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Enjeux environnementaux : une initiative de l’Institut de l’énergie Trottier interpelle la classe politique au Québec

17 mai 2018 - Source : NOUVELLES

Par la déclaration commune de l’initiative « Le climat, l’État et nous », portée par l’Institut de l’énergie Trottier de Polytechnique Montréal, des scientifiques, des citoyens et des groupes d’intérêt revendiquent une transformation de l’État québécois et la mise en place d’un modèle de gouvernance efficace afin d’agir face aux questions environnementales.

Un important cortège d’associations citoyennes et professionnelles, de groupes d’affaires, de centrales syndicales, d’organisations écologistes, d’universitaires et de scientifiques ont lancé un appel à tous les partis politiques du Québec en prévision des élections d’octobre 2018. En signant une déclaration commune, ces intervenants reconnaissent le consensus québécois sur la nécessité d’agir sur les questions environnementales et réclament la mise en place d’un modèle de gouvernance efficace en la matière.

Les signataires appuyant la déclaration représentent plus d’un million de Québécois. Parmi eux, figurent notamment la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), l’Ordre des urbanistes du Québec (OUQ), l’Association québécoise pour la maîtrise de l’énergie (AQME), la Fondation David Suzuki, Greenpeace, les conseils régionaux de l'environnement de Montréal et de Laval, l’ACFAS ainsi que de nombreux chercheurs et professeurs du réseau universitaire du Québec.

Pour un Québec qui se développe, durablement

L’appel au changement contenu dans cette déclaration est motivé par les échecs répétés du gouvernement à atteindre ses objectifs environnementaux. 

« Les résultats montrant l’insuffisance des réductions d’émissions de gaz à effet de serre, publiés il y a quelques semaines, nous rappellent encore une fois que, malgré la bonne volonté, les milliards dépensés et les efforts considérables faits à tous les niveaux, le Québec n’arrive pas à avancer. Nous n’avons pas les moyens, comme société, de continuer ainsi. Or, l’échec n’est pas une fatalité : d’autres pays réussissent à coupler environnement et développement économique et social. On doit s’en inspirer », explique Normand Mousseau, directeur académique de l’Institut de l’énergie Trottier de Polytechnique Montréal, professeur de physique à l’Université de Montréal et membre du comité de pilotage de la démarche.

Ce constat désolant met en relief l’urgence d’opérer une réforme qui permettrait de poursuivre un développement durable qui serait bénéfique à tous les Québécois. Car, au final, le souhait commun des signataires de la déclaration est de voir les enjeux environnementaux et les engagements climatiques du Québec servir de levier pour le développement économique et social de la province.

L’État doit revoir son fonctionnement

Dans le cadre de la campagne électorale, les signataires exhortent les divers partis politiques à prendre position en faveur d’une révision du modèle de gouvernance. Plus précisément, ils leur demandent de s’engager à mettre en place une gouvernance environnementale efficace qui s’appuierait sur une loi sur le développement durable élargie et qui s’appliquerait à l’ensemble de la société. 

Pour ce faire, les signataires mettent de l’avant quelques principes clés qui ont fait leurs preuves ailleurs dans le monde : une vision à long terme, un dialogue avec la population, un mandat fort de coordination interministérielle, un processus d’évaluation indépendant ainsi que la prise en compte de données scientifiques et l’écoute des savoirs traditionnels.

« C’est l’un des plus grands défis de notre siècle. Nous espérons que les partis politiques soient à l’écoute, car le message est porté tant par la voix scientifique que la voix populaire », ajoute le professeur Mousseau.

Un projet mariant réflexion scientifique, dialogue citoyen et action politique

La déclaration commune vient sceller les grands principes derrière le projet « Le climat, l’État et nous », qui a été initié à l’automne 2017 par 24 experts québécois avec l’appui de l’Institut de l’énergie Trottier, du scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, et de l’Institut du Nouveau Monde.

Inquiets de voir le Québec rater ses cibles environnementales, ces spécialistes de divers domaines - tels que l’eau, l’énergie, l’économie et les sciences sociales - ont d’abord dressé le bilan du Québec et ensuite esquissé une nouvelle structure de gouvernance. En février 2018, le modèle alternatif qu’ils ont imaginé pour aborder plus efficacement les défis du développement durable a été soumis au débat public par le biais d’une plateforme en ligne. Plus de 700 personnes y ont donné leur avis, révélant au passage un consensus clair : les critères pris en compte dans les politiques environnementales québécoises doivent être revus.

Le 12 avril 2018, une soixantaine d’invités du monde des affaires, du monde syndical, des municipalités, du gouvernement et de la société civile ont participé à un forum national à l’Université de Montréal. Tenue sous l’œil attentif de représentants de la plupart des partis politiques québécois, cette rencontre a placé la nature du problème et la nature des solutions au cœur des discussions. Devant les constats mis sur la table par le groupe d’experts ainsi que les idées et les préoccupations formulées par les citoyens ayant participé à la démarche en ligne, les participants ont établi les conditions de succès qui se retrouvent dans le texte de la déclaration.

D’ici aux élections provinciales, tous sont invités à manifester leur appui à la démarche par le biais du site climat-etat-nous.org


En savoir plus

Texte de la déclaration commune sur le site de l’initiative « Le climat, l’État et nous »
Site de l’Institut de l’énergie Trottier de Polytechnique Montréal

 

Forum «Le climat, l'État et nous»

Le 12 avril 2018, des invités du monde des affaires, du monde syndical, des municipalités, du gouvernement et de la société civile ont participé au forum national «Le climat, l'État et nous » à l’Université de Montréal.

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