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Projet PC2 - 9 étudiants de Poly ont participé aux missions humanitaires

Source : NOUVELLES

Pour ses missions de l’été 2016, Projet PC2 a envoyé sa plus grande délégation depuis la fondation de l’organisme. Neuf membres ont quitté Montréal le 7 juillet dernier pour deux mois en Haïti, ce qui a permis de déployer trois équipes de mission afin d’offrir des formations à plus de communautés locales.

Projet PC2 a réalisé du 11 juillet au 26 août sa dixième mission humanitaire. Projet PC2 est un organisme à but non lucratif fondé et dirigé par des étudiants de Polytechnique Montréal. Sa mission est de se rendre dans différents pays en développement pour outiller les bénéficiaires afin qu’ils puissent eux-mêmes contribuer à l’amélioration de la santé, de l’éducation et de l’environnement dans leur pays, en donnant une seconde vie au matériel informatique et médical et en offrant des formations sur l’utilisation et la maintenance de ces équipements.

Le projet de séjour en Haïti s’est divisé en deux volets : médical et informatique. La mission médicale a eu lieu dans le sud-est de l’île à l’Hôpital St-Michel de Jacmel. Projet PC2 en était à sa troisième mission à l’Hôpital St-Michel toujours en collaboration avec la Croix-Rouge canadienne et l’Hôpital St-Justine de Montréal. Cet été, deux membres ont été envoyés sur les lieux, où ils ont offert différentes formations pendant huit semaines. Afin d’assurer la pérennité de leur travail, les membres de Projet PC2 invitent non seulement les techniciens, mais aussi le personnel des différents départements de l’hôpital à participer au programme du séjour. Le principal objectif de ce volet est d’offrir des formations sur l’entretien et la gestion des équipements médicaux.

Quant au volet informatique, celui-ci est mobile et les membres de l’équipe se sont déplacés dans différentes institutions à travers l’Île d’Haïti. Le mandat de l’équipe était de mettre sur pied des laboratoires informatiques dans des écoles ou centres communautaires et offrir des formations à la communauté locale. Il s’agissait d’une mission éducative et son objectif principal était de sensibiliser les communautés à l’intégration des technologies de l’information dans l’éducation.

Témoignage

Voici un témoignage que nous a fait parvenir Jérôme Harrison, finissant en génie biomédical à Poly et coresponsable de la mission, alors qu’il était à Jacmel, Haïti, à l’approche de la fin de la mission.

« Depuis notre arrivée au pays que l’on surnomme « La Perle des Antilles » le 7 juillet dernier, nous ne cessons de combiner travail acharné, rencontres inspirantes et aventures déroutantes. Le lendemain de l’atterrissage, nous quittions déjà la vibrante Port-au-Prince pour rejoindre la deuxième ville du pays, le Cap-Haïtien. C’est en fait tout près de l’emplacement où s’est déroulée la bataille de Vertières, connue comme la dernière bataille qui a mené à l’indépendance d’Haïti en 1804, que nous avons déposé nos valises pour une durée de quatre semaines.»

« Nous avons pu offrir à notre partenaire, le Centre Multimédia Communautaire de Vertières, un total de trois semaines de formation sur l’utilisation de la suite Libre Office. Grâce au travail effectué à Montréal, nous avons pu, pour une deuxième année consécutive, déployer un ensemble de dix mini-ordinateurs que nous surnommons « Class in a Case ». L’ajout de ces postes a permis d’offrir nos formations à plus de quarante membres du centre communautaire. En échange, les jeunes du centre et les organisateurs nous ont offert un accueil chaleureux, des expériences mémorables et, bien entendu, des amitiés inestimables. Ce séjour au Cap-Haïtien a également permis à deux membres de l’équipe de retourner au collège Regina Assumpta pour poursuivre un travail en collaboration avec le Groupe de Réflexion et d’Action pour une Haïti Nouvelle (GRAHN). Ce dernier consistait en l’installation d’une salle informatique composée de Raspberry Pi et branchée sur un réseau WiFi permettant l’accès à plusieurs pages internet malgré l’absence de connexion.»

« Forts de la première partie de notre séjour, nous nous sommes séparés en deux équipes de trois au début du mois d’août pour poursuivre notre programme de formation à Jacmel et à Lhomond, toutes deux situées dans la péninsule sud d’Haïti. C’est à ces deux endroits que nous nous affairons présentement à transmettre nos connaissances en informatique, à perfectionner notre créole et à combattre la chaleur accablante à laquelle nous semblons nous habituer davantage chaque jour.»  

« À l’approche du départ vers Montréal, nous sentons que notre travail a fait une différence et que nous sommes en voie d’atteindre nos objectifs. D’un côté plus personnel, nous pouvons déjà dire qu’Haïti nous manquera assurément. Nous avons eu la chance de goûter à la vraie vie haïtienne, que ce soit perchés au bout d’un tap-tap ou accrochés à la vie lors d’une balade agitée en taxi-moto. Du konpa à la bannann peze en passant par le rhum Barbancourt, les montagnes escarpées et les plages idylliques, la culture haïtienne a su nous charmer et nous donner une autre vision de ce pays hautement médiatisé. Pour cette expérience inoubliable et ces souvenirs plein la tête nous tenons à te dire : Mèsi anpil Ayiti cheri !»

Outre Jérôme Harrison, l’équipe des missions de l’été 2016 était composée de Madina Ladjali, étudiante en quatrième année de génie industriel et coresponsable de la mission; Sabrina Moisan étudiante de deuxième année en génie biomédical et responsable de la logistique; Annie-Pier Lavallée, étudiante en troisième année en génie biomédical et responsable des formations du volet médical; Hatim Belgharbi, étudiant en première année en génie biomédical et responsable des formations du volet informatique; Camille Larose, finissante en génie biomédical et responsable du financement et du budget; Camila Haas, étudiante en génie biomédical, membre de l’équipe du volet médical; Salim El Salim El Mernissi étudiant en génie industriel et membre de l’équipe du volet médical; Colombe Motcho, étudiante en génie des mines et membre de l’équipe du volet informatique.


L’équipe du Projet PC2 au moment du départ vers Haïti, au début juillet. De gauche à droite, 1re rangée: Colombe Montcho, Sabrina Moisan; 2e rangée: Camille Larose, Madina Ladjali, Jérôme Harrison, Camila Haas, Annie-Pier Lavallée, Hatim Belgharbi et Salim El Mernissi.

Collaboration et réseau de contacts

Étant un projet rassembleur, cette mission humanitaire implique plusieurs collaborateurs. L’équipe a été encadrée par des professionnels provenant d’organismes de renom tels quel la Croix-Rouge canadienne et l’organisme Collaboration Santé internationale. Les membres sont donc appelés à entretenir des relations professionnelles avec un réseau de contacts formé de gens issus de différents milieux. Ils sont donc amenés à réseauter avec une multitude de partenaires autant à Montréal qu’en Haïti. L’établissement d’un réseau de contacts élargi est non seulement bénéfique pour chacun des membres, mais également pour les activités futures de l’organisme.

Tout en favorisant l’apprentissage professionnel des participants, la mission entraînera immanquablement des retombées positives sur les communautés visées. Il est attendu que l’action de l’équipe de mission de Projet PC2 dans chacun des établissements sert de levier pour permettre non seulement de donner de meilleurs outils à plusieurs professionnels (technicien de l’hôpital, professeur en informatique dans les écoles ou centres communautaires, etc.), mais aussi de sensibiliser le plus d’acteurs possible à l’importance de l’utilisation de l’outil informatique et aux saines méthodes de gestion.

Plus spécifiquement, du côté de la mission médicale, il est attendu que l’atelier de génie biomédical soit beaucoup plus autonome et, par le fait même, plus efficace. La sensibilisation faite auprès des utilisateurs des équipements médicaux et électriques vise également à désengorger les ateliers de réparation.

Les membres de la mission informatique, quant à eux, s’attendaient à pouvoir intégrer les communautés visées dans le but d’adapter le niveau de leur formation aux attentes des étudiants. Il est certain que l’équipe visait à former le plus de monde possible, mais elle misait surtout sur la qualité des formations pour assurer la pérennité du projet.

Ce projet a été réalisé grâce au soutien de l’Office Québec Amériques pour la jeunesse (OQAJ), dans le cadre du programme Études, stages et projets étudiants de LOJIQ (Les Offices jeunesse internationaux du Québec).


Madina Ladjali, Colombe Montcho, Camila Haas et un groupe de formation de la communauté de Lhomond.

Merci à LOJIQ de nous avoir permis de reproduire une bonne partie de cet article.

Pour en savoir plus

Projet PC2 sur Facebook

Polytechnique donne des ailes aux projets de l’industrie aérospatiale

Par Mario Masson
15 mai 2016 - Source : Magazine Poly  | VersionPDFdisponible (Printemps 2016)

 
Depuis 1984, le nombre d’emplois dans le secteur aérospatial montréalais, est passé, selon les statistiques établies par le CAMAQ, le Comité sectoriel de main-d’œuvre en aérospatiale du Québec, de 22 000 à plus de 40 000. et ce, malgré les événements dramatiques qui ont affecté l’industrie aérienne durant cette période, tels que les deux guerres du golfe persique, la crise du SRAS, deux crises financières majeures et les actes terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

Polytechnique, par la pertinence et la diversité de ses activités de recherche comme par sa formation de pointe, contribue depuis une quarantaine d’années à faire de Montréal une importante plaque tournante du secteur aérospatial mondial. Des acteurs du domaine nous offrent ici un éclairage exclusif sur quelques-uns des très nombreux projets réalisés par les équipes de Polytechnique.

Commande de systèmes pour stabiliser les objets volants

Ingénieur diplômé d’ISAE-SUPAERO, l’une des meilleures écoles d’aéronautique et d’espace en Europe, David Saussié est devenu professeur adjoint au Département de génie électrique de Polytechnique Montréal après son doctorat réalisé en cotutelle à Polytechnique et ISAE-SUPAERO. Dans ses cartons, plusieurs axes de recherche, mais il y en a un qui retient davantage l’attention, car il est essentiel à tous les autres : la commande des systèmes aéronautiques et spatiaux pour les avions, les hélicoptères et même les lanceurs de satellites, comme la fusée Ariane. Il y a aussi les drones, dont on parle de plus en plus.

La commande des systèmes est à la base de tout; c’est ce qui permet à un avion ou à un drone d’assurer sa stabilité et sa performance en vol. David Saussié donne l’exemple du pendule inverse. « Prenez un balai et essayez de le tenir à la verticale sur le bout de votre doigt. Votre main est en constant mouvement pour assurer qu’il ne tombe pas. Vous le stabilisez. C’est cela qui m’intéresse : assurer la stabilisation des objets volants, donc leur stabilité pendant le vol. D’ailleurs, ce problème de balai sur la main se rapproche complètement de la stabilisation d’un lanceur spatial le long de sa trajectoire. »

Cette stabilité est encore plus importante quand il n’y a pas de pilote à bord, comme c’est le cas avec un drone. Tant qu’il y a un opérateur pour assurer le vol du drone  avec sa console mobile de téléguidage, les choses se passent correctement. Mais dès lors qu’on lui demande des tâches supplémentaires, ça se complique. Par exemple, survoler une municipalité et prendre des photos en même temps. Pour libérer l’opérateur, David Saussié travaille sur des systèmes de contrôle plus sophistiqués, de manière à améliorer les performances et la robustesse des lois de commande face aux incertitudes. Pour cela, il faut des algorithmes plus performants. « Pour ajuster ces algorithmes, il faut analyser les systèmes concernés sous un angle mathématique, en particulier les modéliser et les simuler. On n’a pas tout le temps le loisir d’utiliser de vrais avions ou de vrais drones, n’est-ce pas? »

David Saussié est en train de monter le Laboratoire de robotique mobile et des systèmes autonomes. Son objectif : développer l’autonomie des systèmes automatisés, en particulier ceux capables d’évoluer dans des environnements partagés avec des humains. Il est coresponsable de ce laboratoire avec les Prs Richard Gourdeau, spécialiste des commandes appliquées à la robotique et l’automation, et Jérôme Le Ny.

Les systèmes intelligents aiguisent leurs sens

Avant de se joindre au Département de génie électrique à Polytechnique, le Pr Jérôme Le Ny était chercheur post-doctorant en robotique et en systèmes embarqués à l’Université de Pennsylvanie. Auparavant, il avait réalisé son doctorat au MIT, en génie aérospatial.

Ses recherches portent sur la théorie de la commande avec des applications destinées aux systèmes autonomes et à la robotique, aux systèmes de commande complexes, embarqués et distribués, et au transport aérien. Et bien sûr, à la technologie et à l’utilisation des drones. Jérôme Le Ny définit son travail de la façon suivante : « Je veux développer des systèmes automatiques capables de percevoir et d’analyser les environnements dans lesquels ils évoluent, de telle sorte qu’ils puissent prendre des décisions intelligentes en temps réel. »

Le défi est de produire des systèmes automatiques robustes, adaptables à des conditions de vol en constant changement, qui pourront assurer la sécurité des appareils en tout temps. Pour y parvenir, il faut une instrumentation de plus en plus sophistiquée, grâce à la multiplication de capteurs spécialisés qui permettront aux drones de voir où ils se trouvent dans l’espace et d’analyser dans quel environnement ils évoluent.

Dans ce domaine, tout revient à la qualité et à la pertinence de la prise de décision.  « C’est le principe de la robotique mobile, dit le Pr Le Ny. Avec un drone, ou encore une voiture autonome, tout revient à la prise de décision. Dans les deux cas, il n’y a pas de pilote, donc la décision doit se prendre de manière automatique. Voilà pourquoi il faut monter plus haut dans la hiérarchie des algorithmes. C’est la seule manière de pousser l’autonomie des plateformes. Par exemple, nous concevons des algorithmes qui permettraient à des groupes de robots mobiles d’effectuer des missions critiques, de manière sûre, en coopérant entre eux et avec les opérateurs humains. » Ainsi, un seul opérateur pourrait gérer l’utilisation d’une flotte de drones, chacun faisant agissant individuellement, alors que l’humain n’aurait à intervenir qu’en cas de difficultés. Ces flottes serviraient à surveiller les récoltes, ou les forêts en cas de canicule, ou encore à livrer un exemplaire du magazine Poly à domicile, un peu comme espère le faire l’entreprise américaine Amazon avec ses produits.

De fait, les recherches de Jérôme Le Ny et de David Saussié seront utiles pour tout ce qui se déplace sur terre ou dans les airs. C’est pour cette raison qu’Enrick Laflamme les a approchés.

Drone-hélicoptère sans pilote pour rendre des services civils

Chez Laflamme Ingénierie, on fabrique de tout. Basé à Saint-Joseph-de-Coleraine, dans la région de Thetford, au Québec, ce concepteur d’outillages et d’équipements faits sur mesure pour l’industrie aéronautique a aussi développé une expertise dans le domaine des hélicoptères, avec son LAF-01. C’est de là qu’est venue à son président, Enrick Laflamme, l’idée d’un drone qui serait dans la pratique un hélicoptère sans pilote. Il en a tout à fait le style! Ce drone n’est pas petit. Avec ses 300 kg, ce nouvel appareil, baptisé LX300, deviendrait l’un des plus gros drones à vocation civile à être commercialisé à l’échelle mondiale.

Les autres partenaires impliqués dans ce projet sont NGC Aérospatiale, Roy Aéronef, Avionique Simulation, et Sinters America. Ils s’occupent respectivement du système de guidage, navigation et commande de l’appareil, du simulateur haute-définition et d’un ordinateur embarqué spécialisé. À ce groupe d’entreprises s’ajoutent l’École de technologie supérieure et Polytechnique Montréal, et plus particulièrement l’équipe de David Saussié. « Son apport est d’une importance fondamentale pour le contrôle des lois de commandes simples et efficaces », déclare Enrick Laflamme. L’échéancier, d’une durée de deux ans et demi, se conclura par des vols de démonstration en 2017. Ce projet, s’il parvient parvient à terme, porte en lui des applications multiples : un drone-hélicoptère sans pilote et qui peut transporter une charge utile de près de 100 kg pourrait faire des merveilles dans des domaines aussi différents que la prospection minière, la surveillance du territoire, la recherche et le sauvetage. Et Enrick Laflamme envisage d’autres utilisations surprenantes. « Avec des capteurs spécifiques, on pourrait cartographier des vignobles pour identifier des problèmes d’insectes, par exemple, et planifier des épandages de pesticide localisés, toujours avec le même drone. » Budget : 2,3 M$, dont une partie provient du CARIC, le Consortium en aérospatiale pour la recherche et l’innovation au Canada.

De l’idée au succès commercial : un processus soutenu par le CRIAQ et le CARIC

De l’idée au succès commercial : un processus soutenu par le CRIAQ et le CARIC Lorsqu’on se penche sur les chiffres, on se rend compte de l’importance stratégique de l’aéronautique et de l’aérospatiale au Canada, et particulièrement au Québec. « Plus de 70 % de la recherche et du développement en aéronautique et en aérospatiale au Canada se fait dans la grande région de Montréal », précise Denis Faubert, président-directeur général du Consortium de recherche et d’innovation en aérospatiale au Québec, le CRIAQ, et de son volet canadien, le CARIC. « En 2014, Bombardier était le premier au Canada dans le domaine, Pratt & Whitney Canada suivait, de loin, au 5e rang. »

L’industrie aérospatiale québécoise représente près de 55 % des effectifs et 50 % des ventes du secteur aérospatial canadien. Au chapitre de l’emploi, le Québec se classe au 6e rang des pays occidentaux, derrière les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne.

Au fil du temps, il s’est créé des alliances solides entre le monde universitaire et l’industrie. Ces alliances doivent être cultivées. Le rôle du CRIAQ, et maintenant aussi du CARIC, est d’encourager les idées ambitieuses à devenir des succès d’entreprise, de pousser les concepts le plus loin possible, puis de les encadrer jusqu’à leur maturité. C’est par ce processus que le Québec continuera à ouvrir la voie aux innovations, et donc à se démarquer de la concurrence. Polytechnique Montréal joue un rôle de premier plan dans cet objectif, témoigne M. Faubert. « Elle forme un trait d’union majeur entre l’industrie, les professeurs-chercheurs et les étudiants, qui sont la relève. »

Depuis 2002, le CRIAQ et ses partenaires ont investi 16,9 M$ dans 68 projets, allant des réseaux avioniques, aux contrôles de systèmes, en passant par les procédés d’assemblage, les matériaux composites, ou encore les revêtements hydrophobes, comme ceux sur lesquels travaille Jolanta E. Klemberg-Sapieha.

Quand la glace n’a pas sa place

Jolanta E. Klemberg-Sapieha, professeure agrégée au Département de génie physique, a un compte à régler avec la glace… et où mieux qu’au Québec, et au Canada, pour lui livrer bataille ? La glace cause des problèmes aux transporteurs aériens de la planète depuis toujours. Elle alourdit les appareils qu’il faut alors déglacer. Ne pas le faire peut s’avérer catastrophique en matière de sécurité pour les voyageurs et le personnel naviguant. On utilise alors les éléments chauffants de l’avion, ce qui prend du temps et consomme beaucoup d’énergie, ou encore on utilise des liquides déglaçants comme le glycol mélangé à de l’eau chaude.

D’où l’idée de travailler sur des revêtements hydrophobes qui réduiraient l’adhésion de la glace sur le fuselage ou les moteurs. Voilà l’essence même du projet PHOBIC2ICE auquel participe la Pre Klemberg-Sapieha. Ce groupe de recherche international est constitué de quatre partenaires européens provenant d’Allemagne, d’Espagne et de Pologne, dont Airbus, et de cinq partenaires canadiens, avec Pratt & Whitney Canada, Plasmionique et Dema Aeronautics, du côté industriel, ainsi que Concordia et Polytechnique du côté universitaire. « C’est un projet international
très prestigieux qui pourra aider les chercheurs à trouver des solutions à un problème récurrent », croit la chercheuse. Le projet se concentre sur l’avancement des connaissances fondamentales sur les phénomènes glaciophobes pour aider à créer des revêtements hydrophobes efficaces qui repoussent l’eau et la glace.

Jolanta E. Klemberg-Sapieha mise sur l’expertise développée avec le Pr Ludvik Martinu au Laboratoire des revêtements fonctionnels et d’ingénierie des surfaces, le LaRFIS. Leur recherche est axée sur le contrôle de la croissance des couches minces multifonctionnelles et sur l’ingénierie de surface. Grâce à une nouvelle génération de technologies du vide non polluantes pour faire la synthèse de matériaux de revêtement nanostructurés et de systèmes de revêtement, elle en apprend davantage sur l’utilisation du plasma sous faible pression, ainsi que sur les interactions entre le plasma et la surface à l’échelle nanométrique. Ensuite, le défi résidera dans l’assemblage des atomes et des molécules de la surface hydrophobe, de manière à ce que l’eau ou la glace se dépose sur des poches d’air et glisse, sans s’incruster, le long de la structure, une aile d’avion par exemple.

Selon Jolanta E. Klemberg-Sapieha, « ces technologies pourraient être utilisées dans différents secteurs d’importance pour le Canada, notamment l’optique, la photonique, les couches de protection pour le verre architectural, l’aérospatiale, ou encore l’exploration de l’espace orbital ». Si la découverte du revêtement miracle pour contrer la glace sur les avions n’est pas encore arrivée, le laboratoire de Jolanta E. Klemberg-Sapieha et de Ludvik Martinu est en train de former une nouvelle génération d’ingénieurs et de chercheurs qui y parviendront bientôt.Une formation doctorale

Au coeur de l’univers des couches minces

Jacques Lengaigne est une boule d’énergie. À tout juste 25 ans, il a réalisé un passage accéléré au doctorat. « Quitte à étudier, c’est plus facile ainsi, déclare-t-il, et ça me donne plus de temps pour explorer. » Ce qu’il fait en participant activement au fonctionnement du LaRFIS.

Dans ce laboratoire de pointe sont développées de nouvelles techniques de fabrication et de nouveaux matériaux pour des systèmes de couches minces et de revêtements, avec des propriétés optiques, optoélectroniques, micro et nano-mécaniques. Le défi, c’est de contrôler la croissance de ces couches minces sur différentes surfaces et d’en faire des revêtements qui vont durer. Comme dans les verres sans reflets. Ou encore sur les ailes et les moteurs d’avion, pour fournir un revêtement qui ferait glisser l’eau ou la glace, au lieu qu’elles ne collent à la surface. Pour Jacques Lengaigne, ce laboratoire qui accueille 25 personnes est un formidable terrain d’apprentissage pour tout l’aspect pratique du travail d’équipe et de la gestion. Un énorme avantage quand l’on vise comme lui à se tailler une place dans l’industrie par la suite.

En plus d’avoir une vision d’ensemble de la recherche, Jacques Lengaigne peut travailler en même temps à son propre projet sous la direction de la Pre Klemberg-Sapieha : la prévention de la formation de la glace sur les avions. « Le problème n’est pas nouveau, dit-il, mais le défi, c’est de le résoudre avec les matériaux utilisés par l’industrie aéronautique. Pour cela, il faut comprendre le phénomène dans sa totalité. » Ensuite, il pourra travailler sur des revêtements hydrophobes qui repoussent l’eau et la glace.

Fenêtre sur l’industrie

Jean-François Viau doit se pincer tous les matins quand il se rend au travail, car il a un emploi fantastique. Il est chef de section en design conceptuel et en conception avancée chez Bombardier. Autrement dit, il conçoit des avions. Jean-François Viau et son équipe élaborent les premiers concepts et déterminent les paramètres à respecter; puis ils réalisent les études préliminaires quant à la forme et la configuration de l’appareil. Pour ce faire, ils doivent se tenir au courant de toute la recherche qui existe, nouveaux matériaux, alliages, systèmes de commande… La liste est longue.

Enfin, quand la réflexion sur l’avion est assez avancée, le projet s’engage dans une évolution structurée qui pourrait mener au lancement possible d’un nouvel avion. Il se retrouvera alors entre les mains de milliers d’ingénieurs dont la tâche sera de donner forme à un concept, et donc de transformer une vue de l’esprit en objet volant. Encore aujourd’hui, Jean-François Viau s’arrête pour regarder un avion décoller ou atterrir. « C’est magique ! »

Depuis 15 ans maintenant, il retourne à Polytechnique comme chargé de cours pour partager sa passion avec la nouvelle cohorte d’étudiants qui entament leur cours d’ingénierie. Il leur offre une initiation à l’aéronautique comme il s’en donne peu : de l’intérieur. Il leur donne un avant-gout de la carrière qui les attend s’ils décident de l’embrasser, comme il l’a fait lui-même. Pour lui, la présence de l’industrie entre les murs de Polytechnique permet ce qu’il appelle « le savant mélange de l’académique et du pratique ». Il ajoute que Polytechnique est l’un des catalyseurs qui permettent la synergie entre tous les acteurs formant le monde complexe de l’aéronautique contemporaine.

Chez Fondasol, les stagiaires se démarquent
15 mai 2016 - Source : Magazine Poly  | VersionPDFdisponible (Printemps 2016)
 
 
Depuis qu’il a découvert le potentiel des stagiaires de Polytechnique, Mohammad Hosseini, président de Fondasol, un bureau d’études en ingénierie géotechnique, fait régulièrement appel à leurs compétences.

« Pour soutenir mon équipe de cinq employés, j’ai souvent besoin de ressources supplémentaires. Avant, j’avais recours à des techniciens pour des mandats ponctuels sur les chantiers, mais leurs connaissances en matière de géotechnique n’étaient pas toujours suffisamment pointues pour nos besoins. Il y a un an et demi, j’ai fait appel pour la première fois à un stagiaire de Polytechnique. Une heureuse surprise ! Non seulement il possédait une solide base de connaissances, mais il maîtrisait aussi les outils informatiques utilisés dans notre métier », témoigne M. Hosseini.

Depuis, Fondasol offre environ trois stages par année à des étudiants de Polytechnique. « Je suis un professionnel très axé sur la pratique. Je souhaite transmettre à la relève la connaissance du terrain. J’encadre les stagiaires selon cette optique, en utilisant des études de cas pour leur permettre d’améliorer leur jugement et leur expérience en géotechnique », affirme M. Hosseini. Lui-même, ingénieur et titulaire d’un doctorat de Polytechnique, enseigne la géotechnique à la formation continue et base ses cours sur des études de cas.

Dans son entreprise, les stagiaires se voient confier des mandats d’analyse, avec des exercices de forage et de sondage sur les chantiers. Les stages comprennent également des essais en laboratoire ainsi que la rédaction de rapports d’analyse. « Ces stagiaires font preuve d’autonomie et assimilent rapidement les connaissances pratiques que leur stage leur permet d’acquérir », se réjouit M. Hosseini, qui voit également dans les stages une occasion de découvrir une relève. Ainsi, le premier stagiaire a été embauché comme ingénieur junior par Fondasol, un autre s’est fait recruter par ABS, dont Fondasol est une division.

LA FORMATION INTENSIVE : UN ATOUT FACE AUX DÉFIS DU MÉTIER D’INGÉNIEUR CIVIL

Lorsqu’on intervient dans des projets d’infrastructures de grande ampleur, comme le fait gregory gosselet, gestionnaire de projet chez cima plus, il est naturel de chercher régulièrement à renforcer ses compétences dans divers aspects de la gestion de chantiers.

« J’ai à gérer des projets d’inspection, de réfection, d’évaluation et de surveillance de chantiers d’ouvrages d’art. Je suis appelé à travailler sur des chantiers majeurs, tels l’échangeur Turcot, l’autoroute Bonaventure, ou la maintenance du pont Jacques-Cartier, entres autres. Mon défi quotidien, c’est de savoir prévoir... les imprévus. Il me faut être particulièrement vigilant en ce qui concerne le contrôle des échéanciers et des coûts. Je dois être en mesure de remettre en question les échéanciers établis par les fournisseurs, et faire preuve de proactivité pour prévoir les problèmes qui pourraient se poser et les résoudre avant qu’ils ne compromettent la bonne avancée d’un chantier », explique M. Gosselet.

Pour lui, la formation continue n’est pas qu’une simple obligation à remplir pour répondre aux exigences de l’Ordre des ingénieurs, elle confère un véritable atout professionnel, à condition qu’elle soit pertinente. Il a eu recours récemment, et pour la première fois à titre individuel, à la formule de formation intensive offerte par le CPPM. Il a opté pour deux formations, l’une portant sur la gestion des échéanciers, l’autre sur la gestion des réclamations et la gestion des échéanciers. Verdict? « Je suis enchanté. Le contenu de ces formations données par des gens de terrain, était pointu et vraiment concret, en adéquation totale avec ma pratique professionnelle. J’ai pu utiliser directement dans mes projets les outils fournis dans le cadre de ces formations. »

VOUS AUSSI, VOUS AVEZ BESOIN DE SUIVRE UNE FORMATION INTENSIVE DANS UN DOMAINE DU GÉNIE?

Découvrez le large éventail de formations de pointe offertes par le Carrefour Perfectionnement de Polytechnique :

  • plus de 40 formations offertes
  • toutes les formations sont admissibles au Règlement sur la formation continue obligatoire des ingénieurs de l’OIQ
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Programme des formations intensives : perfectionnement. polymtl.ca/calendrier

 

Gabrielle Caron, étudiante en quatrième année en génie électrique, effectue un stage chez Safran Tech en France

Elle vient de nous faire parvenir une correspondance où elle nous parle de son travail de modélisation des composantes électriques et de son adaptation culturelle, y compris aux claviers AZERTY!

« Je suis en stage depuis maintenant un mois dans l'équipe d'Architecture du pôle Électrique & Électronique de Safran Tech. J’ai reçu un excellent accueil de la part de l'équipe, principalement composée de docteurs (lire ici : tout le monde sauf moi!). Mes tâches se précisent et sont exactement orientées vers mon domaine de spécialisation, le génie électrique pour l'aéronautique. En modélisant des composantes électriques, je contribuerai à l'automatisation du dimensionnement des systèmes électriques dans les avions. En d'autres mots, il s'agit de déterminer quelle grosseur et quel poids auront les équipements pour ce que l'avion aura à faire, puis de choisir ceux qui conviennent le mieux. C'est l'occasion pour moi de mettre à l'épreuve mes connaissances et mes habiletés tout en apprenant directement du milieu. J'apprivoise mon métier, j'ai les deux pieds dedans et j'adore ça!

Mon bureau étant situé près de la piste de décollage de l'aéroport de Toulouse-Blagnac et du site d’assemblage du A380 d’Airbus, je vois régulièrement passer les Beluga, A400-M et A380 en m'étonnant toujours que des avions si gros puissent voler. Le sud de la France permet aussi de se réjouir du fait que les exercices d’incendie ne pourront pas se faire par -30 degrés en hiver!

La découverte d'un nouveau pays implique d'apprendre à gérer les petits chocs culturels. Par exemple, la hiérarchie est plus présente qu'au Québec et se sent dans certains détails, comme les demandes de ressources informatiques qui doivent être faites par le maître (oui oui!) de stage. Sinon, je commence à maîtriser la technique de la bise, que normalement je ne fais même pas à mon frère. Je m'habitue aussi au code vestimentaire de l'entreprise, mais surtout du pays, plus à la mode et plus formel. Le centre-ville de Toulouse est impressionnant par sa quantité de boutiques de vêtements et de restaurants. Le pays de la baguette, des croissants et du fromage fait détester le fait d'être intolérante au gluten et au lactose. Mais bon, il reste toujours le canard et le vin, qui sont d'ailleurs excellents. Je détonne un peu dans la cafétéria le midi en étant l'une des très rares à apporter son lunch.

Du côté de la langue, j'ai l’étrange impression d’être dans un film doublé lorsque j'écoute les voix autour de moi sans regarder. Le sentiment passe peu à peu, en même temps que mon accent s’adapte et que ma prononciation s’améliore pour me faire comprendre. Je choisis mes mots et mes expressions, soit pour m'intégrer ou au contraire, pour afficher ma différence. Fait cocasse, travailler en France m'a rendue bilingue de clavier, QWERTY et AZERTY.

Au travers de tout cela, j’ai eu l’occasion de découvrir peu à peu la ville dans laquelle j’ai atterri et ses environs. En plus de Toulouse et les abords de la Garonne, j'ai pu faire une visite à Cordes-sur-Ciel, une magnifique ville médiévale perchée sur son rocher, et de visiter un vignoble qui double de distillerie à whisky.

Au menu : une visite à Rocamadour, cité bâtie à flanc de montagne. »