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Vous avez un projet, pensez d'abord acceptabilité sociale

11 décembre 2017


C’est  beau avoir des projets aux retombées économiques lucratives et qui, en plus,  respectent l’environnement. Pourtant, petit conseil : mieux vaut prendre en compte dès le départ le facteur acceptabilité sociale dans les communautés concernées avant de commencer quoi que ce soit.

C’est ce que recommande fortement la présidente et directrice générale du Centre interuniversitaire de recherche en analyses des organisations (CIRANO), Nathalie de Marcellis-Warin, qui s’intéresse à la gestion des risques et à la théorie des décisions. Professeur titulaire à la Polytechnique de Montréal, Mme de Marcellis-Warin animait la 6e conférence Acceptabilité sociale, présentée par les Événements Les Affaires, le 29 novembre dernier, à Montréal.

Les enjeux qui sont les moins socialement acceptables

Depuis 2011, elle et son équipe ont réalisé à trois reprises un baromètre sur la perception de risques des Québécois. Parmi les constats du CIRANO : Les centrales nucléaires, la consommation d'aliments contenant des OGM et l'utilisation des produits chimiques par les industries font partie du top trois des enjeux que les Québécois considèrent comme le moins socialement acceptable.

Remarquez, a-t-elle souligné, depuis la tragédie de Lac-Mégantic à l’été 2013, la population manifeste beaucoup plus d’intérêt et de préoccupation pour tous les enjeux liés au transport et à la gestion des matières dangereuses.

Elle souligne qu’au lendemain de la Commission Charbonneau, la corruption demeure toujours parmi les grandes préoccupations des Québécois. « Comme le sont aussi les débordements aux urgences et l’accès aux soins de santé», a-t-elle ajouté.

Dichotomie entre les citoyens et les élus

Le dernier baromètre révèle par ailleurs une grande dichotomie entre les élus et les citoyens. « Les élus, a-t-elle indiqué, ont le sentiment à plus de 80% qu’ils consultent adéquatement la population lorsqu’il est question de nouvelles infrastructures ou autres projets qui les concernent.» La réponse est toutefois aux antipodes chez les citoyens. « Seulement le quart d’entre eux considèrent avoir été consultés. En fait, plus de la moitié (53%) soutiennent ne pas être consultés du tout par leurs élus», a souligné Nathalie de Marcellis-Warin.

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Source : Les affaires, 5 décembre 2017