International : Étudiant de Polytechnique
Simon Jean-Yelle anecdotes

Universidad Politécnica de Madrid, Année 2006-2007
En juillet dernier, alors que j’arrivais d’Espagne, mes amis et connaissances que je n’avais as vu depuis 1 an me demandaient souvent : “Alors, c’était comment ton échange à Madrid? Racontes-moi!” Et moi, bouche bée, je répondais bêtement : « Ben c’était pas pire là, pas mal cool… » C’est tout, t’as rien d’autre à dire? Des fois, t’aimerais ça pouvoir dessiner une boîte, et dire : « ben voilà, mon échange est à l’intérieur. » En fait, aussi stupidement qu’il m’était impossible de savoir quoi répondre à la question directe, j’ai parlé sans cesse de l’Espagne durant au moins 3 mois, à la American Pie, du genre And one time, when I was at band camp in Spain…Et quand mes parents, mes amis, mes colocs en ont eu assez de m’entendre répéter mes histoires hispaniques, restaient plus que ceux qui étaient partis eux aussi en échange, et les connaissances de Madrid avec qui j’avais gardé le contact par Internet.
Pour rencontrer des gens, il n’y a rien comme partir à l’étranger. Une ville comme Madrid regorge d’étudiants de toutes nationalités, en stage ou en échange pour 3, 6 ou 10 mois. On se retrouve à avoir un horaire surchargé de sorties, un peu irréel d’ailleurs. Après le premier mois d’échange, trois semaines après avoir trouvé un appartement, un soir que je finissais de souper avec mes 2 colocs, des toulousains qui suivaient avec moi un cours d’espagnol, on s’est rendu compte qu’on avait rien de prévu pour la soirée. Pour la première fois en trois semaines, on est resté tranquillement à l’appartement pour écouter un film, puis au lit à minuit, et sans aucun bruit. Le choc était fort, on s’est rendu compte qu’on avait un mode de vie un peu fou, et ça a fait du bien de passé ne pas sortir pour un soir. Le lendemain c’était reparti.
Évidemment, on s’est bel et bien calmé à un moment donné, vers la fin de décembre avec les travaux et examens qui commençaient à demander davantage d’attention. Les cours en espagnol, c’est chaud au début, et puis tranquillement, sans s’en rendre compte, ça finit par bien passer. Par contre, après en avoir discuté un peu avec d’autres échangistes partis en Suède, Chili ou République Tchèque, à Madrid les professeurs ne font pas de cadeaux aux étudiants étrangers. Les cours durs à Poly, ils sont durs aussi à Madrid. J’ai longtemps hésité à prendre le cours d’ondes électromagnétiques dans ma faculté d’échange, vu que les étudiants espagnols me disaient que c’était le cours le plus dur de leurs 5 ans d’études. Et bien, j’aurais dû les écouter.
Dans mon cas, et c’est un peu particulier, j’ai eu la chance de faire un stage durant mon séjour, ce qui m’a donné un peu d’argent de poche pour voyager (et la conscience plus tranquille que j’hypothéquais plus la maison de mes parents), une très bonne expérience de travail et finalement beaucoup moins de temps libre. Il s’agissait d’une compagnie d’ingénierie qui cherchait un Canadien pour développer des projets dans notre beau pays nordique. Il voulait un étudiant en ingénierie parlant un peu espagnol et connaissant surtout le pays, ainsi que la langue (français et anglais). Vu que j’étais à peu près le seul Canadien à ce moment là, j’ai sauté sur l’occasion. En fait j’ai énormément hésité, vu que je trouvais ça un peu fou de faire un stage en échange, mais aujourd’hui après avoir échoué des cours, perdu un peu de temps pour voyager (pas vraiment beaucoup, j’allais pas à mes cours mais je voyageais quand même) parce que je travaillais, je ne regrette quand même pas ce stage, qui m’a apporté beaucoup.
Des voyages, j’en ai fait beaucoup, mais vraiment pas assez. L’Italie, l’Allemagne, le nord de l’Afrique, j’ai rien eu le temps de visiter. Pourtant, durant les 3 derniers mois d’échange, durant les fins de semaines j’étais plus souvent à l’étranger qu’à Madrid, alors la seule chose que je retiens de tout cela, c’est que je dois repartir bien vite pour voir ce qu’il me reste à voir.
J’ai été à deux reprises à Tarifa, le point le plus au sud de l’Espagne. Les journées claires, ont voit le Maroc à l’horizon. Les journées claires sont rares, vu que c’est un des endroits les plus venteux au monde, ce qui en fait un très bon endroit pour faire de la planche à voile. Et en tant qu’amateur, je peux vous dire que j’en ai eu pour mon argent! Sur la photo, derrière moi se trouvait l’océan Atlantique, et devant moi, la mer Méditerranée, qu’on ne voit pas sur la photo. Il s’agit en fait du détroit de Gibraltar, où les deux masses d’eau se rencontre.
Cet article a été publié dans le Polyscope, Journal des étudiants de l’École Polytechnique de Montréal, à l’automne 2007 (www.polyscope.qc.ca).