toutes les institutions universitaires du Québec. Une étude interne (annexe B) permet de comparer l'effort de formation de l'École Polytechnique dans les trois cycles par rapport aux autres institutions de la province de Québec pour les années 90. La mise à jour des données de l'École est présentée dans le graphique 1 ci-dessous.
|
Graphique 1 Mise à jour des données de l'École Polytechnique |
Pour la période étudiée, un étudiant sur 20 était inscrit au doctorat. Les données montrent bien que l'École Polytechnique est une institution universitaire mature et très fortement implantée aux cycles supérieurs. Ce résultat représente un acquis important pour l'École et il est la conséquence des efforts soutenus depuis la fin des années soixante : mise en place d'un service de soutien à la recherche, engagement de professeurs qualifiés, définition d'axes de recherche privilégiés, règles de promotion liées étroitement avec la formation aux cycles supérieurs et la production scientifique, modulation de la charge d'enseignement en fonction de l'encadrement aux cycles supérieurs.
L'offre de formation au baccalauréat combinée à la qualité des programmes constitue le fondement de notre mission et, malgré toute l'énergie consacrée au développement des cycles supérieurs, l'École n'a pas négligé l'enseignement au baccalauréat. Le baccalauréat bénéficie de plus en plus des retombées de la recherche telles que des projets de laboratoire au 1er cycle réalisés avec des équipements de recherche, des modules d'enseignement développés aux cycles supérieurs et implantés au baccalauréat (ex. environnement virtuel), création de programmes au baccalauréat à partir d'une expertise critique développée aux cycles supérieurs (ex. génie biomédical). L'École encourage fortement ses professeurs à enseigner au 1er cycle par l'utilisation de certaines règles dans l'attribution des charges d'enseignement et aussi par des critères de promotion.
Par cette présentation, nous voulons démontrer aux membres de la commission que tout au long de son existence, Polytechnique s'est efforcée de jouer son rôle social et économique à la mesure des besoins de la société, et ce, à l'intérieur des paramètres de sa mission d'enseignement, de recherche et de rayonnement.
L'École fait face à un certain nombre de défis et à un besoin de ressources spécifiques pour continuer d'exercer sa contribution au façonnement du Québec de demain et à la formation d'ingénieurs à la fine pointe des nouvelles technologies.
Préoccupés par l'évolution de notre clientèle au 1er cycle (graphique 2), nous avons procédé, au cours de l'année 2003-2004, à des études de perception auprès des membres de l'industrie, du public en général et des étudiants des cégeps inscrits en sciences de la nature et à une étude faite auprès de nos étudiants, portant sur Les façons d'apprendre des étudiants et des étudiantes de baccalauréat à l'École Polytechnique.
|
Graphique 2 Nouvelles inscriptions au baccalauréat en ingénierie (trimestre d'automne) |
Nous avons été amenés à constater que les étudiants des cégeps percevaient le tronc commun des programmes de 1er cycle soit comme une 3e année de cégep ou un exercice d'attrition pour les étudiants plus faibles. Ils déplorent également le fait d'attendre en 2e année ou même en 3e année avant de toucher les aspects du génie qui les ont poussés à s'intéresser à ces études. Finalement, ils se joignent aux représentants de l'industrie en considérant positivement l'approche plus appliquée de certaines autres facultés de génie.
Quant à l'ensemble de nos étudiants inscrits au baccalauréat, nonobstant le fait qu'ils reconnaissent la qualité des prestations d'enseignement, ceux-ci émettent certaines réserves à l'égard de l'approche de formation à Polytechnique. Ces éléments, alliés à d'autres facteurs, nous ont incités à revoir nos programmes de formation au baccalauréat dans le but de mieux répondre aux attentes tout en maintenant notre rigueur face aux exigences de la profession. Le projet de formation (PDF) est donc devenu une priorité institutionnelle absolue.
À la suite d'un travail préalable de réflexion et de consultation auprès des membres de notre Conseil académique, une liste d'objectifs de formation au 1er cycle a été approuvée en mars 2003 pour être publiée dans l'annuaire des études 2003-2004. Cette liste fait état du savoir, savoir-faire et savoir-être que les enseignements au baccalauréat devraient inculquer aux étudiants.
Afin de nous assurer que nos étudiants développeront les compétences sous-jacentes à nos objectifs de formation et d'améliorer l'encadrement et le taux de réussite de nos étudiants, nous avons proposé aux professeurs de l'École une révision de nos programmes d'études afin de les adapter aux nouveaux courants de formation en génie et de les rendre ainsi plus attrayants. Le projet de formation propose une intégration verticale des programmes et un réaménagement des enseignements communs. Il devrait permettre à Polytechnique de raffermir sa position d'École de calibre international de formation d'ingénieurs de conception.
À partir d'un cahier des charges, un comité d'implantation a été formé avec mandat de travailler avec les équipes pédagogiques de programmes, de façon proactive, pour les aider à réaliser les objectifs du nouveau projet de formation.
L'échéancier pour la mise en place du projet permet une intégration progressive des changements aux programmes d'études et de tirer profit de la mise en service des nouveaux locaux en septembre 2005 (pavillons Lassonde). Le projet a débuté en janvier 2004 par le dépôt du cahier des charges au Conseil académique et la formation du Comité d'implantation. Le dépôt du projet de formation pour chacun des programmes et du projet détaillé pour la première année 2004-2005 se fera en novembre 2004 afin de permettre le début des enseignements de 1re année à l'automne 2005.
Ce projet prioritaire pour l'École est un véritable chantier pédagogique. Il touche directement tous les enseignants qui sont appelés à remettre en question l'ensemble de la formation de leur programme respectif. Ils doivent développer des méthodes d'apprentissages actives, utiliser les TIC comme un outil d'apprentissage moderne et considérer dans certains cas une approche par projets. De plus, l'ampleur du projet touche la majorité du personnel des services qui sera appelé à modifier ses façons de faire afin d'améliorer l'encadrement que reçoivent les étudiants.
Rappelons qu'à long terme, nous voulons continuer à raffermir l'image de l'École Polytechnique comme une institution de classe internationale qui forme des ingénieurs pouvant exercer un rôle de leader dans le monde industriel.
Pour nous assurer d'offrir à nos étudiants le plus haut degré de qualité d'enseignement, nous mettons en place de nombreux moyens d'évaluation, et ce, à tous les cycles. Entre autres, nous citons ici cinq de ces moyens où nous observons les résultats atteints.
En 1984, nous avons instauré un programme obligatoire et individuel d'accompagnement pédagogique des nouveaux professeurs. Ce programme s'échelonne durant toute la première année d'enseignement du nouveau professeur. Il comprend une formation appliquée en pédagogie universitaire, des observations en classe, des évaluations de l'enseignement par les étudiants et des discussions de ces résultats, le financement de projets pédagogiques, etc. Nous sommes l'un des très rares établissements canadiens qui ont osé inscrire, dans la lettre d'engagement des nouveaux professeurs, l'obligation de cet accompagnement pédagogique.
Nous sommes soucieux de fournir à nos professeurs les rétroactions des étudiants quant à leurs prestations d'enseignement. Tous nos professeurs sont tenus de faire évaluer leurs cours au moins une fois tous les deux ans, tel que le stipule la politique institutionnelle d'évaluation, d'amélioration et de valorisation de l'enseignement et la convention collective des professeurs. Un comité permanent, composé de représentants de toutes les parties impliquées, voit aux développements concernant l'évaluation, l'amélioration et la valorisation de l'enseignement et à faire rapport annuellement au Conseil académique.
Chaque trimestre, les conseillers pédagogiques de notre Bureau d'appui pédagogique communiquent personnellement et confidentiellement les résultats d'évaluation de l'enseignement à tous les professeurs et chargés de cours. Ils invitent ceux qui obtiennent des résultats qui méritent une attention particulière à les rencontrer afin de discuter des problématiques éprouvées et des solutions à envisager, et ce, dans un objectif d'amélioration continue.
De plus, chaque année, un « rapport d'ensemble » présentant les résultats de tous les cours évalués durant l'année écoulée est présenté. Le directeur est alors en mesure de voir les forces et les faiblesses de l'enseignement dans son ou ses programmes d'études. Il communique ces résultats aux professeurs du département et aux étudiants. Il célèbre avec eux les réussites accomplies, tout comme il discute des moyens pour pallier les difficultés observées.
Nous sommes convaincus que l'amélioration de l'enseignement nécessite des investissements financiers importants! Or dans le but d'aider les professeurs à améliorer la qualité de leurs dispositifs pédagogiques et leur matériel d'enseignement, nous mettons chaque année à leur disposition au moins 150 k$ de subventions pédagogiques distribuées par concours. Le premier, destiné à des projets pédagogiques individuels, offre des subventions de 1 k$ à 10 k$, le second, destiné à des projets d'envergure et d'équipe, offre des subventions allant jusqu'à 50 k$. En 2003-2004, nous avons exceptionnellement dégagé un montant de 230 k$ étant donné la quantité et la qualité des projets pédagogiques présentés par les professeurs. C'est ainsi que, depuis 25 ans, s'améliorent les dispositifs pédagogiques et le matériel d'apprentissage offerts à nos étudiants.
Pour mieux saisir la dynamique pédagogique de nos programmes d'études et pour prendre des décisions éclairées amenant des changements ou des améliorations, nous réalisons régulièrement des études internes, de nature académique ou pédagogique. Nos dernières études ont porté sur divers éléments notamment : les façons d'apprendre des étudiants du baccalauréat, sur la qualité de l'encadrement des étudiants aux cycles supérieurs, sur la satisfaction des diplômés et des employeurs, etc. Celles-ci ont, d'une manière ou d'une autre, influé sur les décisions de plusieurs instances académiques et mené à des améliorations.
Lorsqu'on analyse les résultats statistiques des évaluations de l'enseignement à travers les onze programmes du baccalauréat et aux cycles supérieurs, les taux de satisfaction des étudiants face à la prestation en enseignement des professeurs et des chargés de cours est très élevée, c'est leur compétence disciplinaire qui ressort le plus. La qualité de la préparation des cours, la clarté et la structure des explications, le dynamisme des enseignants comme communicateurs ressortent également de façon très forte. Enfin globalement, les étudiants affirment une satisfaction générale très élevée face aux apprentissages réalisés dans leurs cours.
De plus, aux cycles supérieurs, nous avons voulu connaître quelle était la qualité de l'encadrement des directeurs de recherche auprès de leurs étudiants. L'enquête sur l'encadrement des étudiants aux cycles supérieurs (2002) rapporte les résultats suivants : une majorité d'étudiants (75 % et plus, selon les programmes) se disent satisfaits ou très satisfaits de :
On constate cependant une variété départementale en ce qui concerne les conditions matérielles dans lesquelles doivent travailler les étudiants, l'appartenance ou non à un groupe de recherche, le financement des études et l'animation départementale d'une vie scientifique (conférenciers, réunions internes, échanges plus formels entre les étudiants des groupes de recherche, etc.). La gestion administrative des dossiers des étudiants (institutionnelle et départementale) mérite aussi amélioration. Des efforts sont actuellement entrepris pour améliorer ces derniers aspects.
La vie étudiante foisonne à Polytechnique et cela se traduit par une vitalité incroyable. Une quinzaine de comités culturels et sportifs animent la vie sociale de nos étudiants tout au long de leur parcours, et autant de comités à l'éducation s'occupent de les accompagner dans leur cheminement académique (ressources académiques et relations étudiants/professeurs). S'ajoutent les huit sociétés techniques de Polytechnique qui conçoivent et construisent des prototypes participant à de prestigieuses compétitions internationales. Nous nous faisons un devoir d'appuyer nos étudiants en leur fournissant des fonds, un espace et des équipements pour réaliser leur projet.
Comme nous vous en faisions part précédemment dans notre rapport, des comités s'intéressent également aux relations culturelles, économiques ou de solidarité entre les pays, comme le Comité international de projets outre-mer (CIPO), Ingénieurs sans frontières ou Poly-Monde. Les étudiants préoccupés par les enjeux environnementaux peuvent s'impliquer dans le Comité environnement, tandis que ceux qui souhaitent partager leur passion pour la science auprès des jeunes trouveront leur place avec Folie Technique (camp scientifique d'été pour les jeunes).
Comités culturels et sportifs
Sociétés techniques
Actuellement, nous décernons à nos étudiants des bourses totalisant 676 900 $ répartis en 232 bourses, soit 433 220 $ assignés au baccalauréat et 243 680 $ aux études supérieures. Ces bourses proviennent non seulement de l'École mais aussi d'entreprises, d'organismes, d'associations et de fondations diverses.
Reconnaissances attribuées à nos étudiants
De nombreuses reconnaissances sont offertes à nos étudiants pour souligner leur engagement à divers égards. À la fin de leurs études, leurs efforts et leur engagement sont reconnus :
Stages en entreprises
Afin d'offrir à nos étudiants une formation reflétant les réalités et les enjeux des entreprises, nous permettons à nos étudiants de toutes les spécialités d'effectuer des stages rémunérés de 4, 8, 12 et 16 mois. En 2003-2004, plus de 500 de nos étudiants ont réalisé un stage rémunéré. Dans la révision de notre projet de formation (PDF), les stages occuperont une place déterminante.
La formation d'ingénieur étant très rigoureuse, nous voyons à mettre en place des initiatives concrètes pouvant aider nos étudiants à mener à bien leurs études. À cet égard, plusieurs d'entre elles ont été mises de l'avant par notre Bureau des affaires étudiantes et notre Service de l'encadrement.
Ainsi à compter de l'automne 2004, des conférences et des activités seront organisées par le Bureau de l'encadrement pour permettre aux étudiants de se familiariser davantage avec les différentes spécialités du génie et leurs débouchés sur le marché du travail. Deux nouveaux conseillers se sont joints à l'équipe, l'un comme responsable de l'accueil et de l'encadrement des étudiants étrangers et l'autre occupe un poste de conseiller en emploi pour les étudiants des cycles supérieurs.
Devant la crise du logement sévissant actuellement à Montréal, nous avons mis à la disposition des étudiants depuis le mois de mai 2004, une banque de logements en ligne. Ce site est accessible aux locateurs/colocataires qui désirent y afficher leurs annonces et à tous les étudiants qui veulent les consulter. Des ateliers d'aide au logement sont également offerts aux nouveaux étudiants à la rentrée scolaire.
Un fonds d'urgence pour crises majeures a été créé afin de venir en aide aux victimes de situations graves et exceptionnelles. Pour les étudiants traversant une situation financière difficile ou qui font face à des besoins urgents, des bons alimentaires sont disponibles. Ces formes d'aide sont accordées après une rencontre concluante avec la conseillère à l'encadrement.
Un indicateur très important pour nous est le maintien du taux de placement de nos diplômés. Considérant la fluctuation de notre économie, nous effectuons une veille constante à ce chapitre.
Nonobstant les ralentissements économiques dans le secteur des télécommunications, des génies informatique et électrique au cours de l'année 2003, et le ralentissement économique dans le domaine manufacturier qui a eu un effet sur le placement de nos diplômés en génie mécanique et en génie industriel en 2004, 92 % de nos diplômés ont été placés 12 mois après la fin de leurs études.
Nous sommes heureux de constater que les employeurs de nos récents diplômés au baccalauréat en ingénierie sont nombreux et variés. Plus de 90 % des récents diplômés oeuvrent au sein d'entreprises de la grande région montréalaise.
Vingt-trois entreprises ont embauché plus d'un de nos diplômés au baccalauréat dans les deux dernières années (promotions de juin 2002 à mai 2004). Elles représentent 22 % des embauches de récents diplômés au baccalauréat.
Environ 20 % des finissants au baccalauréat décident de poursuivre leurs études, principalement vers la maîtrise en ingénierie.
En 2002, les 11 facultés offrant le programme d'ingénierie dans les universités québécoises (excluant l'ÉTS dont la clientèle provient des secteurs techniques) recrutaient dans un bassin de 7 485 diplômés en sciences de la nature, dont 54 % étaient des femmes.
Par ailleurs, sur une période de 9 ans (1994 à 2002), ce bassin de diplômés potentiels en sciences de la nature a diminué de 11 %, il était de 8 389 en 1994. Cependant durant la même période le nombre des diplômés en sciences de la nature se destinant au génie est passé de 1 708 à 1 992, soit de 20 à 27 % du bassin potentiel.
Polytechnique, qui occupait en 1995 30 % de ce marché, a vu sa part réduite à 19 %, en faveur d'autres universités qui ont vécu des accroissements, notamment McGill, 3 %, et Concordia, 5 %. Nous avons pu également observer que, depuis quelques années, l'Université de Sherbrooke, qui est restée sensiblement au même niveau de clientèle en génie, attirent des étudiants ayant une cote R plus élevée.
Ces constats nous ont amenés à prendre certaines actions dont le renouvellement des programmes de formation, la mise à niveau et l'agrandissement de notre infrastructure immobilière, afin de s'ajuster aux exigences technologiques actuelles, et bien entendu, la mise à jour de nos processus de recrutement.
Nous assistons actuellement à une émergence d'activités qui pourraient davantage attirer la clientèle féminine telles que les applications biomédicales du génie, il est donc essentiel pour nous de leur faire connaître les diverses possibilités de carrière du génie.
Afin de nous aider dans la promotion du génie auprès des jeunes femmes, la Chaire Marianne-Mareschal a comme mission de promouvoir le génie auprès des femmes. À cette fin, elle propose diverses activités :
Dans le cadre de nos activités de recrutement, la Chaire sera appelée à contribuer en étendant à un plus grand nombre de cégeps le programme Ingénieur d'un jour et également à promouvoir l'activité Les filles et les sciences dans les écoles secondaires.
Nous avons toujours été très présents auprès des étudiants des cégeps du Québec, et nous poursuivrons nos efforts en ce sens. Entre autres projets, nous :
À plus long terme, nous intensifierons nos activités auprès des écoles secondaires du Québec soit dans une quarantaine d'écoles auxquelles nous proposerons une visite de Polytechnique.
Depuis septembre 2004, nous mettons à la disposition de nos futurs étudiants un nouvel outil d'information et de communication : le portail interactif monavenir@polytechnique Par l'intermédiaire de ce portail, les futurs étudiants ont désormais la possibilité de faire une recherche personnalisée des programmes d'études et de la vie étudiante, de déposer une demande d'admission en ligne, d'obtenir de l'information sur l'aide financière, de recevoir des courriels personnalisés, de réserver une visite guidée ou de trouver des réponses grâce à la foire aux questions. Le portail constitue un rassemblement d'étudiants potentiels avec lesquels nous pouvons communiquer, partager des idées et établir des relations. Nous accordons une très grande importance à répondre aux besoins de nos étudiants et à établir des liens de communication continus avec eux.
À ces différentes initiatives s'ajoutent un nombre de projets importants liés à des activités de publicité, de recrutement à l'extérieur du Québec, à l'extérieur du Canada et un travail de veille de la compétition. Un plan d'action actuellement en élaboration nous assurera une cohérence de nos actions et aura l'avantage d'impliquer plusieurs de nos services, professeurs, personnel et étudiants.
Nous aimerions tout d'abord passer en revue les différents engagements pris lors de la signature du Plan de développement 2000-2003, afin de faire le point sur l'état de nos réalisations et nos préoccupations face à l'avenir.
Rappelons-nous que le contrat de performance est l'instrument par lequel les établissements universitaires et le Ministre de l'Éducation se sont associés dans la mise en oeuvre du réinvestissement d'une somme de 600 M$ dans les universités au cours de la période triennale de 2000-2001 à 2002-2003. Dans ce contrat, l'établissement précise au Ministre les objectifs, les projets, les cibles et les indicateurs de suivi qu'il se donne et les moyens qu'il entend prendre pour atteindre ses objectifs. C'est à partir de ce contrat que s'est effectué le suivi de l'atteinte des objectifs convenus.
C'est avec plaisir que nous vous confirmons que l'École Polytechnique respecte globalement les quatre engagements de son contrat de performance, ce qui ne nous empêche pas d'avoir des préoccupations tangibles à l'égard de l'avenir de notre institution. Nous vous détaillerons ces dernières un peu plus loin dans le mémoire.
Notre premier engagement était d'augmenter notre taux de diplômation au baccalauréat à 73,9 % d'ici 2008. Même s'il est trop tôt pour en prendre la mesure maintenant, nous constatons qu'un taux de persévérance de 82,1 % atteint en 2002 permet d'anticiper pour 2008 un taux bien supérieur à notre objectif initial de 73,9 %. En tenant compte des étudiants initialement inscrits à l'École, mais qui ont un diplôme dans une autre institution (10 % d'augmentation), le taux de diplômation total en 2008 serait alors supérieur à 83,9 %.
Afin d'atteindre cet objectif, l'École s'était engagée à augmenter son taux de persévérance de 2 % avant 2002-2003 et à poursuivre avec une amélioration cumulative de 5 %. Or, celui-ci est passé de 75,1 % au trimestre d'automne 1999 à 82,1 % au trimestre d'automne 2002, soit une augmentation de 7 %.
Notre deuxième engagement était d'augmenter le niveau des clientèles. Le plan d'actions de l'École prévoyait un effectif étudiant à moyen terme de 4 200 EETP. En 2002-2003 et 2003-2004, les effectifs de l'École étaient respectivement 4 418 et 4 416 EETP.
| Tableau 2 | ||
|---|---|---|
| Tous les cycles - EEETP |
| 2002-2003 | 2003-2004 | |
|---|---|---|
| Réalisations | 4 418 | 4 416 |
| Cible | 4 200 | 4 200 |
Plus spécifiquement, l'effectif aux cycles supérieurs qui était de 530 EETP en 1999-2000 est passé à 734 en 2001-2002. Nous rencontrons donc facilement l'objectif que nous nous étions fixés, soit 642 EETP en 2003.
| Tableau 3 | ||
|---|---|---|
| 2e et 3e cycles - EEETP |
| 2001-2001 | |
| Réalisations | 734 |
|---|---|
| Cible | 642 |
Toujours aux cycles supérieurs, l'avenir est prometteur et nous devrions poursuivre avec une croissance des effectifs. L'embauche de nouveaux professeurs, le déploiement massif de nouvelles infrastructures de recherche et l'agrandissement de l'École devaient contribuer à améliorer l'encadrement des étudiants et à exercer un attrait pour les étudiants en autant que les ressources permettent ce développement.
Cependant, comme nous le verrons plus loin, nous sommes préoccupés par la fluctuation de notre clientèle au 1er cycle.
Le troisième engagement était le plan de réinvestissement. Les priorités du budget de réinvestissement présenté par l'École dans le contrat de performance, que l'on peut observer au tableau suivant ont été entièrement respectées.
| Tableau 4 | ||
|---|---|---|
| Plan de réinvestissement |
| Dépenses relatives au réinvestissement 2000-2001 à 2002-2003 | |||
|---|---|---|---|
| 2001-2001 | 2001-2002 | 2002-2003 | |
| Renouvellement, recrutement et rétention du corps professoral | 1 868 000 | 2 372 039 | 3 457 904 |
| Rationalisation de l'offre de formation | 1 005 000 | 1 192 376 | 1 880 906 |
| Développement international | --- | 140 605 | 383 191 |
| TIC-appui pédagogique | 1 250 600 | 1 250 600 | 1 250 600 |
| Augmentation des activités d'encadrement, amélioration de la réussite |
74 000 | 114 990 | 203 297 |
| Soutien institutionnel-bibliothèque | --- | 35 767 | 321 949 |
| Soutien administratif | --- | 201 965 | 272 983 |
| Mise en oeuvre de stratégies d'insertion des diplômés à la vie professionnelle |
239 700 | 239 700 | 239 700 |
| Soutien institutionnel-recherche | 92 600 | 257 038 | 611 292 |
| Soutien institutionnel-enseignement | 914 700 | 1 071 520 | 1 339 778 |
| Bourses pour études à l'extérieur du Québec | 312 400 | 312 400 | 312 400 |
| Implantation du baccalauréat en génie logiciel | 130 000 | 340 000 | 530 000 |
| Total | 5 887 000 | 7 529 000 | 10 804 000 |
| Source : Plan de développement de l'École Polytechnique 2000-2003 | |||
Finalement, l'équilibre budgétaire constitue le quatrième engagement. L'École a toujours respecté une politique de budget équilibré et à la fin de l'année financière 2003-2004, l'École n'avait donc aucun déficit accumulé.
Comme vous pouvez le constater, nous avons rempli nos engagements dans le cadre du contrat de performance. De plus, vous n'êtes pas sans savoir que Polytechnique est l'une des rares institutions universitaires qui a conservé l'équilibre budgétaire au cours du temps. Ceci n'a pas été sans exercer une forte pression sur l'organisation donc un écart par rapport à ses concurrents face à l'offre de service. Laissez-nous vous le démontrer.
Sur un plan général, touchant tous les établissements offrant une formation en génie, le Mémoire déposé par le Comité des doyens d'ingénierie du Québec (CODIQ) et l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) à la Commission de l'éducation le 23 mars dernier démontrait que la formation en génie souffrait d'un important sous-financement; l'Ontario accordant 67 % de plus à ce secteur que le Québec. Par ailleurs, les coûts moyens observés en génie étaient de 26 % supérieurs à ceux du grand secteur « sciences appliquées » dans lequel le génie se retrouvait pour les fins de financement.
L'École Polytechnique étant une institution à vocation spécialisée, elle ne peut compenser la sous-évalution d'un secteur de financement par la sur-évaluation d'un autre. Il est donc primordial, par souci d'équité, de bien cibler le secteur et d'y évaluer correctement le coût de la formation des étudiants. Tel que nous l'avons montré précédemment, l'École a créé une synergie impliquant la formation des ingénieurs, la formation aux cycles supérieurs, la recherche et la valorisation. Afin de soutenir cette synergie, il est essentiel que le MEQ crée un secteur de financement propre au génie et qu'il lui attribue un coût de formation qui reflète la nécessité d'offrir au Québec une formation de qualité se comparant aux standards de pays développés.
Dans le cadre du Contrat de performance signé le 17 mars 2001, le MEQ reconnaissait indirectement la situation en versant une compensation temporaire de 5,2 M$ à Polytechnique, laquelle a été maintenue depuis sans ajustement pour l'inflation et les clientèles; ce qui représenterait un montant supérieur à 1 M$ pour 2004-2005.
Une nouvelle grille de financement des activités d'enseignement est à l'étude et pourrait vraisemblablement être implantée à courte échéance. Nous souhaitons que cette grille accorde au secteur génie et à Polytechnique les ressources nécessaires pour que l'École poursuive encore plus intensément son rôle d'agent de développement technologique et économique au Québec.
Après des années relativement prospères où divers programmes fédéraux et provinciaux - dont principalement le programme des Chaires de recherche du Canada, ceux de la Fondation canadienne pour l'Innovation / Gouvernement du Québec, ceux de Valorisation Recherche Québec - nous ont permis de développer des axes de recherche d'excellence, de recruter des professeurs d'envergure et de mieux travailler en complémentarité avec les autres universités québécoises. Toutefois, le financement de la recherche est devenu de plus en plus incertain au Québec et risque de ne pas nous permettre de capitaliser sur les développement récents et même d'en maintenir les acquis. Ainsi le manque de budget des fonds subventionnaires québécois (notamment le Fonds québécois de recherche sur la nature et les technologies (FQRNT)), la disparition annoncée de Valorisation Recherche Québec, les incertitudes quant aux programmes de la FCI, les impacts des nouvelles règles de financement des frais indirects de recherche du MEQ, les incertitudes quant au soutien continu du fédéral des frais indirects de recherche, les nouvelles normes de calcul des espaces du MEQ qui pénalisent les établissements très impliqués en recherche sont des signes inquiétants pour la recherche universitaire québécoise et tout particulièrement pour une institution très active en recherche et en formation de chercheurs qu'est l'École Polytechnique.
La recherche à l'École Polytechnique n'est pas une fin en soi, elle s'inscrit dans un cadre de formation de chercheurs et de formation par la recherche. Elle contribue non seulement au développement des connaissances mais aussi à la formation de personnel hautement qualifié dont les entreprises québécoises ont besoin, et à l'innovation technologique dont profitent des entreprises établies ou en démarrage. Il est crucial que le gouvernement du Québec maintienne un financement adéquat de la recherche universitaire afin que ses institutions universitaires, dont l'École Polytechnique, puissent continuer à jouer un rôle de premier plan au niveau canadien et international.
De façon générale, les normes de coûts du MEQ mènent à un sous-financement des dépenses encourues pour exploiter et entretenir les bâtiments et terrains. À titre d'exemple, l'École Polytechnique prévoit une dépense annuelle additionnelle de 400 k$ pour sa partie du nouveau pavillon J.-Armand-Bombardier (Technopole) qui sera décrit plus loin. Le financement du MEQ ne couvrira que 72 % des dépenses d'énergie et d'entretien de cet édifice de recherche et d'incubation technologique.
Nous avons mis en place au cours des 30 dernières années un grand nombre d'ententes internationales qui ont été formalisées au cours des ans par des accords bilatéraux. Ces ententes couvrent une vingtaine de pays dont une majorité avec des établissements français. À l'exclusion de la France, nos programmes d'échanges sont paritaires. Toutefois, nos ententes particulières développées avec la France visent des programmes de double diplômation avec des écoles de génie prestigieuses et des formations de spécialisation dans des secteurs complémentaires de nos programmes d'études. De plus, les échanges d'étudiants servent à recruter d'excellents candidats pour les études de 2e et 3e cycles tout en soutenant des activités de recherche.
Le fait que le MEQ entend graduellement changer sa politique pour n'accorder un financement que sur une base paritaire des échanges remet en question le nombre et la teneur de ces ententes internationales. L'École a besoin de temps pour réévaluer certaines ententes et prendre les mesures appropriées. À l'instar de plusieurs établissements universitaires du Québec, nous sommes d'avis que le financement de l'excédent de la parité pour les étudiants en situation d'échange, prévu à un taux de 50 % pour l'année 2004-2005, devrait être maintenu à 100 % ou à tout le moins revu à la hausse pour 2004- 2005. Dans le cas d'un changement draconien, le manque à gagner de Polytechnique serait de l'ordre de 1,5 M$.
Comme le soulignait le Mémoire CODIQ-OIQ à la Commission en mars dernier, la formation en génie est aussi en grande partie tributaire des appareils et équipements de laboratoires, de même que les équipements liés aux technologies de l'information, ordinateurs et logiciels, qui doivent être comparables à ce qu'on retrouve dans l'industrie. Le financement réel du renouvellement de ces équipements est très faible. Ainsi, en 2002-2003 et 2003-2004, il ne représente respectivement que 37 % et 44 % des besoins normatifs, situation déplorable qui perdure depuis plusieurs années. Ainsi, sur la base de ce soutien, les équipements informatiques auront une durée de vie de 10 à 12 ans et les appareils de laboratoire, une trentaine d'années.
Lors de notre dernière présentation devant les membres de la Commission de l'éducation, mon prédécesseur considérait, entre autres, comme un obstacle à la réalisation de notre plein potentiel et je cite : « le manque aigu d'espace qui nous plonge dans une crise majeure ». À cette époque, on considérait que si rien n'était fait dans cinq ans, un manque d'espace de 53 000 m2 était prévu.
Aujourd'hui, nous devons reconnaître que le gouvernement et le secteur privé ont bien répondu à l'appel et nous en sommes reconnaissants puisque d'ici 2005, nous bénéficierons des espaces nécessaires à la réalisation de notre mission par l'addition de trois nouveaux pavillons soit les pavillons Lassonde, le pavillon J.-Armand-Bombardier et le laboratoire de structures Hydro-Québec de l'École Polytechnique.
Les pavillons Lassonde qui doivent être achevés pour la rentrée de l'automne 2005, totaliseront 32 700 m2 bruts et logeront notamment les départements de génie électrique, de génie informatique et de génie des logiciels, le service informatique, la bibliothèque, plusieurs salles de cours et laboratoires informatiques, des espaces étudiants et communautaires et les services en découlant.
Le pavillon J.-Armand-Bombardier, inauguré le 17 mai 2004, d'une superficie brute de 16 800 m2 est détenu conjointement avec l'Université de Montréal. Ce bâtiment accueille des activités de recherche dans des domaines de pointe dont l'aéronautique et l'aérospatiale, les nanotechnologies, la chimie de synthèse, les matériaux mous, la pharmacologie, les biotechnologies et technologies pharmaceutiques, la préincubation et les technologies de l'enseignement.
Ces constructions sont complétées par un projet majeur qui dotera le Québec et le Canada d'une infrastructure de recherche de classe internationale des plus polyvalentes pour l'étude du comportement structural des grands ouvrages de génie civil soit le Laboratoire de structures Hydro-Québec. Dans ce laboratoire de 2 000 m2 répartis sur trois niveaux on retrouve entre autres une dalle d'essais, un mur de réaction et 8 M$ d'équipements de chargement de grande capacité qui permettront la réalisation d'essais statiques et dynamiques sur des spécimens de grande taille.
Le coût total que représente l'ensemble de ces projets de construction est de l'ordre de 165 M$. À ce jour, l'École a recueilli environ 125 M$ pour cette modernisation dont les fonds proviennent des gouvernements (78 %), du secteur privé (10 %), et de donateurs (12 %). Soulignons la contribution, entres autres, de messieurs Pierre Lassonde de Newmont Mining, Lorne Trottier de Matrox, des fondations J.-Armand-Bombardier et De Sève, et ce, sans pour autant oublier plusieurs autres donateurs.
Nonobstant le fait que les budgets de construction des pavillons Lassonde et J.-Armand-Bombardier ont été respectés, nous anticipons un manque de financement de 37 millions incluant un montant de 8 M$ d'intérêts applicable sur onze exercices financiers. Nous prévoyons l'an prochain que l'École devra assumer à même son budget de fonctionnement environ 1,1 M$ d'intérêts.
Le tableau, page suivante, montre l'évolution de certains indicateurs de l'École Polytechnique couvrant la période 1994-1995 à 2002-2003. La colonne B présente les coupures successives en pourcentage que le MEQ a imposées à l'enveloppe globale du budget de fonctionnement des universités avant d'attribuer en 1998-1999 et 1999-2000 deux augmentations ponctuelles et de procéder en 2000 au réinvestissement associé aux engagements convenus dans les contrats de performances.
On y trouve des indicateurs sur l'évolution des dépenses, des effectifs étudiants, du personnel, des professeurs et du montant des subventions.
| Tableau 5 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Évolution de quelques indicateurs | |||||||||
| École Polytechnique: Évolution des dépenses, des effectifs étudiants, du personnel, des professeurs, etc. | |||||||||
| Année | Variation de l'enveloppe |
Dépenses de fonctionnement | Effectifs étudiants - EETP | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Montant | $/EETP | Tous les cycles | 1er cycle | 2e et 3e cycles | |||||
| (MEQ) | Nombre | Indice | Nombre | Indice | Nombre | Indice | |||
| A | B | C | D | E | F | G | H | I | J |
| 1994-95 | -2,15% | 59 428 000 $ | 15 145 $ | 3 924 | 100,0% | 3 137 | 100,0% | 787 | 100,0% |
| 1995-96 | -3,26% | 56 134 000 $ | 15 515 $ | 3 618 | 92,2% | 2 906 | 92,6% | 712 | 90,5% |
| 1996-97 | -6,89% | 50 805 000 $ | 14 405 $ | 3 527 | 89,9% | 2 856 | 91,0% | 671 | 85,3% |
| 1997-98 | -6,50% | 48 781 000 $ | 15 027 $ | 3 548 | 90,4% | 2 893 | 92,2% | 655 | 83,2% |
| 1998-99 | (1) | 49 027 000 $ | 12 875 $ | 3 808 | 97,0% | 3 177 | 101,3% | 631 | 80,2% |
| 1999-00 | (1) | 53 565 000 $ | 13 516 $ | 3 963 | 101,0% | 3 390 | 108,1% | 573 | 72,8% |
| 2000-01 | (2) | 58 523 000 $ | 14 146 $ | 4 137 | 105,4% | 3 544 | 113,0% | 593 | 75,3% |
| 2001-02 | (2) | 63 492 000 $ | 14 701 $ | 4 319 | 110,1% | 3 585 | 114,3% | 734 | 93,3% |
| 2002-03 | (2) | 69 951 000 $ | 15 776 $ | 4 434 | 113,0% | 3 510 | 111,9% | 924 | 117,4% |
| Année | Subv. et contrats | Personnel - EETP | Professeurs - EETP | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Toutes fonctions | |||||||
| Montant | Indice | Nombre | Indice | Nombre | Indice | ||
| A | K | L | M | N | O | P | |
| 1994-95 | 27 790 000 $ | 100,0% | 1 037 | 100,0% | 230 | 100,0% | |
| 1995-96 | 29 698 000 $ | 106,9% | 959 | 92,5% | 218 | 94,8% | |
| 1996-97 | 28 508 000 $ | 102,6% | 966 | 93,2% | 211 | 91,7% | |
| 1997-98 | 25 999 000 $ | 93,6% | 839 | 80,9% | 210 | 91,3% | |
| 1998-99 | 25 528 000 $ | 91,9% | 823 | 79,4% | 206 | 89,6% | |
| 1999-00 | 33 068 000 $ | 119,0% | 958 | 92,4% | 212 | 92,2% | |
| 2000-01 | 39 900 000 $ | 143,6% | 1 017 | 98,1% | 211 | 91,7% | |
| 2001-02 | 46 700 000 $ | 168,0% | 1 059 | 102,1% | 218 | 94,8% | |
| 2002-03 | 48 852 000 $ | 175,8% | 1 059 | 102,1% | 223 | 97,0% | |
| (1) Augmentation de la subvention de fonctionnement (calculs définitifs). |
|||||||
| (2) Réinvestissement (Contrat de performance). |
L'encadrement des étudiants passe en tout premier lieu par un corps professoral performant devant remplir à la fois des fonctions d'enseignement, de recherche et de rayonnement. Durant les compressions successives à la fin des années 90, on peut constater au tableau 5 que l'École a été forcée de réduire le personnel (voir colonne N) et le nombre de professeurs (colonne P) afin de maintenir le déficit zéro. Pour une augmentation de 13 % (colonne F) des EETP le nombre de professeurs n'est pas encore au niveau de ce qu'il était en 1995-1996. Le graphique page suivante montre l'encadrement moyen exprimé en EETP par professeur pour des étudiants au 1er cycle, aux cycles supérieurs et à tous les cycles.
|
Graphique 3 Charge professorale en EETP/prof |
L'encadrement moyen à tous les cycles est encore plus significatif lorsqu'on considère l'encadrement moyen aux cycles supérieurs. Si les cours et certaines activités d'enseignement peuvent être partagés entre les professeurs, l'encadrement aux cycles supérieurs demeure une initiative du professeur, générée par ses activités de recherche, et le partage de la charge d'enseignement d'un professeur doit tenir compte de cet encadrement. L'encadrement actuel de 4,3 EETP/professeur aux cycles supérieurs est élevé. Considérant que le nombre absolu d'étudiants constitué de ceux en scolarité de programme, en rédaction recherche et en prolongation d'études est supérieur au nombre des EETP, le niveau d'encadrement actuel des professeurs actifs en recherche exerce donc une pression sur l'encadrement au 1er cycle et il est nécessaire d'y remédier.
Ainsi, il y a eu très peu d'embauches à la suite des départs à la retraite. Ce qui a eu les conséquences suivantes:
L'enquête annuelle du Comité canadien des doyens d'écoles d'ingénierie et de sciences appliquées (CCDISA), publiée en septembre 2003, indique que le ratio EETP pondéré/professeur est de 30,12 pour l'École Polytechnique en comparaison de 27,44 pour le Québec et de 27,64 pour le Canada.
Ce ratio attribue une pondération de 1, 2 ou 3 selon que l'étudiant soit inscrit au baccalauréat, à la maîtrise ou au doctorat. Ce ratio comparatif nous mène donc à la même urgence institutionnelle, soit l'amélioration de l'encadrement en poursuivant un plan de développement du corps professoral. Ce plan doit s'appuyer sur un objectif cible. Bien sûr, Polytechnique pourrait s'appuyer sur les taux d'encadrement qui prévalent dans des Écoles d'ingénieurs avec lesquelles elle a des échanges (par exemple, le Réseau des Écoles des Mines de France a un taux de 6 EETP/professeur) ou encore MIT ou Harvard avec des taux inférieurs à 10 EETP/professeur). Dans l'état actuel des finances du Québec, nous croyons qu'un objectif cible de 18 EETP/professeur est raisonnable à moyen terme.
C'est dans ce contexte, prévoyant le départ de 10 professeurs par année, que l'École se propose d'engager 60 professeurs au cours des trois prochaines années. De plus, il faut prévoir pour l'ajout net d'un professeur, un soutien départemental et des services qui correspond à 2 employés.
La politique de l'École de maintenir le « déficit zéro » combinée au mécanisme du MEQ, qui consistait à corriger le financement pour la variation des EETP selon les dépenses observées, a contribué à diminuer le financement du génie et par conséquent à la détérioration des indices de mesure de la qualité.
Vous pouvez constater que pour l'École Polytechnique ce réinvestissement correspond plutôt à un rattrapage partiel. En effet, la colonne D (tableau 5) indique que les dépenses de fonctionnement par EETP en 2002-2003 sont à peine supérieures à celles de 1995- 1996 et si l'on tient compte de la proportion plus élevée des étudiants aux 2e et 3e cycles en 2002-2003 et de l'inflation, le niveau de financement n'était pas encore en 2002-2003 celui de 1995-1996.
Considérant la compétitivité nationale et internationale, l'évolution des revenus de l'École et la nécessité de s'adapter aux changements technologiques rapides, nous considérons qu'il est urgent d'augmenter le budget de fonctionnement et appuyons totalement la demande de la CRÉPUQ pour un réinvestissement de 375 M$ dans l'enveloppe totale du budget de fonctionnement des universités du Québec.
Depuis notre dernière invitation à comparaître devant la Commission, tout a été mis en oeuvre pour que les forces de l'institution servent à inciter notre communauté à innover, à s'adapter et à se dépasser comme elle l'a toujours fait, afin de préciser une vision d'avenir à l'intérieur des balises suivantes :
Une École d'ingénieurs de calibre mondial réputée comme telle sur le plan international, bien implantée dans son milieu où elle serait reconnue pour la qualité et pour la valeur ajoutée de sa formation à tous les cycles, misant sur sa capacité à innover sur les plans de l'enseignement, de la recherche et sur l'intensité de ses partenariats avec le milieu industriel ainsi que sur l'efficience de ses processus de gestion.
Pour concrétiser cette vision d'avenir, l'École veut réaliser un certain nombre de priorités institutionnelles, soit :
Dans un contexte d'équilibre budgétaire, l'atteinte des objectifs et la réalisation des priorités institutionnelles nécessitent un accroissement des ressources financières de l'École.
Le budget 2004-2005 qui sera présenté au Conseil d'administration sera équilibré. Pour ce faire, l'excédent de 2 M$, découlant de circonstances exceptionnelles durant l'exercice 2003-2004, sera appliqué au budget 2004-2005. C'est donc dire qu'avant même de considérer l'augmentation des dépenses pour 2005-2006, l'École sera déficitaire de 2 M$.
Afin de réaliser les priorités institutionnelles identifiées ci-dessus et poursuivre son développement, l'École doit absolument miser sur un réinvestissement gouvernemental. Le tableau ci-dessous établit les dépenses additionnelles prévue pour les années 2005- 2006 à 2007-2008 afin d'effectuer le développement du corps professoral et absorber les coûts additionnels pour la prise en charge des nouveaux édifices et le maintien des nouvelles approches d'encadrement découlant du projet de formation (PDF). Par ailleurs, on suppose ici que les augmentations de salaires et les coûts de systèmes seront pleinement compensés hors d'un réinvestissement. De même, on ne tient pas compte expressément des incidences potentiellement négatives de certains éléments de la politique de financement présentés à la section 6.2.
| Tableau 6 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Analyse du réinvestissement requis à l'École Polytechnique |
| Année | Excédent des dépenses |
Professeurs | Personnel de soutien |
Immobilier | Entretien | Soutien | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nouveaux | Départs | Coût net |
Frais d'intérêt |
Frais excédent. |
Ens. & rech. |
|||||||
| Nb | Coût | Nb | Coût | Nb | Coût | Coût | Coût | Coût | Total | |||
| M$ | M$ (Cumul.) |
M$ (Cumul.) |
M$ (Cumul.) |
M$ (Cumul.) |
M$ | M$ | M$ | M$ | ||||
| a | b | c | d | e | c - e | g | h | i | j | k | l | |
| 2005-06 | 2,00 | 20 | 1,80 | 10 | 1,33 | 0,47 | 20 | 0,90 | 1,10 | 1,00 | 1,10 | 6,57 |
| 2006-07 | 2,00 | 20 | 3,60 | 10 | 2,66 | 0,94 | 20 | 1,80 | 1,10 | 1,00 | 1,15 | 7,99 |
| 2007-08 | 2,00 | 20 | 5,40 | 10 | 3,99 | 1,41 | 20 | 2,70 | 1,10 | 1,00 | 1,20 | 9,41 |
| Total | 6,00 | 60 | 10,80 | 30 | 7,98 | 2,82 | 60 | 5,40 | 3,30 | 3,00 | 3,45 | 23,97 |
|
Indicateurs: b) Plan d'embauche des professeurs pour les trois prochaines années (20 professeurs par année) c) Basé sur un salaire moyen: 75 000$ + 21% = 90 000$ d) Basé sur un salaire moyen: 110 000$ + 21% = 133 000$ g) Personnel de soutien additionnel pour appuyer la formation (deux personnes par nombre de postes additionnels de professeur) h) Basé sur un salaire moyen: 37 000$ + 21% = 44 800$ i)Frais additionnels constitués par le remboursement des intérêts sur les nouvelles immobilisations j)Frais additionnels hors normes ou excédentaires pour l'entretien de certaines immobilisations (laboratoires) k) Frais additionnels de 5 000$ par professeur pour soutenir l'enseignement, des projets d'encadrement des étudiants et accélérer le démarrage des nouveaux professeurs en recherche | ||||||||||||
Sur la base 2004-2005, le réinvestissement proposé pour les trois années 2005-2006 à 2007-2008 représente 23,97 M$ et porterait, toujours sur la même base, les dépenses de fonctionnement à 87,4 M$ en 2007-2008 pour un soutien de 19 800 $/EETP se comparant à 15 145 $/EETP en 1994-1995. Il s'agirait donc, sur une base annuelle, d'un accroissement d'à peine 2,7 % inférieur au taux d'inflation applicable au secteur universitaire.
Nous arrivons donc au terme de la présentation de notre mémoire. Notre objectif était de vous rappeler l'implication de l'École Polytechnique, depuis sa création, au développement du Québec, de vous démontrer son potentiel futur et d'établir la nécessité d'un réinvestissement qui lui permette de réaliser sa vision d'avenir.
Nous nous en voudrions de terminer sans souligner la contribution de nos professeurs et de notre personnel à la réalisation de la mission de notre institution, ce qui fait que l'École Polytechnique, c'est :
« Le génie et rien d'autre. »
| mis à jour le 2004-10-05 |