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Front Row Ventures : du capital-risque pour les entreprises étudiantes en démarrage

Entrepreneuriat

Par Catherine Florès
1 mars 2017 - Source : Magazine Poly
1 mars 2017 - Source : Magazine Poly

S’il existe des entrepreneurs-nés, Raphaël Christian-Roy est clairement de ceux-là. Depuis l’âge de 12 ans, cet étudiant en 3e année de génie logiciel glisse tel un funambule d’un projet entrepreneurial à l’autre tout en maintenant l’équilibre avec ses études. Il a créé avec deux partenaires de l’Université de Montréal et de HEC Montréal le premier fonds de capital-risque canadien entièrement consacré aux entreprises étudiantes en démarrage : Front Row Ventures.

De g. à d. : Raphaël Christian-Roy, Éléonore Jarry-Ferron et Nicolas Synnott, fondateurs de Front Row Ventures

Changer les mentalités

« Nous souhaitons encourager les étudiants québécois à se  projeter dans l’entrepreneuriat. Et nous voulons aussi changer la mentalité des investisseurs, leur faire valoir l’intérêt de miser sur des étudiants. Après tout, Google ou Facebook sont nées sur des campus et qu’elles ont rapporté une fortune à leurs premiers anges financiers ! », affirme Raphaël Christian-Roy, cofondateur de Front Row Ventures, avec Éléonore Jarry-Ferron, diplômée de HEC Montréal et de Stanford, et Nicolas Synnott, qui prépare un baccalauréat en études internationales à l’Université de Montréal.

Entrepreneur technologique lui-même (il a développé Volume 7, fournisseur de logiciels sur mesure pour entreprises en démarrage), Raphaël Christian-Roy constate que les investisseurs financiers ne capitalisent pas suffisamment sur le potentiel des étudiants en matière d’innovation.

Un modèle importé des États-Unis

C’est vers les États-Unis, champions de l’investissement dans l’innovation technologique, que s’est tourné son regard. Son constat : les meilleurs dénicheurs de projets d’entreprises prometteurs qui naissent dans les universités sont les étudiants eux-mêmes. Les trois associés ont par conséquent entrepris de former une équipe d’investisseurs étudiants afin de débusquer les entrepreneurs potentiels. « On les appelle ‘’investisseurs étudiants‘’, mais ce ne sont pas leurs propres fonds qui sont mis en jeu, précise Raphaël. Ils agissent en quelque sorte comme des ‘’talent scouts‘’. Ils ont aussi le mandat de propager la culture des startups dans la communauté étudiante. »

Par ailleurs, Raphaël est allé frapper pendant plusieurs mois à la porte de diverses sociétés d’investissement montréalaises pour réunir un fonds de capital-risque suffisant. « J’avais l’aide d’Éléonore, qui connaît bien le milieu, car elle travaille elle-même dans une firme de capital-risque. » Front Row Ventures a vu son fonds dépasser le demi-million de dollars.

Fonds géré par les étudiants pour les étudiants

« Nous visons pour le moment six à huit investissements par année, dans le domaine des applications ou dans celui des systèmes. Nous n’exigeons pas un modèle d’affaire déjà éprouvé ou une clientèle établie. C’est le potentiel de croissance de l’entreprise sur le marché international que nous considérons en premier, de même que la qualité des entrepreneurs », indique Raphaël.

Il faudra qu’il y ait au moins un étudiant, aux cycles supérieurs ou au baccalauréat, dans l’équipe d’entrepreneurs. Raphaël serait heureux de « faire sortir les doctorants de leurs laboratoires. Ils ont souvent d’excellents concepts technologiques dont ils ne voient pas le potentiel ! »

Les fondateurs de Front Row Ventures considèrent que le fonds doit être géré par des étudiants. Raphaël passera donc le flambeau à un autre étudiant quand lui-même sera diplômé. « Je continuerai certainement à m’impliquer, mais plutôt dans l’implantation de notre modèle dans les universités canadiennes », indique-t-il.

Cette année, son équipe vise le recrutement d’une trentaine d’étudiants investisseurs dans tous les campus montréalais. À partir de l’an prochain, elle prévoit une implantation dans d’autres universités du Québec et, dans un deuxième temps, dans celles de Waterloo, Toronto et Ottawa.

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