International : Étudiant de Polytechnique
Alexandre Cooper
De la France…au Japon!
Génie Physique
Programme d’échange menant au double diplôme
École Polytechnique (X), Paris, France, 2006-2008
Avoir la possibilité de partir à l’étranger tout en poursuivant ses études est sans contredit une opportunité unique dont il faut savoir reconnaître toute la valeur. Selon les intérêts de chacun, les motivations pour compléter un échange sont diverses et variées : volonté de découvrir une culture qui nous intrigue, d’apprendre une nouvelle langue, de relever un défi intellectuel ou bien d’enrichir son parcours professionnel, etc. Dans tous les cas, le fait de partir à l’étranger se pose comme un défi personnel pour lequel on est prêt à s’investir à fond afin d’en tirer pleinement profit.
Toutefois, de nombreuses raisons peuvent nous amener à douter de notre volonté même de partir: aspect financier, nécessité de quitter ses proches, peur de créer une brisure au niveau de sa formation, peur de se retrouver seul ou de rencontrer des difficultés d’adaptation, etc. Il existera toujours des raisons suffisamment bonnes pour nous convaincre de ne point partir et nous empêcher de faire le saut ultime. Il vient cependant un moment où il faut écouter sa volonté et passer outre les contestations de la raison. Sachez que les programmes offerts sont très flexibles et qu’il est toujours possible de construire un projet qui prend en compte nos différentes contraintes.
Le Grand Uniforme de l’X
Pour ma part, le dilemme qui m’a longtemps tracassé avant de partir pourrait se résumer de la sorte : « Pourquoi aller chercher ailleurs ce que je pourrais très bien trouver ici tout en risquant de perdre ce que j’ai si durement tenté de construire? » Après réflexion, j’en suis venu à croire qu’il ne faut pas appréhender le changement et la nouveauté comme une menace mais bien comme une occasion unique de se développer et de prendre confiance. Le fait de partir n’implique en aucun cas la nécessité de tout abandonner derrière soi. On quitte certes, mais toujours dans l’optique de revenir éventuellement afin de relancer nos différents projets mis de côté pour un certain temps avec de nouvelles idées et une nouvelle motivation.
Au cours de ma première année d’études en génie physique à Polytechnique Montréal, j’en suis venu à prendre la décision de partir à l’étranger. Cela m’a donc amené à préparer le concours d’entrée pour l’École Polytechnique, surnommé l’X, afin de compléter ma formation en France dans le cadre du programme d’échange menant au double diplôme. L’école étant sous le statut militaire, j’ai eu l’honneur de porter le Grand Uniforme lors des cérémonies officielles, ce qui m’a entre autres amené à défiler sur les Champs-Élysées lors de la fête nationale française.
Pour tout dire, l’immersion a été complète et totale et j’ai bien eu tord de croire qu’aucune différence culturelle n’existait entre la France et le Québec. Simplement au niveau des relations humaines, de nombreuses différences existent notamment au niveau de l’amitié, du sens de l’humour, de la hiérarchie, etc. Du point de vue scientifique, l’expérience a été des plus enrichissante, la qualité des cours scientifiques et des professeurs étant indiscutables. Le système d’enseignement étant essentiellement multidisciplinaire, fortement théorique et profondément axé sur les mathématiques, il va sans dire que la transition n’a pas été des plus faciles. Néanmoins, cela m’a amené à remettre en question mon processus de raisonnement, de prendre conscience de toute l’importance d’être polyvalent et de savoir jongler avec les différentes représentations afin de créer rapidement des liens entre les concepts et ainsi être en mesure de résoudre efficacement une situation problématique. Plus encore, mon arrivée en France a été l’occasion de débuter de nombreuses activités dont la pratique du handball et l’apprentissage du japonais. Cela m’a notamment conduit à me rendre au Japon au cours de l’été afin d’y compléter un stage linguistique suivi d’un stage ouvrier sur une ferme laitière.
Alexandre Cooper et Hubert Reeves
Ce que je retiens le plus de mon expérience en France est qu’il est nécessaire d’être constamment attentif aux occasions qui se présentent à nous et ne pas craindre d’expérimenter dans la mesure où on ne peut jamais être certain des chemins sur lesquels nos choix vont nous mener. Au départ, on croit avoir une vision assez claire de l’échange mais rapidement on réalise que notre vision était complètement erronée. Nos objectifs évoluent constamment à mesure que nous prenons confiance et apprenons à mieux nous connaître. Cela peut parfois nous amener sur des chemins inusités, rencontrer des gens qui nous marqueront ou nous guideront sur de nouvelles voies et vivre des expériences qui modifieront complètement notre vision de l’avenir. Le propre de la jeunesse n’est-il pas de savoir prendre des risques dans l’optique de former au mieux son caractère? Et si nous ne le faisons pas maintenant, alors que nous sommes étudiants avec très peu de contraintes à gérer, quand le ferons-vous?
Pour tout dire, je crois que le fait de partir à l’étranger permet surtout d’être confronté à de nouvelles valeurs, de nouvelle conception du monde et de l’existence. Cela nous pousse à nous questionner, à remettre en cause nos valeurs et nos pensées les plus profondes. Je crois que le fait d’être ainsi dépaysé nous amène à considérer sous un angle nouveau la vision que l’on se fait de soi-même. À mesure qu’on apprend à se connaître, on prend confiance et on en vient à accepter ce que l’on est et ses ambitions profondes. Alors que nous prenons conscience des motivations qui nous animent, nous prenons conscience de nos capacités et des choix dont nous sommes prêts à assumer afin de mener à bien nos différents projets et d’affronter l’avenir avec confiance.
Dans tous les cas, sachez qu’il vaut la peine de réfléchir sérieusement à la possibilité d’aller étudier à l’étranger. Quoi de mieux que de voyager tout en ayant la chance de poursuivre ses études? Et quoi de plus facile que de découvrir le monde alors qu’on est en voyage? L’Europe a de cela de magnifique qu’on peut s’y balader à souhait sans trop de soucis. Il se peut que, lorsque vous aurez vraiment envie de partir, il sera trop tard pour le faire. Si l’idée vous traverse l’esprit, vous pouvez déjà dresser la liste des endroits qui vous attirent et chercher à fixer les objectifs d’un tel échange. Quel sens voulez-vous donner à votre formation? Qu’est-ce que vous recherchez profondément? Dès lors, n’hésitez pas à poser des questions, recueillez les commentaires et l’information afin de donner sens à votre projet. N’oubliez jamais que d’autres étudiants l’ont fait avant nous et qu’ils n’attendent que d’être sollicités pour vous donner leurs impressions et vous conseiller. Commencez dès maintenant à réfléchir à votre propre projet et je peux vous assurer que vous ne le regretterez pas!